Attentats : deux manifestations vendredi à Bordeaux
Société 

Attentats : deux manifestations vendredi à Bordeaux

actualisé le 19/11/2015 à 02h20

Une jeune femme rallume les bougies déposées sur le parvis des Droits de l'homme (SB/Rue89 Bordeaux)

Une jeune femme rallume les bougies déposées sur le parvis des Droits de l’homme (SB/Rue89 Bordeaux)

Une marche interreligieuse, suivie d’un rassemblement apolitique et areligieux, qui remplace les initiatives de marches blanches lancées sur Facebook, permettront vendredi aux Bordelais de rendre hommage aux victimes des attentats.

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, et à l’exception de la minute de silence lundi, aucun rassemblement d’envergure n’a permis aux Bordelais d’exprimer leur peine, et de manifester leur solidarité envers les victimes. Quelques initiatives ont avorté, à cause de l’état d’urgence ou des craintes des citoyens. Ceux-ci pourront le faire vendredi, en deux temps, et en sécurité.

A l’initiative de la ville et des représentants locaux des cultes, une marche en mémoire des victimes partira de la mosquée rue Jules Guesde à 15h, et passera par la synagogue, le temple du Hâ puis la cathédrale pour finir à la mairie. Une minute de silence sera respectée à chaque étape. Un millier de personnes sont attendus, dont le maire de Bordeaux.

Alors que deux initiatives spontanées de marches blanches ont circulé sur les réseaux sociaux, dont l’une qui devait se tenir dimanche 22 novembre a suscité l’intérêt ou l’engagement de près de 10000 personnes, leurs instigateurs appellent finalement à un rassemblement citoyen, apolitique et areligieux, vendredi à 16h30, place Pey Berland, à l’issue de la manifestation précédente.

« Nous savons pertinemment que l’horaire n’est absolument pas idéal, que certains seront au travail etc., explique à Rue89 Bordeaux Lucas Baudry, un étudiant de 18 ans à l’origine de l’appel sur Facebook. Mais nous n’avons malheureusement pas le choix. Nous avons échangé avec la police, qui nous incitait à rallier la marche interreligieuse, et nous disait que notre rassemblement du dimanche (pour lequel près de 4000 personnes ont cliqué sur Facebook qu’ils seraient présent) pouvait être passible d’interdiction si on le maintenait. Mais ce ne sont pas les valeurs que l’on défend, je suis personnellement athée et je n’avais pas envie de me recueillir devant 3 lieux de culte, ni que le mouvement soit récupéré par des politiques. Soyons nombreux afin de montrer qu’il est également possible de se rassembler contre le terrorisme dans un but non-religieux et entre citoyens du monde. « 

Un compromis a finalement été trouvé ce mercredi, pour ce rassemblement en fin d’après-midi, qui bénéficiera donc du déploiement des forces de l’ordre.  Car c’est bien la sécurité des manifestants qui est en jeu, et suscitait les réticences de la préfecture, également sollicitée par les jeunes organisateurs des marches blanches.

« L’objectif est tout à fait louable et émouvant, mais s’il ne faut pas être paranoïaque, il faut bien comprendre qu’une manifestation d’une certaine importance nécessite un service d’ordre important, a souligné mercredi le préfet d’AquitainePierre Dartout, avant l’annonce par Lucas Baudry n’annonce que le rassemblement se tiendrait vendredi. On doit prévenir des risques de mouvement de panique comme ceux de la place de la République. On doit arbitrer entre deux logiques, le respect du droit de manifester et les problèmes de service d’ordre. La mobilisation doit être prioritairement consacrée à la sécurité de nos concitoyens. »

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

En BREF

La deuxième grève pour le climat mobilise moins à Bordeaux

par Lucile Bonnin. Aucun commentaire pour l'instant.

Filiale de Veolia, Soval va rafler le marché du traitement des déchets bordelais

par Simon Barthélémy. 785 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Après l’incendie du parking Salinières, le tram C interrompu pour une durée inconnue

par Simon Barthélémy. 814 visites. 1 commentaire.