Néonicotinoïdes : un Girondin parmi les « sénatueurs d’abeilles »
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Néonicotinoïdes : un Girondin parmi les « sénatueurs d’abeilles »

actualisé le 10/05/2016 à 12h32

Essaim d'abeilles (Martine/flickr/CC)

Essaim d’abeilles (Martine/flickr/CC)

Le Sénat débattra à partir de ce mardi du projet de loi sur la biodiversité, et de l’amendement interdisant les insecticides néonicotinoïdes. Ce dernier a été supprimé la semaine dernière en commission du développement durable, suite à l’adoption d’un amendement déposé par 8 sénateurs, dont le Girondin Gérard César (Les Républicains).

Une pétition circule pour stopper les « sénatueurs d’abeilles ». Un consensus scientifique se dégage en effet pour attribuer à ces pesticides dérivés de la nicotine, représentant 40% des insecticides écoulés dans le monde, la responsabilité du déclin des pollinisateurs, dont les abeilles (300 000 ruches disparaissent chaque année en France depuis l’apparition des néonicotinoïdes en 19995) : c’est ce qui ressort de l’analyse de 1120 publications sur les néonicotinoïdes par 29 chercheurs indépendants du Groupe de travail sur les pesticides systémiques (TFSP, Task Force on Systemic Pesticides).

« C’est surtout le frelon asiatique qui tue le plus les abeilles », maintient pourtant Gérard César, joint par Rue89 Bordeaux, reprenant ainsi un vieil argument du lobby des pesticides.

« Demain il y aura plus de vigne si on ne peut plus traiter » avec ces produits phytosanitaires, justifie le sénateur-maire de Rauzan, et viticulteur de métier. « Il faut traiter raisonnablement, ce que font les agriculteurs ».

Lorsqu’on évoque avec Gérard César les dangers de ces produits, y compris pour l’homme, l’élu se cabre : « Est-ce que vous avez dans votre journal une molécule qui permet de les remplacer ? » On objecte alors que les agriculteurs bio s’en passent très bien. Résultat : le sénateur nous raccroche au nez.

Si le Sénat et l’Assemblée nationale, qui avait rétabli l’amendement d’interdiction supprimé en première lecture par les sénateurs, ne se mettent pas d’accord sur le même texte, une commission mixte paritaire sera constituée pour trancher sur les néonicos. Le gouvernement est lui-même divisé puisque Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, est plutôt hostile à l’interdiction, tandis que Ségolène Royal (environnement) y est favorable.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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