Au Jardin Public, Bordeaux Open Air met l’électro au vert
Culture 

Au Jardin Public, Bordeaux Open Air met l’électro au vert

 Le jardin public, vu par Bordeaux Open Air (DR)

Le jardin public, vu par Bordeaux Open Air (DR)

Pendant un mois, au Jardin public à Bordeaux, les sorties dominicales se feront au tempo des mix des DJ. Le Bordeaux Open Air, nouveau festival dédié à la musique électro et à ses enjeux, se pose dans l’herbe l’espace de quatre dimanches consécutifs.

On sent qu’il espère une ambiance qui ferait penser à celle d’IR BCN, le volet off du festival Sonar de Barcelone. Et il sait de quoi il parle. Florian Bourdot, étudiant à l’ISEG, y a fait un stage de deux mois comme assistant en communication et chargé de l’accueil des partenaires. A ses côtés, Camille Cabiro, fraîchement diplômée de l’INSEEC, qui travaille comme conseillère dans l’événementiel et le marketing. Tous deux sont les porteurs du projet Bordeaux Open Air.

Les voilà ayant convaincu la ville de Bordeaux d’accueillir une expérience librement inspirée, toutes proportions gardées, de manifestations telles que le off du Sonar, donc, mais aussi du « Goûtez Electronique ! » de Nantes, des  siestes électroniques de Toulouse et Paris, voire du Brunch Elektronik de Lisbonne ou du Piknik de Montréal…

OPA sur BOA

La première édition du Bordeaux Open Air propose, en accès libre et gratuit au jardin public, de découvrir les « DJ sets » de 22 artistes locaux de musique électronique, pendant quatre dimanches consécutifs, du 21 août au 11 septembre.

Open Air :  le titre est porteur d’une certaine prétention. L’anglicisme désigne plutôt des festivals de grande taille. En y collant carrément le nom  « Bordeaux », les jeunes organisateurs posent en tout cas une sacrée option sur l’avenir. « C’est sûr, la manifestation n’a pas du tout l’amplitude du Garorock ou du Reggae Sun Ska ! » reconnaît volontiers Florian Bourdot. Ou encore des Nuits Sonores, pour citer le festival électro lyonnais de référence.

Le nom, en tout cas, a été choisi « pour ne pas faire peur à ceux qui ne connaissent pas la musique électronique ». La démarche a tout de l’invitation hédoniste : « venir écouter de la musique, manger, boire et découvrir ».

« On veut aussi faire venir des enfants », insiste Camille, pour qui l’aspect intergénérationnel de la manifestation est primordial, « et leur proposer des ateliers : du synthétiseur et de l’initiation à la musique assistée par ordinateur ».

Tous ensemble et Back 2 Back

« Passer un moment tous ensemble », tel est leur objectif, avec en tête une petite démonstration : « montrer aux gens qui sont hostiles à cette musique moderne que ce n’est plus exclusivement un truc qu’écoutent des gens dans la boue ». On aura bien compris que l’idée n’est pas de poser une free party entre cours de Verdun et Lycée Montesquieu.

Le site à proprement parler sera installé au niveau de l’entrée donnant sur la place du Champ-de-Mars, juste à côté de l’Orangerie. Dans la partie gravillonnée au pied de la terrasse, en bas des marches, le dispositif scénique étant dirigé vers une parcelle d’herbe entourée de huit points de diffusion sonore.

Pour la programmation, il a été pensé « des plateaux ressemblant au public attendu, avec des jeunes et des moins jeunes ». Et des rencontres, avec des artistes qui vont jouer « back to back », c’est-à-dire se remplaçant aux platines morceau après morceau, chacun devant enchaîner sur le titre de l’autre. A voir ainsi, sur le premier dimanche, Klaän et Slimmy, ou, par la suite, Junior Felipe et Xlab, ou Discodomy et Groovy.

Bon nombre d’artistes locaux sont programmés, même si « toute la scène bordelaise n’a pas pu être conviée, le choix ayant été fait de laisser chaque DJ s’exprimer une heure et quarante minutes ». Critère retenu par Florian pour la sélection : « être assez actif pour être connu des aficionados ». Le label « Bordeaux Open Air » devrait en tout cas constituer un plus pour la suite de la carrière de ces DJ.

Assurer et rassurer

« – Comment avez-vous fait pour obtenir le Jardin Public ?
– On a demandé. »

A question naïve, réponse naïve. Florian Bourdot développe :

« On monté une association à but non lucratif. On a rempli un dossier de demande de manifestation publique comme n’importe quel organisateur, et la ville a dit oui. »

Quand on le soupçonne d’avoir séduit les responsables de l’action culturelle parce qu’il présente bien – look d’étudiants en école de commerce et mise en avant d’un pan plutôt inoffensif des musiques électroniques – Florian, bon joueur, reconnaît des « profils politiquement très corrects » dans son équipe, mais s’empresse de défendre la pertinence du projet tel qu’il a été monté, et met en avant la capacité de son association à avoir su « rassurer » la ville. Le fait de s’être vu confier le jardin public, Florian y voit une reconnaissance « institutionnelle » des musiques électroniques.

En tout cas, « c’est un festival pour tout le monde », complète Camille. « Il n’a pas été formaté pour la jeunesse des beaux quartiers. » « La jeunesse dorée, elle aurait pu payer une entrée à 15 € » ironise Florian, rappelant que l’entrée à la manifestation est libre et gratuite.

Bon courage et merci

Pour son financement, le festival, au budget total d’environ 50000 €, a fait appel à des mécènes et partenaires privés, et la ville a versé une aide en numéraire, en plus d’ouvrir les grilles du jardin.

Les grands classiques du festival estival « buvette et restauration » seront comme il se doit au rendez-vous, l’huître, la charcuterie et le fromage devant être au Bordeaux Open Air ce que la bière pression est à Relâche d’Allez Les Filles.

Quant aux artistes, ils seront tous rémunérés : « tous au même tarif », dans un souci d’équité, « légèrement plus élevé que le tarif en général pratiqué pour les DJ locaux à Bordeaux ».

Le Bordeaux Open Air attend environ 2000 personnes par dimanche, dans la bonne humeur et le respect.

Lors de tournées dans les rues adjacentes au jardin public pour distribuer des courriers à l’attention du voisinage, Florian nous dit avoir croisé des riverains « tous contents ».

« J’ai même eu des “bon courage pour l’organisation” et des “merci de faire ça ici”. »

En plus de la musique, le festival, sous le péristyle bordant la terrasse, abritera une série de conférences en lien avec la thématique musicale. Peut-être y sera-t-il salué qu’il existe dorénavant à Bordeaux, comme dans toutes les grandes villes de France et d’Europe, une manifestation électro officielle – ne serait-ce que sous forme embryonnaire.

Et si se repose la question de la politique de la culture de la nuit, en ce qui concerne le festival électro qui comporte Bordeaux dans son intitulé, en tout cas, la réponse épouse les horaires de clôture du jardin public : le couvre-feu est fixé à 20h00 en août, et pour les dates de septembre, à 19h00.

Infos pratiques

Bordeaux Open Air au Jardin public à Bordeaux. Entrée gratuite.
Dimanche 21 et dimanche 28 août de 13h30 à 20h00.
Dimanche 4 et dimanche 11 septembre de 12h30 à 19h00.
Programmation et informations pratiques sur le site du festival.

L'AUTEUR
Guillaume Gwardeath
Guillaume Gwardeath
Rédacteur indépendant et explorateur des cultures de marge

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