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Bordeaux Métropole hérite du Matmut et aura son grand stade nautique

Les communes ont transféré cinq équipements sportifs et culturels à Bordeaux Métropole, dont le nouveau stade de Bordeaux, le Matmut Atlantique, malgré la polémique sur le montant des charges revenant à l’agglomération. En outre, le conseil métropolitain a validé la création d’un stade nautique à Mérignac.

Exit le Grand Théâtre, la Cité du Vin, la Patinoire, le théâtre des Quatre Saisons de Gradignan ou les musées bordelais : la liste des équipements communaux désormais gérés par Bordeaux Métropole se réduit finalement à 5 établissements, à cause de règles sur les dotations financièrement peu incitatives.

Le conseil de Bordeaux Métropole a validé ce vendredi sans sourciller les transferts du Carré des Jalles, la salle de spectacle de Saint-Médard, du Musée de la Création Franche à Bègles, du stade Pierre Paul Bernard de Thouars, qui accueille notamment à Talence le Décastar, une compétition d’athlétisme, et de la Maison des sports des Iris, le dojo de Lormont.

Celui du stade Matmut Atlantique, géré dans le cadre d’un partenariat public-privé, a davantage fait tousser. Car si le montant des charges transférées s’élève à 23146 euros annuels pour le musée béglais consacré à l’art brut, ou à 277119 euros pour le Carré, il se chiffre à 2,4 millions d’euros pour le nouveau stade.

« Mais c’est une opération parfaitement neutre, a plaidé Alain Juppé. Les annuités de la dette se montent à 6,3 millions d’euros, contre 8,5 millions de redevances garanties par  le contrat de PPP. Celui-ci engage de grandes entreprises comme Vinci, ce ne sont pas des plaisantins. »

Querelle de chiffres

Le maire de Bordeaux et président de la métropole voulait ainsi couper court aux polémiques émanant de son opposition bordelaise. Matthieu Rouveyre avait ouvert le feu cette semaine : selon l’élu municipal socialiste, le transfert du Matmut est une « imposture » servant à faire « supporter aux contribuables communautaires le choix politique et dispendieux d’Alain Juppé ».

Michèle Delaunay s’est interrogée ce vendredi en séance sur le fait que « l’habitant de Cenon, dont le niveau de vie moyen par personne est de 1300 euros, doive compenser des transferts d’équipements de Bordeaux, où le niveau de vie est de 1750 euros ».

Et l’écologiste Pierre Hurmic en a remis une couche contre le coût d’une enceinte « à moitié vide », et mettant en doute les chiffres présentés par l’exécutif, selon lui « insuffisamment étayés ».

Il a ainsi relevé une différence entre  les montants présenté par la Clect (commission locale d’évaluation des charges transférées), qui a validé le transfert du stade, et ceux exposés par le conseil municipal de Bordeaux en juillet dernier : le coût revenant à la charge de la métropole ne serait plus de 2,4 millions d’euros, mais de 3 millions.

« C’est pour la Ville de Bordeaux un moyen fort commode d’alléger sa charge en la reportant sur la métropole, en mettant dans la corbeille du troc le grand stade nautique de Mérignac, sans véritable débat sur la politique sportive. »

Serpents d’eau chlorée

De fait, la gauche bordelaise s’est retrouvée bien seule à critiquer ce texte, transformé en « délibération-cadre » à tiroirs, avec deux serpents de mer, ou plutôt d’eau chlorée, de la politique métropolitaine : d’abord, l’agglo a donc acté la création d’une grande olympique.

« De Limoges à Montpellier, il n’y a pas de stade nautique capable d’accueillir les grandes compétitions nationales et internationales, et nous manquons de plans d’eaux dans l’agglo, a fait valoir le premier vice-président de Bordeaux Métropole et maire de Mérignac, Alain Anziani. Faisons en sorte d’avoir un équipement qui puisse recevoir beaucoup d’habitants – 230000, et bientôt 500000 par an. »

Le coût de l’équipement ne figure pas dans la délibération mais pourrait représenter selon Pierre Hurmic 35 millions d’euros, deux fois plus qu’une piscine olympique traditionnelle, afin d’être aux standards d’accueil des grands championnats. L’agglo financera 80% des aménagements qualifiés d’intérêt métropolitain. Les aménagements de proximité, ainsi que le fonctionnement du stade, seront à la charge de Mérignac.

Un temps hostile au projet, Franck Raynal, le maire de Pessac, a fini par s’y rallier :

« Ma principale réserve portait sur la priorité budgétaire donnée à cet équipement, au regard du fait de disposer de plans d’eau suffisants sur tout le territoire métropolitain, et permettant à tous les petits métropolitains d’apprendre à nager non loin de leur domicile. Il est heureux que la délibération prévoient pour cela un plan piscine. »

Celui-ci prévoit 20 millions d’euros (dont 8 déjà inscrits dans les budgets de l’agglo) pour construire ou rénover des piscines dans les 28 communes, ou à l’échelle intercommunale, à l’image des projets d’Eysines et du Haillan, ou de Bruges et Blanquefort près du lac de Bordeaux. Une preuve que la métropole est prête à se mouiller pour ses communes.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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