Anti-nuke et matraque au rassemblement de soutien aux zadistes de Bure
Brèves 

Anti-nuke et matraque au rassemblement de soutien aux zadistes de Bure

Une trentaine de personnes – pour l’essentiel des militants anti-nucléaires et des mouvements des squats bordelais – se sont rassemblées ce jeudi à 18h devant la préfecture à Bordeaux en soutien aux zadistes de Bure. La manifestation pacifique a failli dégénérer suite à une violence policière.

Les manifestants bordelais ont répondu à un appel national de soutien aux militants évacués jeudi matin du bois Lejuc à Bure, dans la Meuse. 500 gendarmes y ont délogé une quarantaine d’opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires, Cigéo (centre industriel de stockage géologique).

« L’expulsion a été très violente et à l’heure actuelle, 5 militants sont en garde à vue, rappelle Juliette, ancienne journaliste de 35 ans, qui a fait plusieurs séjours à la Zad de Bure. On ne peut pas faire grand chose de plus pour protester, mais moralement cela fait du bien à nos camarades de leur montrer qu’on pense à eux. »

Professeur d’économie à la retraite, Gérard déplore qu’aussi peu de monde – une trentaine de personnes – se soit déplacées à Bordeaux pour exprimer leur solidarité. Il indique avoir acquis ses convictions sur le nucléaire – « une escroquerie » – lors de son mémoire de maîtrise de physique, à l’université :

« J’espère que ce projet d’enfouissement des déchets ne verra jamais le jour. Même si on parle d’expérimentation, toutes celles menées à l’étranger (Etats-Unis et Allemagne, notamment) ont été vouées à l’échec. En cas d’incendie, par exemple, les déchets ne seraient plus maîtrisables. Il faut les stocker, mais à un endroit où on peut garder une totale maîtrise. »

Matraque

A Bordeaux, le rassemblement a lui aussi été sur le point de dégénérer. Pendant 30 minutes, il se passe sans heurt. Mais manifestants et forces de l’ordre se toisent, se filment, et un policier confisque la caméra d’un des manifestants. Ceux-ci protestent véhément – ils font valoir que la loi n’autorise pas la police à interdire d’être filmée, ni à retirer du matériel. Le ton monte vite, et en tentant de contenir un des policiers, Alex, un militant, reçoit un coup de matraque sur l’épaule.

« Puis il m’a menacé de coups supplémentaires, poursuit-il. Tous les autres policiers et les participants ont eu l’air très surpris de l’ensemble de ses agissements. Preuve en est, aucun de ses collègues ne s’est joint à lui ni dans sa tentative de saisine de matériel ni dans la violence. Sa hiérarchie l’a d’ailleurs extrait du dispositif d’encadrement du rassemblement dans les secondes qui ont suivi la fin de l’incident. »

Les esprits se sont d’ailleurs rapidement calmés, comme nous l’avons constaté sur place, et le matériel a été rétrocédé. Le manifestant blessé, qui a envoyé par la suite des photos attestant de la violence du coup, a annoncé vouloir saisir l’IGPN (la police des polices). Il a recueilli les coordonnées de 8 témoins et demandé que « les images issues des caméras de surveillance qui se trouvent devant l’entrée de la préfecture soient mises à dispositions à des fins d’enquête ».

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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