Bordeaux turbine au rythme de l’hydrolien
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Bordeaux turbine au rythme de l’hydrolien

En travaux depuis 2016, le site d’essais hydrolien Seeneoh a débuté ses activités en janvier 2018. Jeudi 1er mars, les élus locaux et les différents actionnaires ont inauguré la structure.

Au Port de la Lune, des hydroliennes vont être testées pour produire de l’électricité à partir des courants dans les deux sens de la Garonne : celui  du fleuve, et celui des marées. Implanté au niveau du pont de pierre, le site de Seeneoh (site expérimental estuarien national pour l’essai et l’optimisation d’hydroliennes) est capable d’accueillir trois technologies d’hydroliennes en même temps. L’objectif de ce projet : permettre à des entreprises de tester leur équipement avant production. Il s’agit d’un vrai appui technique qui permet aux sociétés de gagner jusqu’à 5 ans de procédures.

« Nous avons fait face à des échecs, des rebonds, des victoires, mais nous y sommes arrivés, explique Marc Lafosse, président d’Energie de la Lune et premier instigateur du projet Seeneoh. L’objectif est désormais de remplir ce site. Il est primordial de développer l’hydrolien dans notre région et à l’international. Nous pouvons exporter, des opportunités existent. Nous y parviendrons collectivement. »

Offrir ces tests dans des zones naturelles est une volonté des initiateurs du projet, à savoir Cerenis, Energie de la Lune, Valorem et la Société d’Economie Mixte (SEM) Route des Lasers, soutenus par les collectivités locales (région Nouvelle-Aquitaine, département de la Gironde, Bordeaux Métropole) et quelques entreprises.

Premier test avec l’entreprise Hydroquest

Venue tout droit de Grenoble, l’entreprise Hydroquest a pris ses quartiers sur la Garonne pour une douzaine de mois. Depuis janvier 2018, la technologie de cette société est installée sur la plateforme Bilbao, une des trois disponibles. Le test concerne ici une « technologie à flux traverse » dotée de quatre turbines.

« Cela fait sept ans que nous attendons ça, se réjouit Jean-François Simon, président d’Hydroquest. Il y a eu beaucoup d’efforts et nous sommes heureux d’être les premiers à utiliser cette plateforme unique au monde. Depuis la COP 21, nous constatons beaucoup plus d’investissements dans les énergies renouvelables. »

L’hydrolien estuarien se présente comme un secteur à fort potentiel. L’entreprise espère ainsi développer des solutions grâce aux tests réalisés à Bordeaux, avant de déployer des fermes fluviales dans d’autres régions ou pays.

« Aux Maldives, en Polynésie, on pourra fournir les populations avec de l’énergie verte », ajoute Jean-François Simon.

Un second test à venir

Dès le mois d’avril, une seconde compagnie prendra place sur les eaux bordelaises. En provenance d’Irlande, Design Pro Ltd viendra expérimenter une double turbine à flux transverse et un flotteur.

Pour Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, « les perspectives sont encourageantes ». Selon Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, il s’agit d’une prouesse :

« Implanter au cœur d’une ville une structure d’énergie complètement innovante et inépuisable est remarquable. L’énergie issue des marées est moins aléatoire que celle issue du vent. C’est un vrai avantage. A noter que d’autres opérations sont en cours en Nouvelle-Aquitaine. Une enquête publique a ainsi été ouverte pour l’installation d’éoliennes au large de l’île de Ré. »

Les acteurs territoriaux ont ensuite inauguré le premier dispositif Seeneoh depuis une plateforme.

L'AUTEUR
Clement Amathieux
Clement Amathieux
Journaliste en formation, étudiant en Master DNHD à Bordeaux Montaigne

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