L’hospitalisation sous contrainte d’Eric Pététin confirmée en appel
Société 

L’hospitalisation sous contrainte d’Eric Pététin confirmée en appel

[INFO RUE89 BORDEAUX] La cour d’appel de Bordeaux a confirmé l’ordonnance d’hospitalisation d’office du militant écologiste Eric Pététin, a appris ce vendredi Rue89 Bordeaux. Interné à la demande du préfet, le militant écologiste pourrait rester 6 mois à l’hôpital de Cadillac, à moins que les psychiatres n’autorisent une sortie avant ce délai. « L’Indien » nous a raconté les circonstances de son arrestation.

La cour d’appel de Bordeaux a confirmé, après audience jeudi dernier, l’internement d’office d’Eric Pététin, le 9 avril dernier à la demande du préfet. Avocat de l’activiste de la vallée d’Aspe actuellement hospitalisé à Cadillac, Maxime Dubois s’étonne de cette décision du juge :

« L’hospitalisation d’office par arrêté préfectoral est un pouvoir de police assez exceptionnel, il faut que le préfet démontre dans son arrêté que l’ordre public est gravement perturbé, et/ou qu’il y a un risque pour la sécurité des personnes. Or on est en train de parler d’Eric Pététin en train de retourner l’essuie-glace sur une voiture ! Il n’ y a pas plus pacifiste que ce type là, les conditions ne sont donc pas réunies. Le juge nous répond que d’après le certificat médical, Eric Pététin est malade et a des délires messianiques… »

« Les psychiatres m’ont reproché de croire en Dieu », expliquait Eric Pététin à Rue89 Bordeaux avant son audition à la cour d’appel, ce jeudi :

« Ils m’ont accusé de délire mystique sous prétexte que j’ai entendu le message de Dieu pendant ma prière, comme il a parlé à des millions de personnes avant moi. Pour moi c’est une preuve de foi, pour eux c’est un symptôme pathologique. »

« Je suis un peu exalté, c’est vrai »

Mais pourquoi les automobilistes bordelais interpellés ont ils appelé la police ?

« Je suis un peu exalté, c’est vrai. J’ai envie de dire aux gens : changez de vie ! Je me suis amusé à arrêter des grosses voitures, ces engins diaboliques qui sont en train de polluer l’atmosphère et de dilapider nos ressources. Quand les gens n’étaient pas contents, je les sanctionnais d’un petit geste, comme plier un essuie-glace ou un logo de Merdeces (sic). Un des propriétaires a appelé les flics. J’étais hyper cool, je leur ai offert des fleurs de la Sainte Vierge prises à Notre-Dame-des-Chartrons. Mais ils m’ont amené directement à Charles Perrens (l’hôpital psy de Bordeaux, NDLR). »

Et l’opposant au tunnel routier du Somport en est à sa 4e hospitalisation d’office, dont deux fois à Paris, lors de la venue de l’Aspache pour la COP21. Il avait alors été condamné à 6 mois de prison pour « outrage raciste » envers un policier noir, ce qu’il conteste toujours formellement :

« Je n’ai jamais prononcé une injure raciste de ma vie. Soit c’était un faux témoignage, soit la personne avait mal compris la question que je lui posais, à savoir comment un policier black pouvait obéir à des blancs. Mais je n’avais pas fait appel car je conduisais sans permis et sous stupéfiant, je risquais une peine plus lourde. Elle a été convertie en travaux d’intérêt général. »

Encore sous le coup de lourdes amendes pour ses nombreuses condamnations, Eric Petetin, désormais sans domicile fixe (autre que les ZAD de France auxquelles ils participe) a toutefois purgé ses peines. Il ne lui reste plus qu’à convaincre les psychiatres de Cadillac de sa volonté de prendre soin de lui.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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