A Mérignac, la majorité municipale se divise autour d’un refuge périurbain
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A Mérignac, la majorité municipale se divise autour d’un refuge périurbain

C’est dans un article de Sud-Ouest, ce mercredi 15 août, que le groupe des écologistes EELV de Mérignac a appris le refus du maire socialiste Alain Anziani d’accueillir le 11e refuge périurbain de l’agglomération bordelaise.

La commune devait en effet accueillir le dernier de ces abris gratuits, véritables œuvres d’art contemporaines implantées depuis 2010 au cœur des espaces verts dans la périphérie de la métropole. Confié aux frères suisses Cyril et Grégory Chapuisat, le projet mérignacais aurait dû prendre place dans le bassin Innolin, au sein du quartier Beaudésert, avant la fin de la saison.

Mais il n’en sera rien. Alain Anziani s’est défendu en arguant que l’investissement devait être consacré ailleurs, et non pas dans un projet « disproportionné », « sans grand intérêt pour les Mérignacais ». Or, ces refuges sont en fait financés par Bordeaux Métropole (de l’ordre de 75 000 euros par abri), quand les communes n’ont pour seule tâche que leur gestion.

« Gadget »

Membres de la majorité municipale, les deux élus écolos de Mérignac, Sylvie Cassou-Schotte et Jean Claude Pradels, ont répondu ce jeudi dans une lettre adressée au maire de la commune. Pointant du doigt une décision unilatérale, ils questionnent le changement de position soudain de la Ville.

« Ailleurs sur la métropole, les 10 sites en activité ont déjà attiré plus de 5000 personnes. Preuve d’un engouement populaire grandissant. Refuser et s’opposer à une politique culturelle et urbaine qui est poursuivie par la métropole depuis plus de 10 ans sans avoir fait l’objet d’un quelconque débat (…) s’avère surprenant ».

Ils fustigent également le « mépris » exprimé par le premier adjoint mérignacais Thierry Trijoulet, qui comparait le week-end dernier le refuge à un « gadget à bobos ». Et de rappeler enfin que ce mode alternatif de villégiature séduit de plus en plus des citoyens issus de tout milieu : « Nous connaissons beaucoup d’exemples de personnes comme les résidents des foyers de jeunes travailleurs par exemple (dont 74% vivent en dessous du seuil de pauvreté) qui y trouvent un refuge pour se ressourcer », souligne Sylvie Cassou-Schotte.

« Démontrer que l’on peut se dépayser, oublier le quotidien, éprouver du plaisir, se reconnecter avec les choses simples sans avoir l’obligation d’aller loin ou de consommer, devrait être une priorité pour notre majorité municipale » concluent les Verts.

En contact avec Saint-Médard-en-Jalles, la Métropole promet l’inauguration du refuge pour la saison prochaine.

L'AUTEUR
Louise Saubade
Louise Saubade
Étudiante bordelaise, journaliste en devenir.

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