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Ford en mode terre brûlée à Blanquefort, douche froide pour les salariés
Economie 

Ford en mode terre brûlée à Blanquefort, douche froide pour les salariés

par La Rédaction.
Publié le 16 octobre 2018.
Imprimé le 07 octobre 2022 à 20:34
1 882 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Coup dur pour les 850 salariés de Ford Blanquefort : Bruno Le Maire a annoncé ce lundi que le constructeur automobile américain préfère fermer son usine girondine plutôt que d’accepter l’offre de reprise du groupe belge Punch.

L’heure est à l’union sacrée ce lundi à la préfecture de Bordeaux. Trois semaines après sa dernière visite, Bruno Le Maire est de retour, mais cette fois-ci porteur de mauvaise nouvelles. Le président de Ford a en effet annoncé ce vendredi au ministre de l’économie « qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine ».

« Ford ne prend pas d’engagement pour favoriser la seule proposition de reprise sérieuse aujourd’hui qui est celle de Punch », déplore Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole. Punch Powerglide Strasbourg (PPS), également fabricant de boîtes de vitesses, est une filiale du groupe belge Punch, qui avait repris en 2013 l’usine alsacienne de General Motors, conservant au passage ses 1100 salariés.

Tenu par la loi Florange de chercher un repreneur, Ford présentera donc ce mardi aux salariés, lors d’une réunion à Blanquefort, une offre à laquelle il n’a aucune intention de donner suite. Pour Philippe Poutou, de la CGT Ford Blanquefort, ce n’est pas une surprise :

« Si Ford voulait vraiment une reprise, ils auraient cherché un acquéreur avant de lancer un plan social en juin ! Ce n’était pas une erreur stratégique, ils veulent fermer l’usine ».

Moins cher de baisser le rideau

L’intersyndicale y voit là deux raisons : ne pas laisser un site compétitif à un éventuel concurrent, et surtout ne pas financer une transition, jugée trop couteuse. Le groupe devrait en effet assurer une production minimale sur le site pendant deux ou trois ans (quand il veut cesser toute activité à l’automne 2019), mais aussi participer aux investissements nécessaires dans l’usine, qui pourraient s’élever à 100 millions d’euros.

Pour Bruno Le Maire, « en désaccord total avec ce choix », la position de Ford est « indéfendable » car « une fermeture leur coûtera plus cher que la reprise » – 200 millions d’euros le plan social, entre autres.

Ce lundi, les pouvoirs publics se sont  même dit prêts à remettre au pot pour aider le projet de reprise : 5 millions d’euros de l’Etat et 12,5 millions des collectivités locales (dont les deux tiers pour la région Nouvelle-Aquitaine).

Ford Blanquefort a pourtant déjà bénéficié de plusieurs dizaines de millions d’euros d’aides publiques – 46 millions, selon les syndicats, sans contrepartie autre que la promesse de conserver 1000 emplois jusqu’en 2018.

Les élus menés en bateau

«  Ford ne cesse de nous raconter des balivernes et de nous mener en bateau maintenant, ça suffit il faut les mettre face à leurs responsabilités », peste Alain Juppé.

Comment ?

« Nous allons mettre la pression sur Ford, sur leur réputation, et demander aux instances européennes d’intervenir, affirme Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Plus globalement, la France doit revoir sa législation pour contraindre le cédant d’une entreprise à accepter un plan de reprise, lorsqu’il y en a un ».

Bruno Le Maire indique pour sa part être en contact avec le gouvernement américain, ainsi qu’avec un conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche.

« Le scoop du moment, c’est que le gouvernement appelle à la mobilisation des salariés, souligne Philippe Poutou. Cela montre l’impuissance de l’Etat, qui n’a pas de contrats commerciaux suffisamment importants avec Ford pour peser sur le groupe ».

Selon l’ex candidat anticapitaliste à la présidentielle, seule une bataille auprès de l’opinion publique pourrait infléchir la position de Ford Europe, filiale du constructeur américain basée à Cologne, et propriétaire de FAI.

Il s’agit désormais de sauvegarder ce qui peut encore l’être : PPS ne pourrait conserver que 300 emplois, 400 salariés étant susceptibles de partir en pré-retraite et 150 d’être transférés à l’usine voisine, Getrag Ford Transmissions. La dernière consultation du comité d’entreprise sur le plan social de l’usine de Ford Blanquefort aura lieu le 18 décembre.

Article actualisé le 16/10/2018 à 19h24
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