Un séisme « sans conséquence sur la centrale du Blayais », selon l’Autorité de sûreté nucléaire
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Un séisme « sans conséquence sur la centrale du Blayais », selon l’Autorité de sûreté nucléaire

Un séisme de magnitude 4,9 s’est produit ce mercredi matin à une trentaine de kilomètres de Blaye. Ce qui pose (et repose) la question de la sécurité de la centrale nucléaire. L’Autorité de sûreté nucléaire se veut rassurante.

La question est très vite venue à l’esprit après le séisme enregistré ce mercredi un peu avant 11 heures à la frontière de la Gironde et la Charente, à quatre kilomètres de Montendre. La proximité de l’épicentre avec le site de la Centrale nucléaire du Blayais repose la question de la sécurité d’ « une des plus anciennes de France, étant en service depuis 38 ans », comme le souligne l’Observatoire du nucléaire dans son communiqué du jour :

« Il est légitime de se demander si cet évènement n’est pas le dernier rappel avant que le pire ne se produise. […] Cet épisode vient rappeler que l’ensemble de la population française, et même européenne, vit sous la menace d’une catastrophe nucléaire dont la cause peut être purement industrielle mais qui peut aussi survenir à la suite d’un évènement naturel. »

L’observatoire mentionne « la fameuse tempête du 27 décembre 1999, [où] la centrale nucléaire du Blayais a déjà montré sa grave vulnérabilité face au risque inondation » et que « les mesures de « sûreté » dites post-Fukushima ne sont toujours pas en place ».

La centrale de Blaye (Pierre-Alain Dorange/cc Wikipedia)

L’ASN pas inquiète

Jointe par Rue89 Bordeaux, Hermine Durand, responsable du bureau bordelais de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) déclare :

« Le séisme n’a aucune conséquence sur les installations de la centrale du Blayais. L’autorité a pris contact avec le site pour vérifier les mesures prises. Ils nous ont affirmé que les niveaux relevés sont très inférieurs aux niveaux qui nécessiteraient des mesures particulières. Les enregistreurs d’accélération [appareil de mesure des chocs, des oscillations et des vibrations, NDLR], à la fois présents à l’extérieur du site comme à l’intérieur, n’ont rien détecté d’anormal. »

Ce nouveau séisme, après celui de 2012 en Charente-Maritime, préoccupe-t-il le gendarme du nucléaire ? Hermine Durand n’a pu répondre. Elle assure par ailleurs que, selon ses informations, parmi les ouvriers de la centrale, « certains ont ressenti la secousse, d’autre non ».

Un précédent en… 1799

Le séisme, de magnitude 4,9 sur l’échelle de Richter selon le Réseau national de surveillance sismique, serait très en deçà du seuil de risque.

« Le niveau de séisme retenu dès la conception des centrales nucléaires d’EDF est à minima deux fois plus important que le plus grave séisme relevé en mille ans dans les régions où elles sont implantées », indiquait EDF en 2012.

Ce Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable (SMHV) établi par l’ASN, et faisant référence dans la région, est un tremblement de terre qui a eu lieu 1799 en Vendée. Sa magnitude avait été évaluée à 6.

La secousse enregistrée ce mercredi est toutefois jugée « exceptionnelle » par les spécialistes, dans une zone où l’activité est qualifiée de faible. Il a été  ressenti par la population sur une centaine de kilomètres autour de l’épicentre. France Séisme collecte depuis des témoignages.

« Tout s’est mis à trembler comme si un très gros poids lourd passait à côté du bâtiment. Mais je vis en plein centre ville dans une rue piétonne. Cela a duré quelques secondes », raconte un habitant de Bordeaux.

Réactions et répliques

« Deux secousses horizontales, ondulantes, molles, d’une durée de 2 secondes. J’ai cru que je faisais un malaise… » décrit un autre Bordelais.

Une habitante de Mérignac dit avoir vu des « petites vagues » dans sa piscine.

A Arcachon, « chaise, bureau et écran d’ordi se sont mis à osciller ». Alors qu’à Civrac-de-Blaye, un habitant raconte que son chien était « apeuré, queue et oreilles baissées », et à Bordeaux un chat « a eu l’air apeuré quelques secondes avant la secousse ».

Ce premier séisme a été suivi d’un second de 2,7 au même endroit dans l’après-midi. D’autres répliques sont attendues selon le Bureau central sismologique français, mais elles devraient être de moindre intensité.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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