Des « pisseurs volontaires » lancent la Campagne Glyphosate dans le Médoc
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Des « pisseurs volontaires » lancent la Campagne Glyphosate dans le Médoc

La Campagne Glyphosate faisait lundi sa première escale girondine à Cussac-Fort-Médoc. Cette initiative visant à évaluer le taux de glyphosate contenu dans l’organisme sera reconduite jusqu’en septembre dans le département. Elle promet d’intenter une action en justice incriminant les acteurs de la filière des pesticides devant le TGI de Bordeaux.

A Cussac-Fort-Médoc, il fallait se lever aux aurores hier pour rejoindre la salle polyvalente de la commune. Entre 6h et 8h, militants anti-pesticides, salariés agricoles, riverains des vignes ou simples habitants du Médoc s’étaient donné rendez-vous.

Dans le cadre de la Campagne Glyphosate, le Collectif Info Médoc Pesticides proposait à des volontaires d’évaluer le taux de glyphosate présent dans leur organisme par le biais d’une analyse urinaire. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de l’opération organisée dans 75 départements depuis le début de l’année.

« Les premiers prélèvements ont eu lieu en Ariège suite à un procès de faucheurs volontaires qui s’étaient rendus dans des magasins de bricolage pour sortir des bidons de glyphosate des rayons et les rendre impropres à la vente », indique Jacky Berrahil, relais Girondin de la Campagne.

Depuis, plus de 2500 prélèvements ont été effectués en France. Tous sont positifs à l’herbicide inscrit depuis 4 ans sur la liste des produits « probablement cancérogènes » de l’Agence internationale de recherche contre le cancer. Dans 90% des cas ils furent suivis d’une action en justice coordonnée par les avocats de la Campagne. A Cussac-Fort-Médoc, seuls deux volontaires sur les cinquante présents lundi se sont refusés à déposer plainte contre les acteurs de la filière.

« Les plaintes sont rédigées contre l’ensemble des responsables qui étaient en poste au moment du renouvellement de l’autorisation d’utilisation du glyphosate entre 2017 et 2018 », précise Jacky Berrahil.

Prochaine analyse au Haillan

Si ces plaintes sont déposées individuellement, elles sont en revanche portées collectivement. Toutes pointent la « mise en danger de la vie d’autrui », la « tromperie aggravée » ainsi qu’une « atteinte à l’environnement. » « Elles sont identiques car l’on veut qu’elles soient déférées afin d’être jugées en un seul et même tribunal : le Pôle Santé Publique du Tribunal de Grande Instance de Paris » précise-t-il.

Les analyses effectuées en présence d’un huissier seront relayées vers un laboratoire spécialisé dans l’analyse des pesticides situé en Allemagne. Le résultat des analyses interviendra alors près d’un mois après l’examen. En attendant, la Campagne sillonnera la Gironde. Les prochaines analyses sont prévues pour le vendredi 28 juin à partir de 6 heures du matin au Haillan et comptent déjà une cinquantaine d’inscrits.

Pour le reste il faudra attendre la fin de la pause estivale pour retrouver à partir de septembre le même dispositif à Libourne, La Teste de Buch et Langon. Une fois les résultats de l’ensemble des analyses du département obtenues, les plaintes seront alors déposées devant le TGI de Bordeaux, qui transfèrera la plainte au Pôle Santé Publique du Tribunal de Grande Instance de Paris.

L'AUTEUR
Antoine Cariou
Antoine Cariou
Étudiant à Sciences Po Bordeaux, breton et néo-bordelais - a troqué le cidre pour les cannelés il y a 3 ans.

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