Sur la zone portuaire de Bassens, syndicats et Gilets jaunes font bloc
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Sur la zone portuaire de Bassens, syndicats et Gilets jaunes font bloc

Ce lundi au petit matin, une centaine de militants opposés à la réforme des retraites a bloqué la circulation de la zone industrielle du port autonome à Bassens, occasionnant l’arrêt d’une centaine de camions de transport et la déviation de la circulation aux alentours.

Il est 4 h ce lundi matin quand des grévistes des syndicats FO transport, CGT dockers mais aussi de nombreux Gilets jaunes et de simples citoyens, se sont retrouvés autour d’un feu de palettes et d’un café chaud, sur le rond-point de l’avenue Puy-Pelat et du quai François, pour bloquer la zone industrielle des Deux Esteys à Bassens.

Leur objectif est de tenir jusqu’à 16h et d’empêcher les livraisons de carburant sur cet axe névralgique qui relie le port autonome à la ville de Bordeaux. Mais en plus des Docks des pétroles d’Ambès, le secteur accueille aussi des entreprises stratégiques comme le transporteur XPO logistique ou encore la compagnie de bus Citram.

« Actuellement plus aucun bus ne sort du dépôt. En début de matinée seuls quelques-uns ont pu être mis en ligne, ce qui fait que l’ensemble de nos dessertes est perturbé actuellement » déclare-t-on en début d’après midi chez le voyagiste qui assure notamment les liaisons du réseau transgironde.

Du côté du dock pétrolier, accessible par l’autre côté de la zone industrielle, le trafic n’a été que peu perturbé. Une centaine de camions de transport de marchandise a du être arrêtée ou détournée selon les manifestants dont le barrage sera finalement levé aux alentours de 14h.

Des dizaines de pneus ont été incendiés par les dockers , devant les locaux de la branche syndicale CGT du port autonome (EB/Rue89 Bordeaux)

Retour sur les rond-points

Ce blocage économique est le deuxième en quelques semaines. Une première action similaire avait eu lieu dans la zone de fret de Bruges le 11 décembre dernier.

Rémy, un trentenaire, gilet jaune sur le dos, prépare des sandwichs pour rassasier les plus vaillants. Il insiste sur l’importance de ces moments.

« Ce qu’on veut c’est la convergence, c’est sortir du débat sur la simple réforme des retraites. Alors on a fait le tour pour échanger des infos avec les chauffeurs. Ce matin, il y a eu une vrai fraternisation avec les routiers qui viennent partager un café autour du feu. »

Stéphane, un encarté de la CGT, drapeau sur l’épaule ajoute :

« Ici on est ensemble. On n’est pas toujours d’accord sur la méthode mais on a le même constat de terrain. C’est bien… »

« On a mis beaucoup d’attention à accueillir les chauffeurs convenablement » insistent les manifestants (DR)

Des attentes quant aux revendications

Pour autant, tous ne sont pas satisfaits du mouvement social en cours. Alexandre, un des gilets jaunes présents sur place regrette notamment que les débats actuels soient focalisés sur la réforme des retraites.

« Certains syndicalistes nous reprochent de ne pas avoir été dans la rue avec eux avant. Mais nous on se bat pour les retraites, les hausses des taxes, sur le carburant, l’écologie, la privatisation de l’aéroport de Paris… Et pour cela il faut être visibles. Le but ce n’est pas de bloquer les chauffeurs, c’est de permettre les échanges démocratiques. »

Une multitude de revendications que beaucoup, autour de ce rond point, voient comme un frein aux négociations avec le gouvernement.

Stéphane, fier de son gilet rouge, garde espoir :

« On se bat pour les retraites aujourd’hui, il y aura le deuxième volet de la réforme du chômage et des APL demain.  A nous à ce moment là de ne pas l’oublier et de nous mobiliser. C’est aussi ça la solidarité. »

« Gilets jaunes et syndiqués main dans la main. Ce fut une belle nuit, c’est un beau matin… » entonnait alors un crieur de rue au milieu des engins.

L'AUTEUR
Eloïse Bajou
Journaliste fraichement issue de l'Ecole Publique de Journalisme de Tours (EPJT), photojournaliste au sein du collectif Macadam Press et ex-professionelle de santé dans le social.

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