L’appel lancé à la gauche bordelaise pour « préparer le jour d’après »
Tribune 

L’appel lancé à la gauche bordelaise pour « préparer le jour d’après »

En ce 1er Mai, les militants de Bordeaux en lutte, la liste conduite par Philippe Poutou aux élections municipales, lancent un « appel aux Bordelaises et aux Bordelais afin de construire collectivement une mobilisation à la hauteur de la crise sanitaire et sociale, sur la ville ». Il se veut une amorce de « plateforme unitaire » autour de propositions concrètes. Soutenu par la France insoumise, le NPA et le Parti de gauche, ce texte a été envoyé ce jeudi, veille de 1er Mai, à sept organisations, dont EELV, le PC, Génération.s et Bordeaux Maintenant (mais pas au Parti socialiste), et s’adresse à « toutes les forces sociales, associatives, syndicales et politiques ».

À Bordeaux comme partout en France, le coronavirus a révélé l’extrême fragilité de notre société. La crise sanitaire actuelle et ses répercussions sociales à venir exigent une mobilisation de tou·te·s pour obtenir des mesures immédiates pendant la fin du confinement et pour le jour d’après.

Cette crise n’a fait qu’accentuer les inégalités et les violences ordinaires que la société actuelle fait peser sur les plus précaires. Mais avec le réchauffement climatique d’autres crises écologiques nous attendent. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous limiter à des mesures provisoires : il faut repenser le temps long et créer les structures, les services publics, les dispositifs qui éviteront la multiplication des drames et permettront de construire une ville solidaire.

Alors que faire ? La mobilisation de toutes les forces du mouvement social est nécessaire pour imposer aux pouvoirs publics – et en premier lieu à la mairie de Bordeaux – d’agir et de venir en aide notamment aux personnes et familles les plus précaires.

Depuis la pandémie, il est apparu encore plus indispensable de :

  •  Soutenir le maintien de l’hôpital Robert Picqué : nous devons stopper la casse du système de santé que la catastrophe actuelle met à nu. Laisser fermer cet hôpital serait un non-sens qu’il faut dénoncer encore plus fermement aujourd’hui.
  •  Réquisitionner des logements vides : l’urgence absolue est de loger tous ceux qui vivent à la rue pour les mettre à l’abri du virus et leur permettre de manger et dormir en sécurité. Si la mairie avait fait le choix de préempter les logements vacants dès lors que des gens sont à la rue, cette urgence-là ne se serait pas posée. C’est pourquoi la possibilité de réquisition doit être mise en place en tout temps.
  •  Favoriser la suspension des loyers pendant la crise actuelle et les mois à venir pour tous ceux que la situation met en difficulté. Cela doit pousser à une réflexion plus large sur l’encadrement des loyers à l’échelle de la métropole. Les pouvoirs publics peuvent intervenir clairement auprès des bailleurs publics comme privés.
  •  Lutter pour le retour des services publics de proximité, dans les quartiers, particulièrement de santé. Il est aussi vital de créer des lieux de vie, de solidarité qui permettrait à la population d’être actrice de sa vie de quartier, de participer à la vie collective, à l’entre-aide, à ne laisser personne dans l’isolement ou l’exclusion.
  •  Tendre vers un objectif d’autosuffisance alimentaire et de relocalisation de la production agricole. La diffusion du virus et les pénuries partielles prouvent qu’il est urgent de revoir nos manières de produire et de consommer. Sur Bordeaux et toute l’agglomération, il est possible et nécessaire de coopérer avec les producteurs de la région, de favoriser le développer une agriculture saine, sans pesticides, du maraîchage de proximité.
  •  Ouvrir de façon permanente des bains douches publics, s’assurer que toutes les familles, tous les habitants aient accès à l’eau, c’est une question vitale et de dignité humaine.  Mettre à disposition du public des structures collectives d’hygiènes.
  •  Suspendre les prélèvements TBM sur les abonnements aux transports en commun pendant la crise et cela doit amener à une réflexion sur la possibilité d’instaurer la gratuité complète à l’échelle de la métropole, pour un service public des transports tourné complètement vers les besoins de déplacement de la population, prioritairement la plus précaire.

Globalement, nous mesurons toute l’importance que les solutions ne viennent pas seulement « d’en haut », des pouvoirs quels qu’ils soient, mais qu’elles viennent aussi des habitants. Pour nous, une mobilisation des populations dans les quartiers est une nécessité et une garantie démocratique. C’est pour cela que nous nous adressons à l’ensemble du mouvement social, de ses organisations, les associations, les collectifs, les syndicats, les partis politiques de gauche. C’est forcément ensemble, unitairement, c’est en coordonnant nos efforts militants que nous pourrons changer la donne.

Nous mesurons aussi à quel point il est indispensable que les forces politiques de gauche s’engagent pour porter ces exigences et nous nous adressons à elles pour construire dès à présent, cette mobilisation populaire.

L'AUTEUR
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