Le Covid, la famille et moi – Épisode 3 de Coronavirus dans ma Rue
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Le Covid, la famille et moi – Épisode 3 de Coronavirus dans ma Rue

47e jour depuis la mise en confinement des Français en raison de l’épidémie de coronavirus. Depuis six semaines notre quotidien s’organise au cœur de nos foyers. Et si beaucoup de changements sont intervenus, c’est souvent avec marmaille et parents que nous nous sommes retrouvés entre quatre murs. Alors, comment le confinement a modifié notre rapport à la famille ? Troisième épisode de la série de podcasts « Coronavirus dans ma Rue » dans la rubrique Voix de faits.

Coronavirus dans ma Rue

Bloqués à la maison, confinés ou au contraire réquisitionnés au boulot et inquiets ? Dans cette série de podcasts intitulée « Coronavirus dans ma Rue » nous prenons de vos nouvelles. Car dans cette aventure de confinement imposé, vous êtes les héros ! Éducation, transport, santé, alimentation, rapport au temps, à l’espace. Dans les jours à venir l’ensemble de nos activités sera à repenser, ensemble.

Ce sont souvent ceux que l’on connait le mieux. Nos parents, nos enfants sont devenus nos compagnons d’aventure… Depuis six semaines maintenant ils partagent notre quotidien 24h/24, loin du tumulte de la vie professionnelle ou scolaire.

Comment se passent ces étranges retrouvailles mi-choisies, mi-imposées par la crise sanitaire ?

Pour Maya, professeur de lycée, il faut jongler entre son activité en télétravail et l’enseignement, sans la distance, avec ses propres jeunes enfants. Heureusement le temps reprend ses droits, telle une parenthèse suspendue passée le plus souvent au jardin.

« On fait des cabanes, on va cueillir de l’ail sauvage, de l’ail des ours, on fait du pesto d’orties, on s’occupe des poules. Tout les trucs que j’avais prévu de faire et que je passais mon temps à procrastiner. Je prend enfin le temps d’être chez moi. Après j’y vais doucement, je fais ce que je peux, le télétravail, avec les enfants, c’est difficile. »

Si elle prend enfin le temps de vivre et de faire découvrir la nature à ses deux bambins, pour certains, bien plus grands, ce confinement marque un retour à la maison après une période d’indépendance… 

Choses essentielles

C’est le cas de Noriane, une étudiante en photographie de 24 ans récemment installée à Paris. Se voyant mal passer cette période de confinement seule dans un appartement 25m2, elle a décidé de rentrer chez ses parents, à Bordeaux, dès l’annonce du confinement.

« J’ai l’impression de revivre mes années lycée. C’est un peu bizarre d’être vraiment H24 avec des personnes sans pouvoir se couper d’eux, prendre l’air. Mais ma mère a commencé à comprendre que j’avais grandi, enfin. Mon père je ne sais pas, il ne montre pas grand chose. Mais ma mère a compris et moi aussi, ça se voit. Par exemple je l’aide, comme elle est en télétravail souvent je fais à manger pour qu’elle soit tranquille… »

Être confinés et se recentrer sur les choses essentielles… Le discours de Noriane n’est pas sans rappeler celui d’Aurore que nous avions entendue dans l’épisode 1 de Coronavirus dans ma rue. Malgré la crainte que l’épidémie avait engendré, elle nous avait alors confié une anecdote douce-amère, survenue lors de ce retour temporaire dans le refuge parental…

« Mon père n’est pas bien depuis quelques temps, on se demandait pourquoi vu qu’il ne parle pas… Ça faisait une semaine qu’on était ensemble. Je me suis dit ça suffit. J’ai attrapé quatre bières avec mon frère, ma mère, mon père et moi et on a parlé. Et en fait mon père accuse juste le coup de vieillir et d’être moins fort qu’avant. C’est hyper mignon et c’est un cap. Mais cette conversation jamais on ne l’aurait eue si on ne s’était pas retrouvés confinés tous les quatre, parce que ça fait des lustres qu’on ne s’est pas retrouvés ensemble. »

La date de la levée du confinement approche et pour certains d’entre nous après le 11 mai plus rien ne sera jamais comme avant. Après presque deux mois dans le huit clos de nos foyers, que nous restera-t-il de ce temps écoulé en famille ? Nous avons encore un peu de temps pour y réfléchir et pour le construire…

L'AUTEUR
Eloïse Bajou
Journaliste formée à l’École de journalisme de l'IUT de Tours (EPJT), passée par l'AFP et RFI, photojournaliste au sein du collectif Macadam Press et ex-professionelle de santé dans le social.

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