Le Yersin, premier super yacht à quai à Bordeaux pour un chantier de refit
Economie 

Le Yersin, premier super yacht à quai à Bordeaux pour un chantier de refit

actualisé le 21/05/2020 à 02h19

Depuis quelques heures, le Yersin, un navire d’exploration polaire, est à quai dans le port de Bordeaux. C’est le premier chantier pour la nouvelle filière locale de refit des super yachts, qui s’est implantée et structurée ces dernières années.

Arrivée lundi en début de soirée à Bordeaux, le Yersin en impose avec son profil atypique. Long de 77 m avec une structure en aluminium et en acier renforcé, c’est un navire d’exploration destiné aux régions polaires.

Sorti des chantiers de Concarneau en 2015, il a été conçu par son propriétaire François Fiat, ex dirigeant de Leader Price, pour être mis à la disposition de scientifiques, notamment du Musée océanographique de Monaco, un peu comme la Calypso du commandant Cousteau.

Le navire est à Bordeaux pour un arrêt technique comme le précise Exequiel Cano Lanza, architecte naval et PDG de la société CLYD, spécialisé dans la maîtrise d’œuvre et la gestion de chantier de refit (littéralement retapage de navires) : 

« L’armateur nous l’a confié pour mener divers travaux. Là on est en phase d’accueil du navire pour établir un diagnostic. »

Dans un premier temps, en effet, la société bordelaise va faire un état des lieux. Le navire restera donc à quai, au ponton Ariane durant cette phase de diagnostique. Il sera ensuite accueilli dans les installations du pôle naval du Grand Port maritime de Bordeaux, au poste 205 des bassins à flots pour procéder aux travaux.

Arrivée du Yersin
Arrivée du super yacht Yersin dans le port de Bordeaux (photo GPMB)

Des tests Covid pour l’équipage 

Les autorités portuaires et les douanes ont pris toutes les mesures de prévention sanitaires pour l’accueil du Yersin et de son équipage. Les marins ont par exemple tous subis des tests Covid. Concernant le chantier des règles de co-activités des différentes entreprises et corps de métiers sont mises en place, avec distanciation sociale et mesures barrières. 

CLYD fait partie d’un cluster d’entreprises, Bordeaux Superyachts Refit. Constitué depuis 2012, il a été créé à l’initiative des industriels aquitains afin de développer les activités de refit et de maintenance des super yachts – non sans quelques réticences liées au retour d’une activité industrielle dans le secteur en plein boom immobilier des Bassins à flot. Ce cluster comprend pas moins de 80 entreprises en Nouvelle-Aquitaine, investies dans différents secteurs y compris l’aéronautique.

« Le Yersin c’est le tout premier chantier de ce type à Bordeaux, indique Thierry Lausseur, président de Bordeaux Superyachts Refit. Notre objectif est d’attirer de plus en plus de yachts.  Bordeaux, est désormais la destination numéro un sur la façade atlantique pour les yachts de luxe. La ville est en train de passer de point d’escale de prestige à chantier naval de refit pour les yachts de luxe. C’est le début d’un cycle. On va maintenant essayer de pérenniser. » 

Le refit, avenir du port de Bordeaux ?

Pour attirer les grands yachts, les responsables du cluster n’ont pas hésité à aller démarcher des clients dans les plus prestigieux salons comme le Monaco Yacht Show. Ils vont également à la rencontre des propriétaires de navire en escale de plaisance dans le port de Bordeaux. 

La crise liée au Covid n’a toutefois pas épargné ce secteur des chantiers navals. Comme partout les entreprises ont été impactées par la crise sanitaire avec un arrêt quasi total des activités depuis deux mois. Mais Thierry Lausseur tempère :

« On est dans une phase de démarrage d’activité mais avec des entreprises bien installées, qui ont une bonne trésorerie et ont relativement bien encaissé le choc. Il faut quand même que ça reparte. Le yachting de luxe est lié au tourisme, même si c’est un tourisme de luxe. »

L'AUTEUR
Audrey Gleonec
Audrey Gleonec
Géographe et archéologue du monde contemporain passionnée de photographie documentaire

En BREF

Condamnés en appel, les décrocheurs de Macron ne raccrochent pas

par Simon Barthélémy. 532 visites. 1 commentaire.

L’affaire du sapin portée au conseil municipal de Bordeaux sous conditions

par Walid Salem. 1 140 visites. 1 commentaire.

Une soixantaine d’élus, dont le maire de Bordeaux, veulent un moratoire sur la 5G

par Simon Barthélémy. 1 042 visites. 1 commentaire.