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Les chiffres du chômage s’envolent aussi en Nouvelle-Aquitaine
Economie 

Les chiffres du chômage s’envolent aussi en Nouvelle-Aquitaine

par Audrey Gleonec.
Publié le 29 mai 2020.
Imprimé le 03 février 2023 à 03:53
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Après deux mois de confinement, la Nouvelle-Aquitaine compte près de 30000 nouveaux demandeurs d’emploi, selon les derniers chiffres de Pôle emploi, alors que les aides versées aux entreprises de la région s’élèvent à déjà plus de 325 millions d’euros. La plateforme « Mobilisation emploi » tente de recenser au mieux les postes à pourvoir en urgence.

La crise sanitaire a fortement impacté l’économie et le marché du travail, et les chiffres de Pôle emploi pour le mois d’avril 2020 s’en ressentent. La Nouvelle-Aquitaine passe ainsi de 494 070 demandeurs d’emploi au mois de mars, à 523 930 au mois d’avril.

Le nombre de demandeurs d’emploi des catégories ABC a augmenté de 4,1% en avril, après une hausse de3 % en mars, en rupture avec l’évolution plutôt à la baisse depuis plusieurs années. La plus forte augmentation concerne les personnes de catégorie A, sans emploi (+ 27,4% en 1 mois), ce qui s’explique en grande partie par le basculement des demandeurs ayant exercé une activité le mois précédent (catégories B et C,- 28,1 %) et qui ont perdu cet emploi durant le confinement.

Agriculture et sécurité cherchent salariés

C’est le cas de Patrick, 50 ans, que nous rencontrons à l’agence Pôle emploi de Langon. Employé en tant que carrossier-peintre, il était en période d’essai, et son contrat n’a pas été reconduit à cause de la crise.

« Il n’y a pas que moi, les intérimaires qui sont dans la même entreprise que moi n’ont pas été repris non plus, explique-t-il. Le patron est obligé de réduire les effectifs. »

Les personnes au chômage tentent de s’adapter tant bien que mal à cette situation, comme Théo, 22 ans, habituellement employé dans la restauration :

« Mon patron a été obligé de me mettre en chômage partiel, du coup j’ai quand même cherché du travail, et là je vais embaucher dans la vigne. Je sais pas de quoi sera fait l’avenir. Peut-être que je retournerai bosser dans la restauration, ça dépend si mon patron peut reprendre comme avant. »

L’agriculture il est vrai manque toujours de main d’œuvre, pour les travaux de la vigne mais aussi dans les exploitations maraîchères. Le secteur sanitaire, la logistique et la sécurité sont également des secteurs qui recrutent, tout comme la sécurité – les commerces cherchent des agents pour veiller au filtrage à l’entrée des magasins.

La préfète Fabienne Buccio en visite à Pôle Emploi
Fabienne Buccio, préfète de la Gironde, en visite à Pôle emploi de Villenave d’Ornon (AG/Rue89 Bordeaux)

Offres pas toujours adaptées

La plateforme « Mobilisation emploi » mise en ligne par le gouvernement et Pôle emploi recense justement tous les postes à pourvoir et jugés prioritaires pour faire face à la crise du Covid-19. Elle propose, à ce jour, près de 1375 offres d’emplois en Nouvelle-Aquitaine. Insuffisant, donc pour compenser les licenciements et la disparition de postes. Et les offres proposées sont insatisfaisantes pour certains.

« Je travaille habituellement dans le secteur funéraire, on m’a proposé un poste de chauffeur routier, indique Anne-Laure, 40 ans. Envisager une telle reconversion pour moi ce n’est pas possible. Je me suis débrouillé par moi même : j’ai écrit à la région Nouvelle-Aquitaine, ils m’ont rapidement trouvé un poste dans mon secteur. »

Par ailleurs ce cinquantenaire explique qu’il n’est pas à l’aise avec l’outil informatique et n’envisage même pas d’utiliser la plateforme.

« Je dépose mon dossier mais je vais pas attendre que Pôle emploi me trouve quelque chose. Je vais faire le tour des boites, me présenter pour voir si ils ne cherchent pas quelqu’un. J’ai toujours fait comme ça en fait. »

13% des entreprises envisagent de licencier

L’état des lieux réalisé par la CCI Bordeaux Gironde n’incite cependant guère à l’optimisme. D’après une enquête sur l’impact de l’épidémie et les conditions de redémarrage de l’activité sur les entreprises du département, 70% d’entre elles se disent fortement impactées, 82% déclarent un chiffre d’affaires en baisse et 13% envisagent des « mesures sociales », comme des suppressions d’emploi. 40% des commerces déclarent également un risque de cessation d’activité.

« Aujourd’hui je fais mon possible pour garder mes employés, indique Mickaël, boulanger en sud Gironde. Mais avec la fin du chômage partiel, si il n’y a pas une reprise des affaires comme avant, je ne sais pas si je vais pouvoir garder tout le monde. »

La fin des mesures d’aide à l’emploi inquiète notamment le Mouvement national des chômeurs et précaires. Il demande notamment « la prolongation inconditionnelle et systématique de tous les droits et de toutes les allocations jusqu’au 31 décembre 2020 au moins, l’annulation pure et simple des nouvelles règles de l’assurance-chômage, ou encore la suspension immédiate du contrôle de la recherche d’emploi contre les chômeurs ».

L'AUTEUR
Audrey Gleonec
Audrey Gleonec
Géographe et archéologue du monde contemporain passionnée de photographie documentaire

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