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Devant les écoles, des écologistes dénoncent la « menace sanitaire » des pesticides en Gironde
Ecologie 

Devant les écoles, des écologistes dénoncent la « menace sanitaire » des pesticides en Gironde

par La Rédaction.
Publié le 1 septembre 2020.
Imprimé le 06 mai 2021 à 21:29
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ANV-Cop 21 Gironde, Extinction Rebellion Bordeaux et Youth For Climate ont collé ce lundi, veille de rentrée scolaire, des affiches aux alentours d’une vingtaine de collèges et lycées de la métropole bordelaise pour dénoncer une « rentrée toujours pesticidée » en Gironde.

« Au travers de cette action à destination des jeunes qui, en cette rentrée 2020, ont l’obligation, à partir de 11 ans, de se masquer pour se protéger et protéger les autres du coronavirus, nous souhaitons signifier que la pollution de l’air par les pesticides en Gironde demeure une menace sanitaire également bien réelle », ont affirmé les trois mouvements ce mardi dans un communiqué.

Ils souhaitent que par cette action les jeunes, « pour qui les pathologies cancéreuses restent une des principales causes de mortalité », puissent s’informer « auprès des collectifs luttant contre l’utilisation massive des pesticides chimiques de synthèse dans l’agriculture, et se mobiliser sur ces questions. »

Devant le lycée Montaigne à Bordeaux, le 31 août (DR)

« Non action du gouvernement »

« Nous respirons involontairement un grand nombre de molécules actives issues des traitements sur la vigne, rappellent les associations. Le rapport de l’observatoire régional de la qualité de l’air (ATMO) (…) nous apprend que le nombre de molécules chimiques ayant pour origine les traitements agricoles est quasi identique à celui mesuré en zone rurale. »

Or « contrairement au sol ou dans l’eau, il n’y a pas de norme pour les pesticides dans l’air », et « leur épandage sur une période de plus de 6 mois dans l’année engendre une exposition généralisée de notre lieu de vie ».

Face à ce « problème de santé publique majeur depuis des années pour la population girondine », Extinction Rebellion, ANV-Cop 21 et Youth for Climate dénoncent « la non action du gouvernement, le déni des principales organisations agricoles majoritaires et l’omerta de la filière interprofessionnelle viticole de Bordeaux ».

Ainsi, alors que la loi Egalim prévoit une distance, entre les zones d’épandage et les zones habitées, de 10m pour les cultures dites « hautes » et de 5m pour les cultures dites « basses », la « Charte du bien vivre ensemble » élaborée par la Chambre d’agriculture de la Gironde, et adoptée par la préfète Buccio le 29 juin, permet de réduire ces distances à 5m et 3m.

Décisions « au rabais »

Il suffit pour cela à l’agriculteur de respecter les engagements de la charte, lui imposant d’être équipé d’un pulvérisateur performant permettant de contrôler la dérive d’épandage, de se tenir informé des dangers des produits, s’équiper d’outils de mesure de vent…

« Dans ce département, tristement connu pour être un des premiers utilisateurs de pesticides en France, avec 3900 tonnes utilisées en 2019 et le plus gros acheteur de glyphosate avec un ratio de 1,06 kg/ha, les décisions sont toujours et encore « au rabais » d’un point de vue environnemental », déplorent les ONG.

Une des affiches collées ce lundi aux abords d’une vingtaine d’établissements de la métropole (DR)

Elles rappellent l’engagement de principe des organisations agricoles et de la Région Nouvelle-Aquitaine à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et à accompagner les agriculteurs à supprimer les produits CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques) et les fongicides (SDHI) en viticulture. Mais ces plans « toujours pourvus de pourcentages de réduction et de dates butoirs n’engagent que celles et ceux qui y croient » alors que le gouvernement vient par exemple de revenir sur l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes.

« Face aux menaces pesant –vraiment– sur la santé humaine à cause de pratiques agricoles d’un autre temps, face à l’effondrement démographique des populations d’insectes pollinisateurs des cultures et des plantes de la nature, il faut plus que des «engagements de principe», estiment les associations, prônant notamment « des plans massifs de conversion de la viticulture vers un modèle de culture biologique, permettant à l’air de Gironde de s’assainir ».

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