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Vingt départements, dont la Gironde, portent plainte contre Eric Zemmour
Brèves  Politique 

Vingt départements, dont la Gironde, portent plainte contre Eric Zemmour

par Simon Barthélémy.
Publié le 5 octobre 2020.
Imprimé le 01 décembre 2021 à 22:27
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Jean-Luc Gleyze déclare ce lundi avoir « encouragé tous les présidents de conseils départementaux à porter plainte comme lui contre le chroniqueur » de CNews. Le président du département de la Gironde, et du groupe de gauche de l’Assemblée des départements de France, veut ainsi « faire barrage aux propos haineux et à caractère racistes » d’Eric Zemmour.

« 20 départements de gauche comme de droite », dont la Dordogne, la Charente-Maritime, les Landes ou les Pyrénées-Atlantiques, se sont engagés dans cette démarche judiciaire. Selon eux, les propos de l’essayiste « portent atteinte aux mineurs non accompagnés » pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE), gérée par les conseils départementaux de France.

Le 29 septembre dernier sur le plateau de la chaîne d’info, Eric Zemmour, déjà condamné à deux reprises par la justice pour injure et provocation à la haine raciale, a estimé que tous ces jeunes étaient « voleurs », « assassins », « violeurs » : « C’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer, il ne faut même pas qu’ils viennent. » La Licra et SOS Racisme ont déjà porté plainte.

« L’honneur de notre pays »

« On ne peut pas laisser dire ça », estime Jean-Luc Gleyze, à propos d’enfants ayant « traversé des épreuves terribles, qu’il nous est parfois même difficile d’imaginer » :

« Certains ont fui la violence ou la guerre, d’autres ont voulu échapper à la misère, d’autres encore ont choisi de venir en France simplement dans l’espoir d’un avenir meilleur. C’est l’honneur de notre pays d’accueillir et d’offrir à ces enfants isolés la protection qui leur est due. »

Le président du département de la Gironde fustige « la grande confusion » opérée entre mineurs isolés, mineurs non accompagnés (MNA) et mineurs relevant de la protection de l’enfance. Les premiers, explique-t-il, sont arrivés en France via des réseaux de passeurs, et sont sous l’emprise de ces derniers qui les exploitent, « les poussent à l’addiction et à la délinquance ».

Les MNA, eux, ne relèvent pas d’un statut juridique défini, le terme désignant simplement des jeunes qui sont en évaluation de minorité. Si celle-ci confirme qu’ils ont moins de 18 ans, ils relèvent alors de l’ASE.

« Pour avoir vécu parfois le pire, ils ont avant tout la volonté de s’intégrer, d’apprendre le français, de suivre un parcours scolaire, de découvrir un métier, poursuit le président de la Gironde. Cette réalité d’intégration correspond à des récits de vie, en Gironde comme ailleurs, loin des stéréotypes et des fantasmes savamment entretenus par certains porteurs de haine. »

L’appel à Bolloré

Il cite « un peintre de village girondin qui veut absolument garder dans son équipe l’un de ces jeunes », « un éleveur bovin de l’Entre-Deux-Mers qui révèle la motivation du jeune qu’il a embauché », ou encore un MNA espérant devenir Meilleur Ouvrier de France en couture.

Les propos de Zemmour, conclut Jean-Luc Gleyze sont « aussi une insulte à l’égard de tous ces professionnels qui, au quotidien, accompagnent ces jeunes pour la réussite de leur parcours d’intégration ».

« La chaîne CNews, dirigée par Vincent Bolloré, devrait prendre ses responsabilités : informer pédagogiquement, et faire immédiatement cesser les agissements de son éditorialiste, en condamnant ses propos et en lui refusant désormais l’antenne », réclame le président du département de la Gironde.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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