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France 2023, une coupe du monde de rugby plus verte et moins chère à Bordeaux
Economie  Sport 

France 2023, une coupe du monde de rugby plus verte et moins chère à Bordeaux

par Simon Barthélémy.
Publié le 11 décembre 2020.
Imprimé le 27 octobre 2021 à 01:50
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Bordeaux accueillera 4 ou 5 matchs de poule de la prochaine coupe du monde de rugby, qui se tiendra en France du 8 septembre au 21 octobre 2023. L’évènement prévu dans 9 stades sera « un modèle d’exemplarité en termes de transition écologique », ont assuré ses organisateurs, que le maire de Bordeaux juge plus à l’écoute des collectivités que ceux de l’Euro 2016.

S’il est encore capitaine de l’équipe de France de rugby en 2023, Charles Ollivon soulèvera-t-il la coupe Webb Ellis, présentée ce vendredi à Bordeaux ? Nul ne peut le dire. Foulera-t-il seulement la pelouse du grand stade ? Un premier élément de réponse sera donné le 14 décembre, avec le tirage au sort de la coupe du monde de rugby.

Il est déjà acquis que Bordeaux accueillera 4 rencontres de cet évènement, prévu du 8 septembre au 21 octobre 2023, peut-être 5 en fonction de l’attractivité des affiches qui s’en dégageront. Et il n’est pas exclu que la Gironde accueille un match des Bleus.

Le GIP (groupement d’intérêt public) qui pilote l’organisation évalue l’impact économique pour Bordeaux Métropole entre 60 et 80 millions d’euros, dépensés localement par 144 000 spectateurs pour 4 matchs. Mais les organisateurs assurent s’engager « dans une nouvelle génération de grands évènements où les intentions sociales et environnementales sont mises au même niveau que les enjeux économiques et sportifs ».

« Le modèle de l’Euro est mort »

France 2023 sera « un modèle d’exemplarité en termes de transition écologique », a assuré le directeur du GIP, Claude Atcher, ce vendredi 11 décembre à Bordeaux. Sur la mobilité – avec 90% des déplacements des équipes prévus en train -, la prévention et le tri des déchets ou encore l’approvisionnement en produits alimentaires locaux, la coupe du monde entend soigner son bilan carbone. Mais aussi ses objectifs sociaux, avec l’emploi de femmes et d’hommes à parité, et celui de 10% de personnes en situation de handicap.

France 2023 doit d’ailleurs obtenir la certification ISO 20121, intégrant le développement durable dans les objectifs des grands évènements sportifs.

« A l’avenir, nous n’accueillerons plus que ce type de manifestations, et nous sommes contents que vous puissiez vous situer dans le cadre des exigences de ce label », a commenté Pierre Hurmic.

Soulignant « la volonté des organisateurs de se situer dans les pas d’une ville qui a pris le virage de la transition écologique et solidaire », le maire (EELV) de Bordeaux estime que le « modèle économique en vigueur pour l’Euro 2016 est mort ».

Il rappelle que Michel Platini, alors président de l’UEFA, et le comité d’organisation avaient imposé aux villes hôtes leurs exigences, à commencer par la construction d’un nouveau stade à Bordeaux, qui a investi 221 millions d’euros en tout dans l’accueil de l’évènement.

A l’arrivée, la Cour des comptes avait critiqué un « rapport de forces inégal » dans l’organisation du tournoi, et une « rétribution faible des organisateurs nationaux ». Les villes avaient du négocier âprement la redistribution des bénéfices de l’Euro et n’ont reçu que 20 millions d’euros de dotation de l’ « héritage », pour 51 millions de charges nettes, et 843 millions d’euros de bénéfices pour l’UEFA. 

C’est ton héritage

Cette fois, l’engagement financier de la métropole bordelaise est plus modeste – 2,2 millions d’euros, plus la mise à disposition de locaux, transports, etc. En retour, France 2023 s’engage à permettre à Bordeaux Métropole « d’accéder aux bénéfices de la compétition dans le cadre du programme Héritage (15 % des bénéfices de la compétition pour les sites-hôtes) ». En 2015, la coupe du monde en Angleterre a généré 210 millions d’euros de bénéfices, la dernière au Japon davantage encore

En outre, le comité d’organisation français s’engage à « prendre à sa charge l’ensemble des coûts relatifs à la mise à disposition du stade ». La négociation avec SBA, exploitant du Matmut Atlantique, aura donc lieu en direct, épargnant à la collectivité le mic-mac de la location en 2016.

Pierre Hurmic se dit donc « rassuré par les discussions franches » avec les organisateurs de France 2023, « qui ne veulent pas faire une manifestation hors sol, comme en atteste l’installation d’un directeur de site, qui sera notre interlocuteur local ».

Un bureau de France 2023 va en effet ouvrir quai de Paludate à Bordeaux, et sera dirigé par Paul Couet-Lannes, ancien joueur de rugby professionnel, entouré d’une équipe de 10 apprentis issus de Campus 2023, le Centre de Formation des Apprentis créé par le comité d’organisation. Et l’héritage devrait notamment se traduire par la formation des cadres et entraîneurs de clubs locaux.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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