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Jugés pour intrusion dans l’aéroport de Mérignac, les sept activistes attendent un verdict clément

Le 3 octobre dernier, sept militants écologistes ont déroulé une banderole sur le tarmac de l’aéroport Bordeaux-Mérignac pour dénoncer l’impact du secteur aérien sur le climat. Ce lundi 22 février, ils comparaissaient pour entrave à la circulation aérienne, au tribunal correctionnel de Bordeaux. Reconnaissant « la noblesse de la cause », le Parquet a requis des peines légères – 400 à 500 euros d’amende avec sursis. La défense a plaidé la relaxe.

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Jugés pour intrusion dans l’aéroport de Mérignac, les sept activistes attendent un verdict clément

« Le secteur de l’aérien est le plus polluant, le plus inégalitaire et le moins nécessaire. » Didier Swingedouw est climatologue, membre du Groupe d’experts intergouvernementale sur l’évolution du climat (GIEC). Il est venu apporter son soutien aux sept militants de l’association écologiste Action non-violente Cop21 (ANV-Cop21).

Le 3 octobre dernier, dans le cadre d’une action nationale menée par ANV-COP21, Alternatiba et Extinction Rebellion, des mobilisations ont eu lieu dans 18 aéroports français. A Bordeaux, les militants sont poursuivis pour entrave à la circulation aérienne. Avant l’audience, un rassemblement a réuni une centaine de personnes.

Les sept prévenus, en présence de Didier Swingedouw, climatologue, et Charlène Fleury, porte-parole nationale d’ANV-Cop21 Photo : VB/Rue89 Bordeaux

Devoir citoyen

Gaëtan est militant d’ANV-Cop21. Il fait partie du groupe qui a marché sur le tarmac de l’aéroport :

« Le 3 octobre, nous nous sommes rendus sur l’un des lieux du crime climatique. Le trafic aérien, c’est 7% des rejets de CO2. Nous n’avons pas désobéi, mais obéi à notre devoir de citoyen. »

Les prises de parole se sont succédées, suivies d’une haie d’honneur. Les prévenus ont pu compter sur le soutien de Loïc Prud’homme, député LFI de Gironde, mais aussi de scientifiques, comme Stéphanie Mariette, biologiste à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).

Haie d’honneur devant le tribunal de Bordeaux, en soutien aux sept activistes Photo : VB/Rue89 Bordeaux

La relaxe plaidée

La peine maximale encourue était de cinq ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende. Lors de l’audience, le procureur a requis des peines bien plus légères – 400 à 500 euros d’amende avec sursis –, reconnaissant « la noblesse de la cause » mais reprochant une méthode qui « enfreint la loi pénale ».

Sylvain Galinat, avocat au barreau de Bordeaux, assurait la défense des sept prévenus. Il a plaidé la relaxe pour état de nécessité :

« Il n’y a eu aucune violence. Six minutes sur le tarmac pour un danger climatique qui nous concerne tous. »

Louise, militante ANV-Cop21, comparaît. Avec les autres activistes, elle a témoigné, à la barre, de l’urgence d’agir :

« J’aimerais souligner que la chose la plus dangereuse qu’on peut faire à l’heure actuelle c’est de ne rien faire. »

Ce qui devait être le « procès de l’aérien » a été quelque peu expédié par la cour. Présents depuis midi devant le tribunal de Bordeaux, les prévenus ne sont passés en audience qu’à 19h30. Il leur a été demandé de « rester concis » sur l’exposé de l’impact du secteur aérien sur le climat.

Le verdict sera rendu le 29 mars prochain. Le procès de Bordeaux est le premier sur l’action nationale du 3 octobre 2020. A Paris, cinq militants sont convoqués au tribunal de Bobigny, en juin prochain, pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.


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