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Expositions et déambulations à Bordeaux et en Gironde
Culture 

Expositions et déambulations à Bordeaux et en Gironde

par Walid Salem.
Publié le 12 mars 2021.
Imprimé le 14 juin 2021 à 16:21
2 398 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Faire avec les restrictions de la crise sanitaire ? Quelques expositions qui se déroulent en ce mois de mars montrent que c’est possible. Annulées ou reportées depuis l’apparition du virus, elles ont trouvé la parade pour s’adapter aux consignes. Rue89 Bordeaux vous en propose une sélection qui illustre la ténacité des artistes et des commissaires à créer, coûte que coûte.

Que ce soit sur rendez-vous, en déambulant dans les rues de Bordeaux ou sur les routes de la Gironde, des artistes plasticiens de la région offrent en ce mois de mars leurs derniers travaux aux yeux du public. Toutes ces expositions sont marquées d’une manière ou d’une autre par les contraintes de la crise sanitaire. Leurs créateurs ont usé de stratagèmes pour parvenir à les montrer, conscients souvent de devoir tout reprendre ou tout inventer.

« Les gens qui s’installent » dans les vitrines

Initialement, l’exposition de Carole Lataste, « Les Gens qui », devait avoir lieu à la salle Mably du 12 au 30 mars. L’annulation pour des raisons sanitaires a évidemment déçu l’artiste qui s’est aussitôt mise à la recherche d’un plan B. De cette déception, la co-fondatrice des éditions N’a Qu’1 Œil (avec Benjamin Charles) a abouti à une révision de son projet.

Si l’on n’a pas de point de comparaison avec l’ancienne formule, la nouvelle a en tous cas suscité un remarquable élan de solidarité des commerçants du vieux Bordeaux. Ils sont 28 à avoir accepté l’accrochage d’une œuvre dans leurs vitrines. L’initiative vaut donc le détour. Ou plus précisément une boucle allant de la rue Bouquière, en passant par la place Fernand-Lafargue, rue du Pas-Saint-Georges, place Sainte-Colombe, et remontant par la rue Buhan.

Œuvre en vitrine (© Benjamin Charles et Carole Lataste)

« Les Gens qui » devient « Les Gens qui s’installent » et se passera en deux temps du 13 au 30 mars : une exposition permanente dans les 28 vitrines et également une exposition tournante à N’a Qu’1 Œil avec un nouvel accrochage chaque samedi après-midi. Ce samedi 13 mars, le premier vernissage se tient de 14 à 17h30.

« “Les gens qui” est un travail plastique autour de la relation, qui part toujours de mes photographies, écrit Carole Lataste. J’en propose ensuite une traduction dans des textes, des dessins, des peintures, des sculptures et des gestes dans lesquels je range mes sujets dans une approche formelle. Chaque pièce décline la suite de ce début de phrase dans un énoncé conjugué au présent, permettant ainsi de jouer à catégoriser tout le monde dans des actions contemporaines ».

« Les gens qui s’installent » de Carole Lataste
Du 13 au 30 mars 2021
N’a Qu’1 Œil : tous les jours du mardi au dimanche, de 14h à 17h30
Divers lieu à consulter sur la page Facebook

A propos de l’exposition sur le site de Carole Lataste

« De vanités », une exposition sans public

Annoncée pour le 3, 4 et 5 avril 2020, l’exposition a été reportée en raison de ce que vous savez. « De vanités » est à nouveau programmée le 12, 13 et 14 mars au centre culturel de Bouliac et réunit toujours les 12 artistes prévus. La version 2021 est cependant amputée de l’essentiel : son public. Dans une lettre, l’association du jardin des Asphodèles, organisatrice de l’exposition, écrit :

« Accepter d’exposer sans public pendant trois jours : c’est risquer son engagement artistique. Vous êtes le maillon social de la diffusion de la Culture, dans vos instances, dans vos engagements, dans vos positionnements, dans vos représentativités, dans votre quotidien. Vous aussi vous avez des solutions pour nous soutenir, même sans vous déplacer. Vous pouvez agir sur les réseaux sociaux, parler de nous au-delà de vos périmètres de compétence, confier à la com la rédaction d’un article, déléguer un photographe. […] Tout est à inventer, les rapports entre les artistes, l’accrochage, le décrochage, le non-vernissage, les coulisses, les interviews. »

Ainsi, Rue89 Bordeaux fait le choix d’ajouter cette proposition à cette liste et montrer les œuvres de cette exposition « non-essentielle » [voir diaporama ci-dessous] signées par Gérald Boulangé, Bernard Brisé, Jean-Charles Dotigny, Philippe Dufour, Bernard Duprat, Ken, Gaëtan Lembey, Christophe Massé, Pascal Pas, Jean-Louis Ricaud, Abdelkrim Srhiri, et Waldoo.

Pascal Pas écrit :

« Je fais partie des professions sinistrées, oubliées, de la crise. Je suis plasticien : quel mot sophistiqué. Encore plus que non essentiel, je suis non visible… Comment faire ? Il faut donc se réinventer, recycler son image, virtualiser ses propos, trouver des lieux d’exposition de passage. »

« De vanités », exposition organisée par Le jardin des Asphodèles
12, 13 et 14 mars
Centre culturel de Bouliac

SANS PUBLIC

« Noyau » d’ateliers

Six artistes, six ateliers, une exposition. Pour 2021, un des artistes, Alexandre Clanis, invite et confie son atelier à Bordeaux pour une exposition collective avec Camille Beauplan, Dalila Dalléas Bouzar, Duda Moraes, Emmanuelle Leblanc, et Erwan Venn.

Parallèlement à l’exposition qui dure quinze jours, six journées de rencontres dans les ateliers des artistes sont organisées pour une simple visite, ou pour assister à une conférence ou une performance. De cette façon, une déambulation est possible entre Le Tourne (Emmanuel Leblanc), Saint-Quentin-de-Baron (Dalila Dalléas Bouzar), Aubie-et-Espessas (Erwan Venn), Le Taillan-Médoc (Duda Moraes), Bègles (Camille Beauplan) et Bordeaux (Alexandre Clanis).

Atelier Alexandre Clanis (DR)

Porté par Föhn, une plateforme curatoriale née en 2018 avec Élise Girardot comme commissaire associée, ce projet s’intitule Noyau. Il pourrait se tenir chaque année et s’étendre à la région :

« En astronomie, le noyau est la région centrale d’une galaxie, où la densité et la luminosité sont maximales. Le noyau désigne aussi un petit groupe d’individus à l’origine d’une communauté plus vaste. »

« Noyau »
Du 13 au 28 mars 2021
Coreaú, 24 cours
Aristide-Briand à Bordeaux
Tous les jours de 14h à 18
Page Facebook

« Il y a une minute du monde qui passe » sur rendez-vous

Lauréate 2019 du prix du centre d’art Chasse-Spleen à Moulis-en-Médoc, Cassandre Cecchella y présente actuellement « Il y a une minute du monde qui passe ». Cette deuxième exposition de l’artiste originaire de la Haute-Garonne offre divers horizons et paysages, naturels ou urbains, exotiques ou pyrénéens, avec notamment des peintures d’autoroutes de la série Vinci et peintures surprises sous Plexiglass.

Cassandre Cecchella, « A62 : entrée Toulouse sortie Bordeaux », 2020, série Vinci (DR)

Dans un entretien accordé à l’association Bordeaux Art Contemporain, Cassandre Cecchella dit à propos de cette exposition :

« La série “Vinci” était attendue en tant que peinture à l’origine du Prix. […] On peut donc y avoir des peintures de la série « Vinci », mais aussi celle des “Brouillons”, “Google image” et enfin celle des Plexiglas “Les peintures surprises”. Elles nous parlent de couleurs, de motifs, de végétation. Mais elles sont surtout révélatrices d’un instant, d’un attachement à un détail de vie. »

Ces « souvenirs » sont visibles sur rendez-vous uniquement, en présence de l’artiste ces samedi 12 et dimanche 13 mars, et jusqu’au 20 mars 2021.

« Il y a une minute du monde qui passe » de Cassandre Cecchella
Jusqu’au 20 mars 2021
Centre d’art du Château Chasse-Spleen
, coorganisé avec BAM projects
32 Chemin de la Razé, 33480 Moulis-en-Médoc
Sur rendez-vous au 06 33 36 64 63, du lundi au vendredi, de 11h à 16h
Site de l’artiste

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
Une idée lui traverse l'esprit en 2013 et voilà que vous y êtes. Il espère faire de vous un fidèle abonné (le lien est dessous).

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