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Après l’effondrement de deux immeubles à Bordeaux, la crainte d’un effet domino
Société 

Après l’effondrement de deux immeubles à Bordeaux, la crainte d’un effet domino

par Victoria Berthet.
Publié le 21 juin 2021.
Imprimé le 19 septembre 2021 à 23:11
2 620 visites. 2 commentaires.

Dans la nuit du dimanche au lundi 21 juin, deux immeubles se sont effondrés, rue de la Rousselle, dans le centre historique de Bordeaux. Le bilan s’élève à trois blessés, dont un grave. Par précaution et par crainte d’un « effet domino », une dizaine d’immeubles aux alentours ont été évacués. Ces faits survenant quatre jours après l’effondrement d’un autre immeuble dans le quartier Saint-Michel, un audit va être lancé afin de répertorier les habitats à risques de la vieille ville.

Un tas immense de gravats. Dans la nuit de dimanche à lundi, les pompiers sont intervenus suite à l’effondrement des deux immeubles, rue de la Rousselle, dans le quartier Saint-Eloi de Bordeaux. Le bilan s’élève à trois blessés, dont un grave, transporté au CHU de Bordeaux.

Lundi 21 juin, le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, ainsi que son adjoint au logement, Stéphane Pfeiffer, se sont rendus sur place. En fin de matinée, le périmètre de sécurité a été élargi de 50 mètres. Les pompiers ont évacué encore cinq personnes. Ces dernières, qui logent en face des immeubles effondrés, étaient bloquées chez elles depuis dimanche soir sans eau, ni électricité.

Lundi 21 juin, au lendemain de l’effondrement des deux immeubles (VB/Rue89 Bordeaux)

Cellule de crise

L’un des deux immeubles, au numéro 21, a été revendu par le bailleur social InCité, il y a deux ans, à un propriétaire privé. InCité est également le gestionnaire de l’immeuble qui s’est effondré, mercredi 16 juin, rue Planterose, à Saint-Michel. L’autre immeuble de la rue de la Rousselle est aussi détenu par un propriétaire privé. Neuf personnes y logeaient.

Dimanche soir, de forts intempéries se sont abattus sur la ville. Mais pour Pierre Hurmic, il est encore trop tôt pour déterminer si les conditions météorologiques ont pu être un facteur déclencheur :

« Depuis hier soir, nous sommes en cellule de crise, souligne le maire de Bordeaux. Priorité a été donné au relogement et à la sécurisation. Concernant les causes de l’effondrement, il serait prématuré de s’exprimer maintenant. Après nous savons, de façon générale, que des conditions climatiques extrêmes comme celles que nous avons connues peuvent aggraver des situations préexistantes. »

Dès lundi matin, un expert a été dépêché sur les lieux de l’effondrement. Ses conclusions ne sont pas encore connues. En revanche, ce dernier a signalé le risque d’un effet domino. Dix immeubles environnants ont été évacués. D’après le maire, ces évacuations concerneraient une centaine de personnes. Les délais de retours dans les logements ne sont pas fixés. Le Palais des Sports accueille provisoirement une dizaine d’habitants.

Pierre Hurmic et Stéphane Pfeiffer se sont rendus sur les lieux de l’effondrement (VB/Rue89 Bordeaux)

Un audit lancé

Il y a moins d’une semaine, au 24 et 26 rue Planterose, un immeuble s’était déjà effondré, sans faire de victime. Il devait être détruit dans quelques mois. Un arrêté de péril imminent ayant été pris le 3 juin, les immeubles mitoyens ont été évacués par précaution.

Mais ceux de la rue de la Rousselle n’étaient pas dans ce cas de figure. Aussi, la Ville a décidé de réagir :

« Nous avons lancé un audit pour inventorier tous les immeubles du centre-ville historique qui présenteraient des risques. Dans une ville comme Bordeaux, 60% des résidences principales sont dans des immeubles qui étaient déjà construits en 1948. »

Cet audit répond à la demande formulée par le groupe d’opposition Renouveau Bordeaux. Lundi après-midi, dans un communiqué, les Marcheurs ont réclamé un « état des lieux précis sur la vétusté de immeubles de Bordeaux ».

Le permis de louer, voté en mars dernier à Bordeaux Métropole, a été cité comme un outil d’évaluation de la fragilité et la vétusté des bâtiments.

Quels données disponibles sur l’habitat vétuste dans Bordeaux ?

C’est là que le bât blesse. Dans le programme d’actions du parc privé de Bordeaux Métropole pour l’année 2018, 14 200 logements, ont été identifiés comme « susceptibles d’appartenir à la catégorie de logements indignes, soit 6% du parc ». Or ces données datent de 2011. L’audit lancé lundi 21 juin, devrait venir compléter une autre étude à l’initiative de la Métropole, en cours, sur l’insalubrité des logements privés.

L'AUTEUR
Victoria Berthet
Étudiante à l'IJBA, en alternance à Rue89 Bordeaux. Du terrain, des faits et de la nuance.

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