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Gribouillis, le nouveau festival BD qui se case à Bordeaux
Culture 

Gribouillis, le nouveau festival BD qui se case à Bordeaux

par Jordan Dutrueux.
Publié le 13 septembre 2021.
Imprimé le 08 décembre 2021 à 06:53
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Le nouveau rendez-vous pour la bande dessinée, le dessin et l’illustration jeunesse se déroulera du 16 au 19 septembre dans divers lieux culturels de la ville, avec pour point d’orgue le salon du livre dessiné au Garage Moderne. Rencontres, expositions, éditions… plus de cinquante auteurs seront présents. Ouvert à tous et gratuit, le festival coche les cases alternative et locale.

« Organiser un festival populaire pour toute la famille en montrant une sélection exigeante, rarement mise en avant en librairie. » Un pari, pour le dernier né des festivals de bande dessinée, résumé par sa programmatrice Sarah Vuillermoz. Du 16 au 19 septembre, Gribouillis mêlera BD, illustration jeunesse et dessin dans leur palette de singularités :

« Le projet est né il y a environ un an, et a fédéré un collectif de passionnés et professionnels du livre réunis par l’envie de faire découvrir plusieurs types de dessins, des traits non académique, agités, expressifs, un dessin parfois proche du surréalisme, etc. », explique l’ancienne libraire pendant quinze ans.

Au programme de cette première édition : sept expositions, des rencontres avec les auteurs et autres ateliers pour le grand public et les enfants. Pour les professionnels, un colloque autour de la recherche et de la création en illustration sera organisé. Le point d’orgue aura lieu les 18 et 19 septembre avec le salon du livre, au Garage moderne. Une cinquantaine d’auteurs seront invités lors du festival.

Une moitié d’auteurs et d’éditeurs de la région

A ne pas manquer pour Sarah Vuillermoz, la grande rétrospective à la bibliothèque Mériadeck consacrée à Florence Dupré Latour, dessinatrice adulte et jeunesse, et l’expo « Papa, Maman Fiston », dédiée au triptyque de Lucas Méthé – aux éditions Actes Sud BD – à la Mauvaise réputation.

(Lucas Méthé)

Les différents lieux culturels de la ville vivront ainsi au rythme de Gribouillis. Librairies et bibliothèques bien sûr mais aussi Fabrique Pola, l’IBoat ou encore l’Utopia. Deux films y seront proposés : Satoshi Kon, l’illusionniste, documentaire sur le réalisateur d’animation nippon (Perfect Blue, Paprika). Le cinéma projettera aussi en avant-première le film d’animation Le sommet des dieux, adaptation de l’œuvre de Jirô Taniguchi.

Le tissu local est une des raisons d’être du festival selon sa programmatrice. « Bordeaux fourmille d’auteurs avec lesquels on avait envie de travailler », à l’image d’Alfred ou de la Talençaise Marion Duclos qui présentera une lecture dessinée pour les enfants. En tout, la moitié des auteurs invités sont de Bordeaux ou de la Nouvelle-Aquitaine, la moitié aussi des maisons d’éditions locales. Les Bordelais des Requins Marteaux auront leur exposition et leur soirée d’anniversaire à la Fabrique Pola pour leur trente ans d’existence [voir encadré].

Des ponts avec les autres festivals

Pour sa première année, Gribouillis, lui, va devoir se faire un nom parmi les autres festivals de la région. A commencer par celui d’Angoulême, incontournable du neuvième art. La Cité Internationale et la Maison des auteurs figurent d’ailleurs dans la liste des partenaires de l’évènement bordelais.

« C’est de l’ordre de l’ébauche cette année mais on a envie de faire venir des résidents de la Maison des auteurs, de différentes nationalités. L’artiste argentin Sergio Aquindo vient par exemple cette année », précise Sarah Vuillermoz, qui fait partie du comité de sélection du festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Quid de Regard 9, autre rendez-vous de la bande dessinée à Bordeaux ? « Avec Gribouillis, on voulait proposer un évènement sur un autre temps. La plupart des festivals ont lieu en printemps ou été, nous c’est à la rentrée. On ne veut pas se marcher dessus », assure la programmatrice, ancienne bénévole à Regard 9.

Deux prix à dotation

Le festival Gribouillis affiche enfin la volonté de suivre le plus possible les préconisations de la charte des Auteurs et autrices en action (AAA). Le collectif s’était formé pour alerter sur la précarité des auteurs. Parmi les principes de cette charte qui seront appliqués lors de Gribouillis, la rémunération des auteurs sur les ateliers, expositions ou encore spectacles.

Dans cet esprit, deux prix des libraires seront décernés par les librairies indépendantes de la métropole bordelaise à une bande dessinée et un album d’illustration jeunesse. Dix ouvrages de chaque ont été présélectionnés par cinq librairies partout en France et deux membres de l’association du festival. Parmi les BD, on retrouve Lucas Méthé avec Maman amoureuse de tous les enfants ou Giacommo Nani avec Tout est vrai, chronique d’une corneille témoin d’un attentat terroriste.

Egalement membre du comité de lecture, Sarah Vuillermoz précise :

« On veut récompenser de jeunes auteurs ou ceux qui ont un trait original et que ce ne soit pas une médaille en chocolat. »

Les deux prix seront donc accompagnés d’une dotation de 1000 euros. Une bulle d’air dans une filière à l’économie fragile.

Le 18 et 19 septembre au Garage Moderne, 1 rue des étrangers.
Programmation complète du festival Gribouillis sur le site.

Les Requins Marteaux : Trente ans et même pas mort

« Même pas mort » : Le titre de l’exposition anniversaire est un clin d’œil à l’opération « Sauvez les requins » de 2011, lorsque la maison d’édition indépendante connaissait des difficultés financières. Dix ans plus tard, l’exposition pour les 30 ans convie une centaine d’artistes tels que Marjane Satrapi, Lewis Trondheim, Bastien Vivès ou Fabcaro autour d’un thème « Quoi de plus beau qu’une tête de mort pour célébrer la vie ? »

Univers étendu

L’aventure des Requins commence au début des années 1990 à Albi. Un collectif d’auteurs de « la nouvelle bande dessinée » se regroupe alors désireux, comme d’autres, de « s’affranchir du standard 48 pages cartonné couleur qui était soit de la BD d’aventure soit de l’humour », souligne Camille Escoubet, chargé des relations publiques et nouveau coordinateur éditorial.

Avec pour marque de fabrique « une veine humoristique décalée », les Requins Marteaux vont se réapproprier les codes du format BD mais aussi détourner ceux de la culture populaire. En 1996, la revue Ferraille est lancée et, avec elle, « une mythologie complète  » autour du personnage de Monsieur Ferraille : films, affiches et deux expositions, le Musée et le Supermarché Ferraille.

Bordelais depuis 2011

Depuis, l’équipe a bien bougé, les locaux aussi. Ils résident depuis 2011, en bord de Garonne à la Fabrique Pola. Les Requins Marteaux sont désormais présidés par Winshluss, récompensé du Fauve d’or à Angoulême en 2009 pour son Pinocchio. Un ouvrage « locomotive, qui a été réimprimé et continue d’être lu », se réjouit Camille Escoubet.

La maison d’édition publie une dizaine de livres par an et conserve intacte la volonté de multiplier les formats. « La revue Franky s’est arrêté mais si on arrive a se restructurer, on relancera peut-être l’idée d’une revue », espère le nouveau coordinateur éditorial.

« Même pas mort », du 17 septembre au 10 octobre à la Fabrique Pola, 10 quai de Brazza à Bordeaux.

L'AUTEUR
Jordan Dutrueux
Journaliste, passé par les bancs de l'IJBA. Fan des salles obscures et des idées claires.

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