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Les mégabassines torpillées par la cour administrative d’appel de Bordeaux

La Cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé ce mardi 17 mai l’arrêté préfectoral d’autorisation de création de cinq bassines.

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Les mégabassines torpillées par la cour administrative d’appel de Bordeaux

La Cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé ce mardi 17 mai l’arrêté préfectoral d’autorisation de création de cinq bassines, dont trois à Cram-Chaban, une à La Laigne et une autre à La Grève-sur-Mignon (Charente-Maritime), près du Marais poitevin. Elle a jugé toujours défaillante l’étude d’impact sur les milieux de ces réserves de substitution conçues pour l’irrigation agricole, censées stocker près de 1,6 million de m3 d’eau.

Pour la Confédération paysanne, cet arrêt livré après 14 ans de procédure « rend compte des insuffisances majeures des évaluations préalables à la construction de ces ouvrages ; absence d’informations sur les effets des prélèvements hivernaux sur la nappe ; références historiques des prélèvements obsolètes ; absence de sources des chiffres transmis… ».

« Pression des irrigants »

Selon le syndicat agricole, « les services de l’État autorisent donc ces projets non pas dans le cadre du respect de la loi sur l’eau, mais sous la pression d’une poignée d’irrigants ». Ces cinq bassines jugées illégales une première fois en 2018, « continuent à être remplies et utilisées », déplore la Conf’.

« Elles servent aujourd’hui un modèle agricole qui accroît les risques pour l’environnement et la ressource en eau : rotations courtes, sur-utilisation d’intrants chimiques et sur-utilisation de l’eau. Il est urgent de repenser le modèle agricole que l’irrigation doit soutenir. C’est un sujet de société majeur, dont l’urgence est exacerbée par ce nouvel épisode de sécheresse. »

« Nous étions en cellule sécheresse lundi, et on a découvert que les agriculteurs ont encore planté énormément de maïs », très consommatrice d’eau, a déclaré à France Bleu Patrick Picaud de Nature Environnement 17. Mais sans se faire d’illusion sur la détermination de l’État à autoriser le fonctionnement de ces réserves, même si à ce stade les irrigants n’envisagent pas de saisir le Conseil d’Etat

Pour un « débat transparent »

« Nous demandons à la Première ministre Élisabeth Borne, qui aura en charge la planification écologique, de mettre fin sans tarder à ces projets de mégabassines et d’engager en urgence un débat transparent avec tous les acteurs pour une gestion quantitative et qualitative de l’eau qui s’adapte réellement à l’évolution de la ressource », déclare la Confédération paysanne.

Dans un communiqué, le syndicat se réjouit en outre que son porte-parole, Nicolas Girod, objet d’une plainte pour vol de la part de Thierry Bouret, bénéficiaire d’une bassine de Cram-Chaban suite à des dégradations de la réserve lors d’une manifestation le 6 novembre, a été dispensé de peine. « Ce démontage est donc bien reconnu comme une action syndicale symbolique », estime la Confédération paysanne.

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