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A Mérignac, les habitants incités à composter leurs déchets alimentaires
Ecologie 

A Mérignac, les habitants incités à composter leurs déchets alimentaires

par Julie Malfoy.
Publié le 14 juin 2022.
Imprimé le 28 novembre 2022 à 16:21
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Sept points d’apports volontaires de déchets alimentaires viennent d’être installés dans trois quartiers de Mérignac. Objectif : pousser les habitants à ne plus jeter ces déchets qui peuvent peser plus de 30% des ordures ménagères alors qu’ils représentent une ressource importante. C’est l’une des initiatives du nouveau Plan déchet de Bordeaux Métropole, visant à mettre en pratique l’obligation légale de trier et valoriser ses biodéchets.

Une nouvelle petite poubelle va loger dans les foyers de Mérignac. 120 personnes se sont déjà inscrites sur internet pour récupérer leur « bio seau ». Les habitants peuvent aussi activer leur compte en scannant le QRcode présent sur chaque point de dépôt. Ce lundi 13 juin, une quinzaine de personnes étaient réunies pour l’inauguration de ces points de dépôt d’apport volontaire, dans lesquels seront vidés ces seaux.

Le principe ? Récupérer les déchets alimentaires (pelures, pain rassis, viande…) qui pèsent 30 à 40 % de la poubelle noire pour les transformer en compost.

« Composés à 80% d’eau, c’est un non sens écologique de les enfouir, les incinérer ou de les transporter au loin » souligne l’entreprise Up Cycle, qui a fourni les sept composteurs sécurisés à Bordeaux Métropole.

Du recyclage en circuit court

Ces points, composés de deux poubelles de 120 litres et d’une réserve à sac, sont implantés dans les quartiers Les Tourelles, Arlac et Montesquieu. Connectés, ils permettent aux utilisateurs de signaler un incident, un besoin de nettoyage ou une collecte. Par ailleurs, le gestionnaire a accès au taux de remplissage des points grâce à un système de capteurs, « pour optimiser les collectes », explique-t-on à Up Cycle. L’aération du compost, elle, se fait par de petits trous.

Après la collecte à Mérignac, les Détritivores récupèrent la matière, direction la plateforme de compostage quai de Brazza, à Bordeaux. Cette entreprise bordelaise s’occupe déjà d’autres points d’apport volontaire dans la métropole bordelaise pour Up Cycle, qui revendique une quarantaine d’installations en trois ans : dans une prison corse pour de la réinsertion, dans un quartier de la capitale, ou encore auprès d’entreprises.

Trois ans pour convaincre

L’expérimentation de Mérignac représente un coût annuel d’environ 35 000 euros pour Bordeaux Métropole, représentant le coût de la location des points d’apport, qui seront expérimentés pendant trois ans.

Ce test permettra notamment de voir si les habitants s’emparent du dispositif et comment, ou encore d’étudier la répartition des points de dépôt. Mais surtout, il faudra convaincre les habitants de Mérignac.

« Je me suis fait engueuler sur Facebook, on m’a dit ”ok il y a des points mais personne n’est au courant!” », raille le président de la métropole et maire de Mérignac, Alain Anziani, espérant que l’inauguration du jour aura son effet.

Les élus de la métropole inaugurent l’un des sept points d’apport volontaire à Mérignac (JM/Rue89 Bordeaux)

Un travail de pédagogie nécessaire

Une équipe de neuf administrateurs de Bordeaux Métropole va donc commencer ce travail pédagogique et accompagnement. Dans un périmètre de 100 mètres autour des points de dépôt, ils prévoient des temps en pieds d’immeubles pour démarcher les habitants, distribuer les bio seaux après inscription.

« Il y a une réelle volonté de réduire et de transformer au maximum les déchets en ressource », affirme Patrick Labesse.

Le Plan déchets, voté en mars par la métropole, prévoit une réduction de 15 % des déchets par an et par habitant pour 2030. Il souhaite valoriser 65 % de ceux-ci d’ici 2035, en matière ou en énergie. Ici, en compost. Plus tard, en biogaz. Trois lieux d’expérimentation de ce plan sont déjà mis en place, les deux autres sont des écopoints à Bègles et La Benauge.

La métropole s’oriente vers une démultiplication des points d’apports volontaires plutôt qu’un porte à porte généralisé, plus coûteux et peut-être moins efficace. Elle doit ainsi se plier à une obligation légale, prévoyant que tous les particuliers disposent d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets avant 2025 – une disposition déjà effective depuis 2016 pour les gros producteurs, et que les collectivités doivent mettre en œuvre pour les particuliers.

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L'AUTEUR
Julie Malfoy
Julie Malfoy
Des papiers, des photos et des illustrations. Passion enquête, exclusion et monde carcéral.

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