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La Rue Bordelaise se verdit et devient « Canopia »
Economie 

La Rue Bordelaise se verdit et devient « Canopia »

par Victoria Berthet.
Publié le 13 septembre 2022.
Imprimé le 27 septembre 2022 à 13:21
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Coordonné par l’Établissement public d’aménagement Bordeaux Euratlantique et le promoteur privé Apsys, pour un montant de 450 millions d’euros, le projet d’aménagement du quartier de la gare Saint-Jean a été rebaptisé « Canopia ». D’abord retoqué, puis amendé par l’actuelle municipalité, le projet tient désormais compte de l’utilisation de matériaux biosourcés et de l’intégration de façades végétalisées dans la conception. Côté offre commerciale, la mise en place d’un comité des enseignes doit permettre « d’éviter toute concurrence aux commerçants du centre-ville ».

« Un nom synonyme de poumon de la forêt, d’écosystème fertile » : Maurice Bansay, président fondateur d’Apsys, n’a pas manqué d’adjectifs pour décrire le projet de requalification urbaine du quartier de la gare Saint-Jean, auparavant dénommé Rue Bordelaise. Médiane entre le fleuve et la gare, le projet sera « irréprochable sur le plan environnemental », a assuré le promoteur.

Ce mardi 13 septembre, les avancées du programme ont été présentées à l’occasion d’une conférence de presse à la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) de Gironde.

Frugalité

L’année passée, le projet avait déjà été amendé par la nouvelle municipalité. Parmi les évolutions notables : la réalisation d’un parc et d’une ferme urbaine, le passage de 1000 à 2000 m2 dévolus à des commerces et des secteurs d’activités de l’économie sociale et solidaire, la suppression de 250 places de parking et l’ « anticipation de la réversibilité » de ce dernier. 6200 m2 de logements sont prévus, au lieu de 4000 m2 initialement, dont 35% de logements sociaux.

À l’aune du dérèglement climatique, le projet immobilier se conformera aux critères du label Bâtiment frugal bordelais. L’architecte Édouard François a détaillé les ambitions en termes de construction :

« Le projet sera en pierre, dans le respect des morphologies des bâtiments bordelais. Nous avons essayé de garder tout ce qu’il était possible de garder, dans l’idée de faire avec. Il y aura aussi un travail sur le recyclage des matériaux, avec les tuiles ou le béton cassés. »

Le projet prévoit 4300 m2 de toitures végétalisées sont prévues (ArtefactoryLab/Apsys)

6800 m2 de façades sont conservés et 95% de matériaux de déconstruction seront recyclés ou réemployés. Sur l’utilisation du matériau biosourcé qu’est la pierre, l’architecte a reconnu qu’il y a un « vrai problème de ressource » et une « filière à remettre en place ». Face à la problématique des îlots de chaleur, la conception intègre 4300 m2 de toitures végétalisées et 9100 m2 de surface végétalisées.

Quelle programmation commerciale ?

Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a exprimé sa volonté d’un projet « sur-mesure » pour la ville, qui « réponde aux orientations de la nouvelle municipalité », notamment en matière d’urbanisme. L’autre « impératif », selon le maire, est l’intégration d’un projet « dans le tissu commercial bordelais ». En 2021, la mairie avait ainsi obtenu la création d’un comité des enseignes. Ce dernier réunit les élus locaux, l’EPA, le promoteur, la CCI et la Chambre des métiers.

« Il faut un projet qui réponde à la fois aux besoins du quartier et à l’implantation de commerces absents du centre ville pour éviter toute concurrence. Le but est d’avoir des rencontres régulières et des échanges sur l’orientation de la programmation commerciale. Il y aura des rapports réguliers au comité de quartier, une réunion publique aura lieu d’ici la fin de l’année. »

Le promoteur Apsys a détaillé les « grands axes » des futurs commerces. Les 45 000 m2 de surfaces commerciales vont être répartis entre des « commerçants indépendants » issus du tissu local et de l’ESS, des « grandes enseignes de périphérie » comme celles spécialisées dans les meubles, le bricolage ou la jardinerie, mais aussi des « loisirs et de la restauration ». Apsys a annoncé la réalisation du projet « en une phase » et ambitionne une livraison « à l’horizon 2026 ».

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L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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