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En grève illimitée, les assistants sociaux du CHU de Bordeaux ne veulent plus être « invisibles »
Société 

En grève illimitée, les assistants sociaux du CHU de Bordeaux ne veulent plus être « invisibles »

par Alice Gapail.
Publié le 12 octobre 2022.
Imprimé le 06 février 2023 à 17:52
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Mardi 11 octobre, une quinzaine d’assistants sociaux du CHU Bordeaux ont lancé une grève illimitée pour obtenir la rémunération des heures supplémentaires réalisées depuis janvier 2022. Se sentant « oubliés » et « invisibles », ils tiennent à rappeler l’utilité de leur expertise au sein du parcours de soin du patient.

« On en a marre de bosser pour rien. » Mardi 11 octobre, les assistants sociaux du CHU de Bordeaux lancent une grève illimitée pour obtenir une meilleure considération de leur travail. Au quotidien, ces employés hospitaliers sont chargés d’accompagner les patients dans leurs démarches administratives (accès aux aides financières, retour au domicile après hospitalisation, orientation vers des structures médico-sociales, etc). Sur le rond-point du CHU de Bordeaux, drapeaux et pancartes en main, ils veulent se faire entendre :

« Nous avons formulé plusieurs demandes et elles ont toutes été acceptées, sauf l’indemnisation de dix heures supplémentaires par mois depuis janvier 2022 pour les 80 assistants sociaux du CHU », rapporte Pascal Gaubert, secrétaire général de FO Ouvrière CHU à Bordeaux. 

Au CHU de Bordeaux, tel que le présente le site de l’hôpital, un service social est disponible pour « aider à faire face aux difficultés générées par votre maladie ou votre accident dans différents domaines : les démarches administratives pour votre accès aux droits, les aides financières, les questions liées à l’emploi, l’organisation de la vie familiale et quotidienne par des aides à domicile, les orientations vers des structures médico-sociales ».

Plus de 37 heures hebdomadaires

Sur place, l’ensemble des assistants sociaux présents assure faire plus de 37 heures par semaine, le taux de travail hebdomadaire obligatoire :

« On fait minimum trois heures en plus. Pour certains postes, ça peut aller au-delà. Quand on est aux urgences ou en pédiatrie par exemple, on doit être tout le temps disponible pour répondre aux besoins des patients. On ne peut pas remettre ces tâches au lendemain », explique Isabelle, assistante sociale (AS) depuis 31 ans au CHU de Bordeaux. 

Le problème, c’est que ces heures supplémentaires ne sont pas payées, mais récupérées sur leur temps de travail. Un système qui ne satisfait pas les employés :

« Si on termine tard, on peut partir plus tôt le lendemain matin par exemple. C’est le serpent qui se mord la queue, car on a déjà pas suffisamment de temps pour travailler. Donc si en plus on doit poser des RTT… on s’en sort plus. On stocke des heures à n’en plus finir, ça n’a pas de sens », s’agace Valérie, AS depuis 23 ans au CHU. 

Les assistants sociaux sont en grève illimitée à partir d’aujourd’hui (DR)

Reconnaissance

« Pour faire fonctionner l’hôpital, ils ont besoin de nous » poursuit Valérie qui, comme d’autres grévistes, s’estime oubliée et lassée de travailler dans l’ombre. Sa collègue Sandrine, au CHU depuis 20 ans, dit « en avoir assez de tout accepter sans rien dire » avec « zéro reconnaissance ».

« On a une formation, mais surtout, on connaît le terrain et les pathologies. Nous avons donc une grande capacité d’adaptation, tout en étant capable de prendre en compte le patient. Ce sont des compétences qui doivent être reconnues », abonde Isabelle. 

Pour Pascal Gaubert, la grève est maintenue jusqu’à ce que le CHU réponde favorablement aux revendications :

« On continuera à faire des opérations coups de poing comme aujourd’hui. De temps en temps, les salariés poseront des heures de grèves et nous, on mettra la pression à la direction. »

Contacté, le CHU n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations. 

L'AUTEUR
Alice Gapail
Alice Gapail
En formation à Marseille et en alternance à Bordeaux. Passionnée par les sujets sur l'éducation, la culture, l'écologie et la santé.

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