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La mairie de Bordeaux et Darwin créent une coopérative pour sauver deux hangars de Bastide Niel
Politique 

La mairie de Bordeaux et Darwin créent une coopérative pour sauver deux hangars de Bastide Niel

par Victoria Berthet.
Publié le 13 décembre 2022.
Imprimé le 31 janvier 2023 à 21:20
638 visites. 2 commentaires.

Après plusieurs années de confusion, l’éco-système Darwin et la Ville de Bordeaux s’associent pour racheter à Bordeaux Métropole Aménagement (BMA) deux hangars sur le site de l’ancienne caserne Niel. La création de la coopérative a été votée à l’unanimité en conseil municipal ce mardi 13 décembre.

« C’est un travail en commun qui démontre que l’on peut parvenir à l’apaisement », souligne Philippe Barre, fondateur de Darwin. L’écosystème et la mairie de Bordeaux ont annoncé ce mardi la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) pour acheter et gérer deux hangars actuellement occupés par le skatepark et un dépôt Emmaüs.

Cette première du genre pour la municipalité est une « sortie par le haut », selon les protagonistes de l’accord. Celui-ci entérine six années de conflits entre Darwin, l’ancienne majorité municipale et Bordeaux Métropole Aménagement (BMA), aménageur de la ZAC Bastide Niel. Depuis 2016, et après les avoir occupés avec une autorisation temporaire, Darwin espérait garder les deux hangars qui se situent sur la ZAC alors que BMA les réclamait pour démarrer les travaux.

Alors maire de Bordeaux, Alain Juppé s’embourbait dans le conflit et, malgré une proposition de rachat et une tentative de médiation, l’affaire s’est enlisée. Siégeant dans les rangs de l’opposition, Pierre Hurmic s’était positionné comme défenseur de Darwin. Depuis, la direction de BMA a changé et le dialogue entre les collectivités et Darwin a pu être renoué.

Réhabiliter

Les deux hangars vont être rachetés à BMA à parts égales par la mairie de Bordeaux et la Foncière solidaire Darwin pour un montant total de 2,1 millions d’euros TTC. La SCIC, elle, aura un capital social de 1000 euros, partagé entre quatre sociétaires : la Ville de Bordeaux (450 euros), la Foncière solidaire Darwin (450 euros), le fonds de dotation Darwin (50 euros), et l’association la 58e (50 euros). Les statuts seront déposés au greffe dans les prochains jours.

Présentation de la SCIC au skatepark de Darwin (VB/Rue89 Bordeaux)

« Il a fallu près de deux ans de discussions » a reconnu le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, qui se félicite d’une opération correspondant aux « orientations politiques de la Ville » :

« Ces fonciers constituent de véritables communs entre Darwin et Bordeaux. Le fait de privilégier la réhabilitation au profit de la démolition répond aux critères du label Bâtiment frugal bordelais. La forme juridique originale de la SCIC va permettre de pérenniser les activités associatives de Darwin, lieu de vie majeur de notre territoire. »

Urgence climatique

Dans son programme initial de 2016, la ZAC Bastide Niel prévoyait la démolition des deux hangars. À la place, un parking et des logements sociaux devaient y être érigés. La construction de ces derniers vont être « compensés ailleurs sur la ZAC » a précisé la mairie.

Pour Philippe Barre, le projet de BMA ne convergeait pas avec « les besoins de la ville ». Ce dernier dénonce les logiques spéculatives des « grands promoteurs » :

« On veut construire trop et trop vite. Pendant des années, on nous a dit qu’on ne pouvait pas changer les choses. On ne va pas se mentir, BMA c’était un État dans l’État. Depuis, la direction a changé et nous avons pu élaborer des scénarios comme celui de la SCIC. Cet accord démontre que nous pouvons changer un programme pour plus de cohérence avec l’urgence climatique. »

D’un conflit l’autre

Logique que Philippe Barre aimerait voir appliquer par ailleurs. Après avoir été débouté d’un recours juridique contre le promoteur immobilier Marignan pour un projet à l’arrière du hangar Emmaüs, Darwin tente aujourd’hui de jouer la « conciliation ». Le projet, qui doit être livré en 2024, prévoit la construction de 35 appartements :

« On discute avec eux pour qu’il y ait une modification de leur permis de construire. Le jardin d’Emmaüs risque de disparaître. Mais on ne lâche rien, nous avons une écoute auprès du promoteur. »

Le fondateur de Darwin voit en la coopérative une amorce pour la régularisation d’autres fonciers de la ZAC. Ces régularisations pourraient, dans un premier temps, aboutir via des commodats (prêts à usage, essentiellement gratuits). Des discussions sont actuellement en cours entre la Métropole et la Ville à ce sujet.

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L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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