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Plus d’une centaine de manifestants contre la réforme des retraites sous l’œil des drones à Bordeaux

Un rassemblement à l’appel de plusieurs syndicats et collectifs s’est tenu ce mardi soir 9 mai sur le parvis des Droits de l’Homme. Plus tôt dans la journée, le tribunal administratif de Bordeaux a débouté un syndicat d’un recours contre un arrêté préfectoral autorisant la présence de drones.

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Plus d’une centaine de manifestants contre la réforme des retraites sous l’œil des drones à Bordeaux

Plus d’une centaine de personnes, deux drones et une dizaine de voitures de la BAC. Ce mardi à 18h, un rassemblement contre la réforme des retraites et les violences policières s’est tenu sur le parvis des Droits de l’Homme à l’appel de l’Assemblée générale des luttes de la Gironde, qui réunit plusieurs syndicats, collectifs et partis politiques.

Une semaine après l’interpellation et le placement en garde à vue de cinq personnes lors d’un rassemblement de soutien aux manifestants arrêtés le 1er mai, les prises de parole se sont succédées pour dénoncer la répression policière et une « politique arbitraire qui s’en prend à la liberté d’opinion et d’expression ». Quelques heures avant le rassemblement, une requête en référé déposée par SUD PTT 33 contre le déploiement de drones a été rejetée par le tribunal administratif de Bordeaux.

« Comme les LBD »

« Des moyens disproportionnés » pour Willy Dhellemmes, représentant syndical de Sud PTT 33 :

« Les drones ça risque de devenir comme les LBD. Au début on n’en voyait peu, c’était pour dissuader. Aujourd’hui, on en voit à chaque manifestation. Il faut attaquer chaque arrêté qui autorise le déploiement de drones. »

Rassemblement contre la réforme des retraites et les violences d’État mardi 9 mai Photo : VB/Rue89 Bordeaux

Au tribunal, soutenu par le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature et l’Association de Défense des Libertés Constitutionnelles, SUD PTT 33 a fait valoir une atteinte à la liberté de manifester et au droit à la vie privée. Mais dans son ordonnance, la juge des référés a statué sur la légalité de l’arrêté préfectoral :

« Il est constant que la captation d’images par drone permet une dispersion maitrisée du rassemblement, et permet de limiter la présence au sol des forces de l’ordre, elles même d’ailleurs porteuses de caméras embarquées, limitant ainsi les affrontements éventuels dans un but conforme à l’objet de la manifestation de lutte contre les “violences d’Etat”. »

De son côté, la préfecture justifie sa décision « compte-tenu des dégradations, des heurts avec les forces de sécurité intérieure et des sabotages des caméras de vidéoprotection constatés lors de certaines récentes manifestations intersyndicales ». « Nous laissons le soin à la population de s’interroger sur le sens de ces mesures liberticides qui visent à criminaliser les mouvements sociaux, à ficher la population et à surveiller l’espace public et privé », a réagi SUD PTT 33. Le rassemblement, lui, s’est déroulé sans heurt et s’est dispersé dans le calme, un peu avant 20h.


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