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Nous avons croisé Menni Jab, rappeur de la vie ordinaire

À 29 ans, ce rappeur de la scène émergente bordelaise s’apprête à sortir son premier EP intitulé « Merci pour les roses », produit sur le label girondin Soulbeats Music.

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Nous avons croisé Menni Jab, rappeur de la vie ordinaire

« Quand j’étais petit, je voulais devenir artiste, devenir une idole
J’y pense le midi en ouvrant le plastique des barquettes de Lidl. »

En costume et cravate, il déambule sur le parvis de la Défense, emprunte un métro bondé. Désabusé au milieu d’une foule pressée et indifférente, il « pète un câble ». L’enchaînement du quotidien n’a plus de sens, confine à l’absurde : « Je suis en prison dans un open space. »

Car il y a encore quelques mois, c’était bien Menni Jab dans les bureaux. Lundi matin, son dernier clip sorti en septembre, raconte sa désillusion du monde du travail. Le rappeur sortira son premier EP le 17 novembre prochain.

« C’est la musique qui m’a fait quitter mon boulot »

Menni Jab, anagramme de Benjamin Benabdelkarim, commence à flirter avec le rap sur les bancs de la prestigieuse école Polytechnique. Aux côtés d’autres étudiants ingénieurs, il fonde le collectif « Le Passage » et enchaîne concerts et festivals pendant 5 ans.

À l’aune de la pandémie en 2020, Menni Jab se lance en solo. Installé à Bordeaux, il quitte son travail d’ingénieur dans les énergies renouvelables pour se consacrer entièrement à la musique. Une conversion qu’il ne souhaite pas ériger au premier plan :

« C’est la musique qui m’a fait quitter mon boulot de l’époque. J’ai adoré mes études, mais je passais ma vie derrière un ordinateur à envoyer des mails. Je ne veux pas être vu comme le polytechnicien qui, tout à coup, plaque tout du jour au lendemain. Depuis petit, ce qui m’anime, c’est la musique. J’ai fait du piano, du violon et de la guitare. C’est en moi. »

Originaire de Nantes, c’est aux côtés de son grand frère qu’enfant, il découvre les « classiques » du rap et du hip-hop français à l’instar de NTM ou d’IAM. « Et puis après, pendant l’adolescence, j’étais très rock anglais « , décrit le rappeur, admiratif des textes de Youssoupha, Gaël Faye, Giorgio ou Brassens et Brel.

Autodérision

« J’ai l’impression qu’une grande partie des chansons à texte qui sortent aujourd’hui en France sont dans le domaine du rap », observe t-il :

« J’aime jouer sur les rimes. Trouver les bons mots pour parler de la vie ordinaire et universaliser des situations personnelles. Caricaturer permet de dédramatiser. Je ne suis pas en thérapie, je n’écris pas pour moi. »

Fan des univers de Tim Burton ou de Wes Anderson, il consacre une part importante de son travail à l’aspect « esthétique ». Couleurs pastels et néons : un univers pop se dégage dans les clips de Menni Jab, comme dans Brûlant ou Éclats de rire. Une diversité visuelle et sonore qui convainc autant les critiques rap que ceux de Radio France. La sortie du prochain clip, Horcruxes, est prévue le 31 octobre.

Menni Jab à Bordeaux Photo : VB/Rue89 Bordeaux

Celui qui a pour objectif la « scène nationale » ne délaisse pas pour autant l’accroche locale :

« On se connaît entre artistes de la scène rap, on s’invite à des concerts. J’aime bien avoir une base solide. Il y a de la place ici pour ce genre de musique même si la ville est originellement une terre de rock. »

« M’inscrire dans la durée »

Son premier EP, Merci pour les roses, fait écho à une phrase de Jean d’Ormesson « Merci pour les roses, merci pour les épines ». Une façon de dire qu’il faut célébrer « autant les bons que les mauvais moments de la vie » :

« Ça parle à tout le monde. Mon album est d’ailleurs construit comme une évolution avec une chanson sur la rupture, une sur la pression de la réussite en société… Le dernier titre, Merci pour les roses, est un peu comme un bilan. »

Menni Jab est accompagné par le label Soulbeats music, basé à Vertheuil dans le Médoc, notamment organisateur du SunSka festival :

« Bosser avec un label, ça me pousse. Je n’arrive pas encore à vivre de ma musique, ça prends du temps et c’est normal. Les plateformes de streaming rémunèrent peu. Il faut faire ses preuves et être bien entouré. »

Un travail qui commence déjà à payer. En 2020, le rappeur a été lauréat des Jeunes Talents Presse Océan. Deux ans plus tard, il rafle deux prix à la finale du Tremplin des 2 Rives, organisé au Rocher de Palmer, salle dans laquelle il se produira prochainement. « Je veux m’inscrire dans la durée, pas faire du buzz », résume Menni Jab, qui escompte se lancer dans sa première tournée en 2024.

Instagram @menni_jab
Site officiel


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