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Loi immigration : ces parlementaires girondins qui ont voté avec l’extrême droite

Le Sénat et l’Assemblée nationale ont approuvé ce mardi la loi immigration issue de de la commission mixte paritaire. Certains élus de la majorité ont joint leur voix à la gauche pour rejeter un texte consacrant certains principes chers au Rassemblement national, dont les députés ont voté pour.

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Loi immigration : ces parlementaires girondins qui ont voté avec l’extrême droite

Sur les 7 députés girondins de la majorité, une seule a osé s’opposer à la loi immigration : Alexandra Martin. L’élue de Bordeaux, qui remplace sur les bancs de l’Assemblée nationale Thomas Cazenave depuis l’entrée de ce dernier au gouvernement, fait partie des 20 frondeurs (sur 170 membres) du groupe Renaissance à s’être élevé contre ce texte, adopté mardi soir.

Jointe par Rue89 Bordeaux, elle n’a pas souhaité s’exprimer, dans le contexte de fortes turbulences que traverse la majorité présidentielle, avec la démission du ministre de la santé, Aurélien Rousseau. Alexandra Martin semble, en tout cas, partager sur ce texte l’analyse de Nicolas Thierry (Les écologistes), Loïc Prud’homme (La France insoumise) et Alain David (Parti socialiste), qui ont aussi voté contre, à l’unanimité de leurs groupes respectifs.

À l’Assemblée, 17 autres députés Renaissance se sont abstenus, dont Sophie Panonacle, députée du Bassin d’Arcachon. 5 autres élus de la majorité – y compris d’anciens membres du Parti socialiste, Florent Boudié, rapporteur de la loi, Eric Pouillat -, ainsi que Pascal Lavergne, et les deux élus Modem, Sophie Mette et Frédéric Zgainski, ont donc suivi la ligne de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur à la baguette d’une loi négociée avec les Républicains, et mêlé leurs voix à l’extrême droite.

« Victoire idéologique »

Marine Le Pen a ainsi pu revendiquer une « victoire idéologique » après le vote de la loi immigration ce mardi par le Sénat puis l’Assemblée nationale. Les 88 députés RN, à commencer par les deux élus de Gironde, Edwige Diaz, porte-parole du parti, et Grégoire de Fournas, ont donc approuvé un texte qui reprend de grandes principes défendus par l’extrême droite.

D’abord, il écorne le droit du sol, en n’accordant plus automatiquement la nationalité française aux enfants d’étrangers nés en France – ils devront en faire la demande à l’âge de 16 ans. Ensuite, il introduit une différence de droits entre les Français et les étrangers en situation régulière. Ceux-ci devront attendre cinq ans pour pouvoir prétendre aux allocations familiales ou aux APL (aide aux logements), deux ans et demi s’ils travaillent (trois mois dans ce cas pour les APL).

Enfin, il introduit de nouvelles barrières à l’accès au territoire. Il crée notamment une caution financière qui sera demandée aux étudiants étrangers en amont de leur délivrance de titre de séjour, dont pourraient être exonérés les élèves « modestes » ou au parcours « exceptionnel ».

« Mesures indignes »

La Conférence des présidents d’université, suivie mardi par 18 chefs d’établissements, dont Dean Lewis, à la tête de l’Université de Bordeaux, se sont donc élevés contre ces « mesures indignes de notre pays qui mettent gravement en danger la stratégie d’attractivité de l’enseignement supérieur et de la recherche française ».

Le regroupement familial et le droit au séjour des étrangers malades sont par ailleurs restreints, tandis que la régularisation des travailleurs sans-papiers, qui devait faire l’objet d’un droit opposable, sera laissée à la discrétion des préfets. Elle concernera quelques centaines de personnes, sur les dizaines de milliers qui cotisent aujourd’hui sans recevoir les fruits de la collectivité.

La Défenseure des droits a dénoncé de « graves atteintes aux droits des étrangers », qui pourraient d’ailleurs être retoquées par le Conseil constitutionnel, immédiatement saisi par Emmanuel Macron et par des associations opposées au texte. Mais la validation par un gouvernement de principes de l’extrême droite sonne la fin du « en même temps ».


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