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En rang dispersé, élus et syndicalistes locaux soutiennent la gronde des agriculteurs

Portée par la FNSEA, la colère des agriculteurs a touché la Gironde ce mercredi matin où la rocade bordelaise a été bloquée. Avec certaines réserves, la Confédération paysanne se dit solidaire du mouvement, alors que des réactions politiques locales se font entendre.

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En rang dispersé, élus et syndicalistes locaux soutiennent la gronde des agriculteurs
Blocage de la rocade par les agriculteurs mercredi 24 janvier

Après un blocage de la rocade de Bordeaux mené dès potron-minet, la mobilisation des agriculteurs girondins est maintenue jusqu’à jeudi midi sur l’axe routier. Si le soutien au mouvement fait consensus, les points de vue et les méthodes divergent.

La Confédération paysanne se mobilise

En retrait jusqu’ici d’un mouvement mené par la FNSEA et son émanation des Jeunes agriculteurs, la comité national de la Confédération paysanne fait le choix aujourd’hui « d’appeler l’ensemble des structures départementales à exprimer leur solidarité au mouvement, à se mobiliser et à porter des solutions durables de sortie de crise et de système » :

« Certes, une simplification administrative est nécessaire car beaucoup de procédures administratives et de normes sanitaires sont inadaptées à la réalité de nos fermes. Mais ne nous trompons pas de cible. La demande de la majorité des agriculteurs et agricultrices qui manifestent est bien celle de vivre dignement de leur métier, pas de nier les enjeux de santé et de climat ou de rogner encore davantage sur nos maigres droits sociaux », poursuit le syndicat dans un communiqué publié ce mercredi 24 janvier.

« Nous n’avons pas participé au blocage à Bordeaux parce que c’était sous la coupe de la FNSEA », confirme Dominique Teicher, porte-parole de la Confédération paysanne en Gironde :

« On ne va pas les suivre sur la remise en service des néonicotinoïdes [insecticides tueurs d’abeilles, NDLR], ni la suppression de l’Office français de la biodiversité. On n’est pas pour saccager tout ce qui reste. »

« Un modèle agricole à bout de souffle »

Localement, la Confédération paysanne appelle à rejoindre le Collectif Viti 33 pour une manifestation à Langon lundi 29 janvier. « Le sujet dont on ne parle pas, c’est notre interprofession (CIVB), qui est quand même à l’origine de la ruine des viticulteurs », indique Dominique Teicher :

« C’est un problème de plus en Gironde, il n’y a pas que des enjeux européens. Ils ont été contre l’arrachage. Ils ont mis en place un dispositif bancal. On va se retrouver avec un stock de vin qui va pas se tarir. L’interprofession ne publie plus les cours du vin : on casse le thermomètre pour pas voir qu’il y a de la fièvre. »

« Un modèle agricole à bout de souffle » : c’est ce que pointe, de son côté, le Groupe Ecologie et Solidarités du Département de la Gironde. Dans un communiqué, il déclare « soutenir cette colère » :

« Le Département de la Gironde, avec le soutien des écologistes, a choisi d’accompagner de manière volontariste, les agricultrices et les agriculteurs à travers sa stratégie Gironde Alimen’terre, la mise en place d’un réseau de fermes départementales, le développement des circuits courts, etc. Mais il ne peut pas pallier le manque d’engagement et les mauvais choix de l’État. »

Le groupe écologiste de la collectivité plaide notamment pour le renforcement de la protection sociale agricole et les politiques de prévention santé, la refonte de la politique commerciale en matière agricole, et un moratoire sur les accords de libre-échange. Enfin, il demande l’effacement des dettes des agriculteurs avec des plafonds et des conditions sociales et environnementales.

« Saison 2 de la réforme des retraites »

Pour Philippe Poutou, membre du conseil municipal de Bordeaux et ex candidat à la présidentielle pour le NPA, la colère des agriculteurs peut être une « saison 2 de la réforme des retraites » a t-il écrit sur X. Il appelle, sur Facebook cette fois, à une convergence des luttes :

« Qu’attendent les orga syndicales et celles du mouvement social pour discuter de s’y mettre aussi dans la bataille, à la fois en solidarité de ce que nous considérons comme juste dans le mouvement des agriculteurs et surtout sur nos revendications (services publics, salaires, embauches, blocage des prix, défense de l’environnement, anti productivisme et anticapitalisme…). »

Sur un autre registre politique, l’extrême droite laboure le champ de la colère. Les élections européennes en ligne de mire, le Rassemblement national tente de se faire le porte-voix des revendications des agriculteurs. Ce week-end, Jordan Bardella, tête de liste, était en déplacement dans une exploitation du Médoc, aux côtés des députés girondins Grégoire de Fournas et Edwige Diaz.

Sur le plateau de C ce soir, Edwige Diaz demandait un « plan Marshall pour la ruralité », dénonçant dans le même temps la « multiplication des traités de libre-échange » au niveau de l’Union européenne, qu’elle accuse d’encourager une « décroissance agricole ».


#agriculture

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