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L’édition 2024 de Trente-Trente, le format court bouillonnant de culture

Danse, cirque, musique, théâtre, cinéma… du 16 janvier au 2 février 2024, Trente-Trente déroule une programmation de trois semaines qui brasse tous les registres du spectacle vivant. Sur dix scènes de la métropole bordelaise et ses environs, 27 compagnies présenteront leurs créations, pour certaines inédites.

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L’édition 2024 de Trente-Trente, le format court bouillonnant de culture
Rapunzel de Melissa Guex

Enfermée par une sorcière au sommet d’une haute tour qui n’a ni porte ni escalier, une jolie princesse attend son merveilleux prince. La belle occupe ses journées à soigner sa longue chevelure blonde qu’elle lancera le jour venu par l’unique fenêtre pour que son sauveur la rejoigne. Seulement Mélissa Guex passe par là et rien ne se passera comme prévu.

Dans sa performance décapante, la chorégraphe suisse fait de Rapunzel (Raiponce) des frères Grimm une reine trash punk boule à zéro qui enverra bouler l’héroïsme viril. Elle est en première française de l’édition 2024 de Trente-trente, les 21e rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant.

Et c’est bien pour ces pépites, qui revisitent entre-autres les plus lourds clichés nichés dans nos esprits, qu’on aime ce premier rendez-vous culturel de l’année à Bordeaux. Illustration parfaite de ce que son fondateur, Jean-Luc Terrade, martèle :

« Pour moi, un bon spectacle doit déranger. S’il ne dérange pas, c’est que l’on reste dans des schémas déjà connus ou attendus. »

Hire Me, Please de Panos Malactos Photo : DR

Des premières et des inédits

A côté de Rapunzel de la Cie Sumo (26 janvier au Glob théâtre), d’autres premières françaises se jouent à Bordeaux. Le tourbillonnant danseur chypriote, Panos Malactos, présente ses deux performances Sadboi et Hire Me, Please (19 et 20 janvier à la Halle des Chartrons). Tout comme l’envoutant queer berlinois, Sébastien Abarbanell, pour Home (27 janvier au Glob Théâtre).

Trente-Trente 2024 affiche également une avant-première internationale avec Dark Horse de Meytal Blanaru (26 et 27 janvier à l’Atelier des Marches). La chorégraphe israélienne installée à Bruxelles, est une habituée des scènes bordelaises (Aurora en 2015 et Rain en 2020 à Trente-Trente, Undivided et Rain en 2021 au FAB-La Manufacture). Elle est de retour avec un solo présenté comme « une invitation à dépasser les stéréotypes binaires et à entrer dans un espace où la variation des personnes et des corps n’est pas un signe de faiblesse ou de menace, mais plutôt de diversité et de force ».

D’autres créations inédites sont au programme. S’il est difficile de tout énumérer ici, citons la création théâtre de la compagnie bordelaise Kaplan, Je dis elle, par Arnaud Poujoul (20 janvier à La Manufacture CDCN). Ce travail, dont un aperçu a déjà été donné à l’Atelier des Marches en 2022, est le deuxième volet d’une trilogie sur la relation de Marguerite Duras avec l’écrivain Yann Andréa, à qui elle avait confié la responsabilité de son œuvre littéraire après sa mort.

La création régionale fidèle

La création régionale tient sa place dans la programmation de 2024 avec sept compagnies et artistes. So Slow de la compagnie Les Limbes (Bordeaux – danse – 17 janvier au Marché de Lerme) et In the Wood de Frédéric Jouanlong et Sophie Agnel (Pau – musique – 27 janvier au Marché de Lerme), tous les deux en résidence régionale.

Mais aussi Encrages d’Audrey Poujoula (Bordeaux- musique – 20 janvier au Marché de Lerme), O Futuro e Ancestral de Sine Qua Non Art (La Rochelle – performance – 26 et 27 janvier à la Halle des Chartrons), Intervalles Fessenmeyer / Dumas de la compagnie La Cavale (Poitiers – danse – 26 janvier au Glob) et Storytelling de Nicolas Meusnier (Bordeaux – performance – 27 janvier au Glob).

De l’introspection familiale qui a débuté par Sitcom (Trente-Trente en 2022), et en bon habitué du festival avec de la suite dans les idées, Nicolas Meusnier reprend le chemin de la performance théâtrale psycho-intimiste. Des voix et des fantômes surgissent de ses interrogations sur la mort et sur la disparition. Et de ce qui peut prendre l’allure d’une séance de spiritisme, se révèle la quête d’un passé pour mieux s’en affranchir, comme de la douleur du deuil et du manque.

Desorden de Justine Berthillot Photo : Ximena Castro

Cirque aussi

Les arts du cirque tiennent une bonne place sur l’affiche 2024 avec sept créations. Aimons-nous vivants de Mathieu Ma Fille Foundation (création en cours – 19 et 20 janvier à l’Atelier des Marches), Queerass(é) de Mau Cugat (30 janvier à l’Atelier des Marches), Lontano de la compagne 7bis / Marica Marinoni et Juan Ignacio Tula (30 janvier Le Chapiteau Esplanade des Terres Neuves à Bègles), Landing de la compagnie X-Press (30 janvier Le Chapiteau Esplanade des Terres Neuves à Bègles), et Au commencement était la chute de Guilhèm Charrier et Jules Houdin (2 février à l’Agora PNC à Boulazac).

Wonderwoman (2 février à l’Agora PNC à Boulazac) est une création en cours qui fait l’éloge de la femme et de sa ténacité dans la société. Tout juste créée en mai 2023 autour de la Sicilienne Chiara Marchese, la compagnie WoW a voulu tisser ici l’histoire des femmes dans le monde à travers des éclats de mise en scène.

Desorden (2 février à l’Agora PNC à Boulazac) sonne comme le pendant de cet hommage avec une Justine Berthillot défiant la pesanteur avec ses patins à roulettes. Des chutes, des glissades, mais aussi des sursauts et de l’équilibre se composent sur les rythmes de Xavier Roumagnac à la musique électronique et à la batterie. C’est énergique et organique.

Toute la programmation sur le site internet de Trente-Trente
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