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Les taxis aquitains repartent à vide après leur mobilisation à Bordeaux

500 à 600 taxis aquitains se sont réunis à Bordeaux pour manifester leur opposition à la nouvelle convention proposée par la Caisse primaire d’assurance maladie pour le transport des patients en 2024. N’ayant pas reçu du préfet une promesse de réviser ce document, ils envisagent de porter l’affaire en justice et de rejoindre la mobilisation nationale à Paris.

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Les taxis aquitains repartent à vide après leur mobilisation à Bordeaux
500 à 600 taxis étaient mobilisés à Bordeaux selon les organisateurs

« J’ai distribué 500 chocolatines ce matin, et je peux vous dire qu’on était bien plus puisque tout le monde n’en a pas pris. » Le comptage est indiscutable pour Éric Roulière-Laumonier, président du Syndicat des taxis de Bordeaux Métropole et de la Gironde. L’appel à manifester ce lundi à Bordeaux a été suivi et il s’en réjouit :

« On s’est déplacés de cinq départements pour venir montrer notre colère à Bordeaux. Ça montre bien qu’on a une force et cette force, il faut qu’on l’utilise. »

L’utiliser comment ? Il est question maintenant pour les artisans taxis aquitains de « monter à Paris ». Mécontents de la nouvelle convention mise en place par la Caisse primaire d’assurance maladie pour 2024 et qui devait prendre effet le 1er février – avant d’être repoussée à fin février –, ils veulent s’unir pour faire entendre leur voix.

« Pas responsables » du trou de la Sécu

Cette convention imposerait des tarifications revues à la baisse (30% d’abattement au lieu de 16,5%) pour le transport de patients et la possibilité de transporter plusieurs patients dans une course. Révisée tous les 5 ans, la nouvelle convention n’aurait retenu « aucune des propositions des Fédérations Taxis ». Elle a été publiée au journal officiel le 4 janvier 2024 dans des « termes pas discutés ».

« Un avenant devait voir le jour en janvier pour l’année 2024 et prolonger les accords déjà en place. Cet avenant s’est transformé en une convention reconductible tacitement tous les ans et ce pour cinq ans », détaille un communiqué publié à l’appel à manifester.

Les artisans taxis disent subir l’inflation « comme tout le monde » et ne pas être responsable de la situation de la Sécurité sociale.

« Nous ne maîtrisons pas les dépenses pour le transport de malades et ne faisons que répondre à une demande. La désertification médicale nous amène à transporter les malades toujours plus loin […] et l’augmentation des malades et la population vieillissante grandissante sur notre territoire, nous n’en sommes pas responsables. »

Selon les syndicats, qui se disent conscient de devoir préserver la Sécurité Sociale, le transport de malades ne représente que 3% de son budget (ambulances et taxi confondus).

L’heure du bilan de la journée après que des représentants aient été reçus à la Préfecture Photo : WS/Rue89 Bordeaux

Assigner la convention CPAM

Après leurs opérations escargot sur la rocade tôt ce lundi matin, et ensuite dans le centre-ville, ils ont été reçus à 15h à la préfecture :

« Ils nous ont écoutés mais on ressort avec rien, se désole Éric Roulière-Laumonier. Des représentants de l’ARS (Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine) et de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) étaient présents comme nous l’avions demandé, mais ils n’ont fait que prendre note et ont promis de faire passer le message. Les artisans ont jusqu’à fin février pour signer, on a demandé un report et on attend la réponse. »

Mais d’ores et déjà l’idée d’assigner la CPAM en justice « pour casser cette convention » fait son chemin.

« La convention est individuelle et il faut que chaque artisan fasse l’assignation lui-même. Mais on va les accompagner dans cette démarche », promet le président du syndicat girondin.

Un peu avant 17h, les syndicats ont annoncé la fin de l’action aux dizaines d’artisans taxis réunis devant la préfecture, et peu décidés à en finir de cette manière : « On va repasser par la rocade tranquillement, pas pressés de rentrer ».


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