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La liquidation judiciaire de Railcoop prononcée par le tribunal de commerce de Cahors

Le tribunal de commerce de Cahors a rendu son verdict ce lundi 29 avril : la procédure de liquidation judiciaire de la société Railcoop est désormais officielle, sonnant le glas de l’entreprise ferroviaire.

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La liquidation judiciaire de Railcoop prononcée par le tribunal de commerce de Cahors
Carte diffusée par Railcoop.

Outre la cessation de ses activités, la société est également contrainte à la vente de ses biens pour régler ses créances en cours. Ses investisseurs, collectivités territoriales comme particuliers, perdent définitivement les sommes engagées, enterrant définitivement le projet de faire renaitre une ligne ferroviaire Bordeaux-Lyon.

« Le redressement judiciaire nous avait permis de stabiliser la situation, a rappelé Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, lors d’une ultime conférence de presse, le 16 avril dernier.

« Pour arriver à maintenir cette situation de stabilisation, il fallait que l’on cède deux rames. Nous n’avons pas pu le faire à cause d’un contentieux avec l’un de nos fournisseurs. En parallèle, on avait réussi à progresser sur le tour de table financier pour relancer la ligne. Malheureusement, cet événement ne nous permet pas de continuer à brève échéance. »

Inéluctable

Suite à un contentieux opposant l’entreprise ferroviaire à la société ACC-M sur les frais de stockage de deux rames, Railcoop a été condamnée à verser 160 000€ à son prestataire par le tribunal de commerce de Clermont, le 21 mars dernier. En parallèle, l’entreprise n’est pas parvenue à effectuer les levées de fonds nécessaires à la poursuite de son activité.

Malgré deux semaines de délai supplémentaire octroyé par le tribunal de commerce de Cahors – le délibéré devait avoir lieu le 15 avril – le placement de la société en liquidation judiciaire semblait inéluctable. Le site internet de la société est désormais inaccessible, après avoir été désactivé.

« On travaillait avec plusieurs fonds pour le démarrage d’une activité réduite, avec un aller-retour quotidien entre Bordeaux et Lyon, a indiqué Nicolas Debaisieux. Cette enveloppe était de 11 millions d’euros, et on avait eu des lettres d’intention qui permettaient de couvrir à peu près 60% de cette somme. Il manquait donc 3,5 millions pour lancer le service. Il y a un effet domino : comme on ne pouvait pas céder les rames, on ne pouvait pas investir notamment dans l’actualisation de l’étude de marché, ce bloquait l’arrivée d’investisseurs additionnels. »

Qui a perdu quoi ?

Sur 10 millions d’euros de levée de fonds, environ 7 millions ont été levés en parts sociales, 3 millions en titres participatifs. Concernant l’investissement de la trentaine de collectivités territoriales, il représente 13% du montant levé en capital social, soit environ 800 000€. Selon Nicolas Debaisieux, une somme équivalente « pour la plupart des collectivités » à environ 0,50€ par habitant.

Mais l’aventure Railcoop, c’est aussi et surtout près de 14 000 sociétaires, soit des personnes physiques ou morales qui ont misé sur la société depuis sa création en 2019. Parmi ces investisseurs, pléthore de particuliers, grands perdants à l’issue de la procédure de liquidation.

« Effectivement, comme toute entreprise placée en liquidation, il y a une perte en capital, explique Nicolas Debaisieux. Les montants investis par les souscripteurs sont donc perdus. »

Selon les informations recueillies auprès de Railcoop, le montant de souscription moyen pour les personnes physiques est d’environ 300 euros : un montant moyen donc, car certains sociétaires auraient investi « plus que la moyenne ».

Thierry Ollivier, animateur des Amis de Railcoop et représentant des sociétaires à Bordeaux, ne semble pas regretter sa mise sur la société : la perte « un peu atténuée » pour les sociétaires imposables.

« Moi, j’ai cru en ce projet, je trouvais important d’avoir cet acte citoyen, d’investissement citoyen. Ce n’était pas pour faire un placement financier. Il y a quand même de la déception, parce qu’on croyait dans cette société » déplore Thierry Ollivier.


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