« Notre colère gronde » : à Bordeaux, des milliers de femmes et d’hommes se sont réunis à partir de midi sur la place de la Victoire, une heure avant le départ du cortège sur le cours Aristide Briand. Une marche féministe à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits de la femme et des minorités de genre, en témoignent certains slogans, comme « De Stonewall à la Gironde, on ne se laisse pas invisibiliser : queers, fièr.e.s et révolutionnaires ! », « Sois écolo, plante un macho » ou encore « Stop aux violences sexistes et sexuelles ». »
« On ne peut compter que sur nous mêmes »
De la Victoire jusqu’à Stalingrad, les manifestantes et manifestants ont défilé au rythme d’une batucada et des prises de parole : militantes, organisations syndicales, collectifs politiques… Des temps forts ont marqué le parcours du cortège, notamment devant la Cour d’appel de Bordeaux.
« C’est ici que tant de femmes, qui ont porté plainte, n’ont pas été crues. Les fois où on est crues, qu’est-ce qu’il se passe à l’intérieur de ces tribunaux ? Rien ! On ne peut compter que sur nous-mêmes : leurs flics, leurs lois ne nous protégeront pas. Organisons-nous contre le patriarcat ! », s’exclame au micro Chloé, militante à l’AG féministe Gironde.
Quelques dizaines de minutes plus tard, la foule marque à nouveau le pas sur le cours Victor Hugo. Une banderole est déployée par les colleureur.euses depuis le sommet du parking avec le message « 1052 féminicides depuis 2017 : État complice ».

Dans la foule, Marie (prénom modifié) marche avec ses deux filles de 7 ans. Ce n’est pas leur première manifestation féministe.
« C’est important qu’elles viennent parce que ce sont des femmes elles aussi et que j’ai envie qu’elles voient des femmes se mobiliser pour leurs droits. »
« On va le faire et on va se battre jusqu’au bout »
En tête de cortège, Jeanne brandit fièrement ses pancartes, une main rouge dessinée sur la bouche et sur la poitrine.
« Ils nous disent de nous taire, ils nous font croire qu’on ne peut pas se faire justice, mais on va le faire et on va se battre jusqu’au bout. Ces mains, c’est pour tout ce qu’on nous interdit, c’est pour tous nos droits qu’on fragilise. »
Un peu plus loin, Christine, infirmière à la retraite, souligne être présente « à tous les 8-Mars. »
« Je suis surtout là contre l’inégalité salariale que subissent les femmes [NDLR : dont les salaires restent dans le privé inférieur de 14% à celui des hommes, à temps de travail et compétences identiques]. Alors que la sécurité sociale a un déficit énorme, réaliser cette égalité permettrait d’engranger les recettes nécessaires, » analyse-t-elle.
Après près de trois heures de défilé, la manifestation s’est achevée sans incident sur la place Stalingrad, suivie d’une assemblée générale à la Caserne B, organisée par l’AG féministe Gironde.
« Femmes, enfants, papillons : stop pesticides »
Alors que le cortège féministe battait le pavé du centre-ville, sept militants du mouvement Extinction Rebellion, les « red rebels » ont mené une action de sensibilisation afin de dénoncer « l’impact des pesticides sur la santé des femmes ». Une action visuelle réalisée par des intermittents du spectacle, accompagnée d’un tractage, entre le Grand Théâtre et la place de la Victoire.
Pour les activistes, qui ciblent spécifiquement le gouvernement et la FNSEA, « responsables sur le plan politique et du lobbying, le choix du 8-Mars pour cette action nationale est motivé par les risques auxquels les femmes sont exposées en raison de leur contact avec les pesticides :
« Nous souhaitons faire savoir que les femmes sont particulièrement touchées par cet empoisonnement, ainsi que les enfants qu’elles portent.. Selon les données de l’Inserm, les pesticides engendrent de nombreuses pathologies, parmi lesquelles la maladie de Parkinson et d’autres troubles cognitifs. L’exposition des femmes enceintes à ces produits a des conséquences sur leurs enfants, avec des risques de malformations et d’atteintes au développement neurologique, » détaille Orties, militant chez Extinction Rebellion.

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