« Vous me mettez la corde au cou car je n’ai plus de moyens pour vivre », lâche Marie Formey de Saint-Louvent. Cette sage-femme libérale de Libourne, suspendue deux jours plus tôt par l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, exprime ainsi une colère froide à l’attention de son directeur général, Benoît Elleboode.
Après avoir appris ce mercredi 5 mars au soir qu’elle était interdite d’exercer pendant 5 mois, elle était convoquée ce jeudi matin dans les locaux de l’ARS à Bordeaux pour s’entendre signifier cette sentence, et y réagir. Son audition est prévue à 9h, suivie à 10h de celle de Stéphanie Astrid Prieur, sage-femme bordelaise pratiquant l’accouchement à domicile, elle aussi suspendue.
Et elles ne sont pas seules : ce jeudi, une trentaine de personnes – quelques sage-femmes, beaucoup de parents avec leurs enfants, dont les deux mamans concernées au premier chef, et en bonne santé comme leurs bébés -, ont répondu à l’appel lancé par le collectif Accoucher chez moi 33. Toutes participent – souvent activement – aux débats, en tant qu’ « assistantes » des professionnelles à l’audience. L’ambiance tendue, mais les échanges francs de toutes parts.
« Dangers graves »
Tous les participants mobilisés par ACM33 s’insurgent des suspensions prononcées contre les deux professionnelles, décidées suite aux signalements envoyés à l’ARS fin décembre par le CHU de Libourne, et mi février par celui de Pellegrin. Deux de leurs patientes avaient dû être hospitalisées après leurs accouchements accompagnés à domicile – la première pour expulser le placenta, la seconde en raison de saignements post-partum.
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