Rue89 Bordeaux : Le Modef, la Confédération paysanne et la Coordination rurale appellent à un rassemblement à Mont-de-Marsan devant la préfecture, ce samedi à 10h. Quel est l’objectif ?

Mélanie Martin : Pour dire stop à l’abattage des bovins. C’est un rassemblement consensuel, pacifique, auquel s’associent tous les syndicats agricoles, sauf la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. On espère que la Coordination rurale ne sera pas à l’origine de dégradations comme celles qu’on a pu voir ces derniers jours, notamment à Agen et Bordeaux. La situation est hyper violente pour les éleveurs, et on comprend qu’elle puisse susciter de la violence. Mais pour le moment on ne s’inscrit pas dans cette ligne d’actions dures, et on compte sur l’intelligence de l’Etat.
Le gouvernement vient d’étendre l’obligation vaccinale des bovins à 8 départements, dont les Pyrénées-Atlantique, les Landes et le Gers. Qu’en pensez-vous ?
Il y a eu un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les Pyrénées-Atlantique, donc, malheureusement, le périmètre de la zone de vaccination est élargi. Le point positif, c’est que la vaccination des bêtes sera prise en charge par l’État. la difficulté, c’est qu’il n’y a pas assez de vaccins en stock pour l’ensemble des troupeaux !
« Les éleveurs n’y sont pour rien dans la diffusion des épizooties »
Quand bien même il y en aurait suffisamment, on se demande quelle est la logique de la politique sanitaire de l’Etat, qui exige l’abattage des troupeaux entiers, même si les animaux sont vaccinés. Dans les Landes, nous n’avons plus qu’une quinzaine d’éleveurs laitiers, mais depuis la grippe aviaire, nous ne connaissons que trop bien ces mesures de répression visant à enrayer une épizootie. Et cette gestion des crises sanitaires avec abattage des foyers et mise en place de périmètres ne fonctionne pas, puisque les propagations continuent.
Comment l’expliquez-vous ?
La politique de l’Etat pointe les éleveurs, mais ils n’y sont pour rien dans la diffusion des épizooties. On sait que le principal vecteur de la maladie, c’est les transports. Moins vous avez d’agriculteurs dans un territoires, plus les élevages se concentrent, et plus vous avez de mouvements d’animaux, notamment pour les départs à l’abattoir. C’est particulièrement vrai avec l’agriculture industrielle, qui segmente ses cheptels par âges, et multiplie les transports de bêtes.
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