Le secteur viticole bordelais est en plein ouragan. Une tempête économique et structurelle sans précédent, alimentée par la surproduction liée à l’effondrement de la consommation, ou aux nouveaux droits de douanes à 15% aux États-Unis – qui ont entraîné une baisse de près de 25% des exportations. Face à ces défis, la réduction de 15% du vignoble suite à la succession des plans d’arrachage parait encore insuffisante.
Certaines solutions émergent pourtant des modèles de soutien à l’agriculture de l’hémisphère sud, à l’instar des labels de commerce équitable. Fair for Life se présente ainsi, pour certains viticulteurs, comme un potentiel remède aux vertus mesurées.
« On est pas avares de notre sueur »
Depuis 2014, l’organisme certificateur de la filière bio, Ecocert, pilote ce label assurant aux consommateurs que les producteurs bénéficient d’un prix garanti au-dessus des coûts de production. Il promet aussi, entres autres, des relations justes entre collectifs et négociants, et des modes d’exploitation respectueux des hommes et de la nature, puisque 80% des produits labellisés sont en agriculture biologique.
L’engagement est novateur dans la filière vini-viticole française. Depuis septembre 2020, des vignerons bordelais ont adhéré à la démarche, notamment les Vignobles Gabriel & Co, le premier acteur français labellisé Fait for Life. Fondé à la fin des années 1990 par le producteur et négociant Jean-François Réaud, ce collectif regroupe 29 vignerons du Blayais et de la Rive droite de la Garonne, convaincus des bénéfices d’une entraide viticole pour le rayonnement de leurs vins.
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