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La solitude des barmaids face à la violence masculine dans le monde de la nuit à Bordeaux

Menaces, agressions verbales ou physiques, violences sexistes et sexuelles… Les femmes travaillant dans le milieu des bars sont surexposées, dans le silence le plus total et le manque de structures sur lesquelles elles puissent s’appuyer. Les rapports de domination se rejouent, à huis clos, noyés dans le brouhaha de la fête. 

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La solitude des barmaids face à la violence masculine dans le monde de la nuit à Bordeaux
Pauline*, 25 ans, Team leader depuis un an et demi pour le groupe Charles Wells

Si la plupart des barmaids sont passionnées par leur activité, certaines confient avoir déjà vécu ou assisté à une ou plusieurs agressions de tout ordre sur leur lieu de travail. L’accoutumance à ce genre de comportements se fait sentir en écoutant les témoignages : des récits de violences, ordinaires dans ce milieu, particulièrement quand on est une femme, ou perçue comme telle. 

« Un soir un homme que j’ai décidé d’arrêter de servir, a plongé son regard dans le mien pour me faire comprendre qu’il allait me frapper, confie Louise, 27 ans, alternante barmaid en 2023 au Dick Turpins, il commence à faire le tour du bar pour me confronter directement et heureusement ce soir-là il y avait un groupe d’amis […] qui l’ont arrêté avant qu’il ne vienne jusqu’à moi. Un autre soir, un client m’a dit qu’il se branlerait bien dans mes seins. Comment continuer à travailler dans ces conditions et passer outre le fait qu’on ne nous respecte pas ? ».

Aussi, un malaise traverse la profession, lorsqu’on est une femme, ou identifiée comme telle. À des conditions de travail éprouvantes, inhérentes au métier, s’ajoutent le poids d’un traitement différencié lié au genre. Margaux*, employée du Vintage group, confie se sentir régulièrement en danger sur son lieu de travail. Pauline*, elle, souligne la particularité de ce type de métier :

« Généralement ce sont des personnes sous alcool et/ou drogues, sauf que problème, on travaille avec de l’alcool… »

La consommation de boissons alcoolisées reste un facteur aggravant, à l’instar de l’agression à coups de poings d’une serveuse par un client du Theatro, en 2022. Mais elle n’explique pas à elle seule la violence dirigée spécifiquement contre les employées de bar. 

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