A chaque élection, la sécurité s’impose comme un sujet incontournable. La question est sujette à des interprétations diverses, selon les différents bords politiques, et souvent montée en épingle par l’extrême droite. Épouvantail régulièrement agité lors de la mandature de Pierre Hurmic, elle occupe naturellement une bonne place dans l’actuelle campagne des élections municipales.
Depuis l’été 2025, Bordeaux (265 000 habitants) traîne une réputation de « ville la plus dangereuse de France ». Celle-ci est née d’un classement établi par un site agrégateur de données en open data : ville-data.com (sur la base des chiffres du ministère de l’intérieur). Dans sa synthèse qui se veut « grand public », celui-ci avance le chiffre de 25 220 crimes et délits en 2024, ainsi qu’un taux d’habitants présentant « un risque d’être victime d’un crime ou d’un délit » de 95,052 pour 1000.
Bien que l’interprétation des chiffres et leur mis en parallèle avec la taille de la métropole de chaque ville française donnent d’autres lectures – « Bordeaux ne serait finalement pas la ville la plus dangeureuse de France » selon France 3, ou le média indépendant Bon Pote qui appelle à « présenter des chiffres vraiment honnêtes » – ce constat est venu nourrir un fort ressenti d’insécurité et est devenu l’argument d’un besoin sécuritaire. Sous la pression, Pierre Hurmic a fini par armer une brigade de sa police municipale en juillet 2025, malgré une opposition interne dans sa majorité, contenue tant bien que mal médiatiquement.
Contre l’armement de la police
A gauche de la majorité municipale, l’armement des policiers municipaux est devenu une nouvelle cible dans le dos du maire écolo sortant candidat à sa succession. Myriam Eckert, Philippe Poutou, tous les deux candidats à la mairie de Bordeaux (Collectif Bordeaux en Luttes pour la première, NPA pour le second), y sont toujours opposés.
Nordine Raymond, candidat LFI, est sur la même longueur d’ondes. « Ce n’est pas le rôle de la police municipale d’avoir des armes », avait-il déclaré sur TV7, promettant au passage de la désarmer « parce qu’il n’y a aucune étude objective qui démontre que c’est utile pour calmer des conflits ». Il rappelle également que la sécurité est de la responsabilité de l’Etat :
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