
À la Maison cantonale, dans le quartier de la Bastide à Bordeaux, Philippe Dessertine devait tenir le deuxième meeting de sa campagne d’entre les deux tours. Ses partisans l’attendent avec la crainte d’une annonce d’un retrait. La rumeur a déjà fait le tour et la déception est sur les visages. Aucun ne souhaite s’exprimer avant l’allocution de l’ex candidat, qui n’a pas présenté de liste pour le second tour.
« Celui qui a perdu la ville il y a 6 ans s’appelle Thomas Cazenave », disait Philippe Dessertine
Le désistement de Philippe Dessertine est un vrai coup de théâtre. L’économiste libéral, qui a dépassé les 20% dimanche soir, a toujours affirmé qu’il irait jusqu’au bout, refusant toute négociation d’appareil. « Personne ne nous voit passer de 20 % à 30 % en fin de semaine, comme personne ne nous a vus arriver à 20 % au premier tour. On progresse, les autres candidats baissent : la dynamique continue », déclarait-il dimanche soir.
Le 10 mars, lors d’une conférence de presse, le candidat sans étiquette égratignait ce rival auquel il dégage aujourd’hui la route : « Celui qui a perdu la ville il y a 6 ans s’appelle Thomas Cazenave. Il y a 6 ans, Thomas Cazenave par un accord improbable, alors qu’il était largement minoritaire, avec le maire sortant Nicolas Florian a réussi par ce tour de passe-passe à perdre la ville. »
Il fustigeait en ces termes toute discussion : « Lorsque nous sommes en démocratie, nous ne sommes pas propriétaires de nos votes. Si les personnes qui votent pour moi continuent de voter pour moi c’est qu’elles estiment qu’aucun autre choix ne peux les satisfaire. » Et s’adressait directement, à travers la presse, au candidat macroniste, qui avait additionné dans un visuel les scores que leur prédisait un sondage pour conclure que Bordeaux était gagnable :
« Comment peux-tu imaginer que les électeurs vont décider au second tour de la sorte ? Tu n’en sais rien ! Tu dois respecter la démocratie, tu dois respecter l’élection. Je n’en peux plus de ces rumeurs de calculs, de ces rumeurs de négociations, toutes fausses, autant qu’elles sont avec comme seul but de salir la logique démocratique. »
Nordine Raymond, candidat (France insoumise) éliminé au premier tour, réagit à cette nouvelle d’un duel Hurmic-Cazenave. Selon lui, le député Renaissance est un très mauvais candidat de second tour, en raison d’un « plafond de verre » lié à son positionnement macroniste, qui complique son ancrage à droite :
« Il est vu par des électeurs bourgeois traditionnels de la droite à la fois comme quelqu’un d’assez rigoureux sur les comptes publics, et à la fois comme quelqu’un qui peut faire des trucs un peu « woke », type la PMA pour les couples lesbiens, ce genre de choses très décriées à droite. »
Conséquence, à ses yeux : Il va avoir de mal à rassembler les partisans de Dessertine » et même « les partisans de l’extrême droite, qui se seraient reportés très facilement sur Dessertine mais auront plus de mal sur un macroniste. Donc je pense que Cazenave peut perdre des voix. »
Pour Nordine Raymond, Pierre Hurmic devra néanmoins réaliser une équation difficile, en allant « chercher la totalité des voix à sa gauche – 17 000 ». Il précise : « Autant les électeurs LFI, je n’ai pas de doute, ils votent pour le candidat de gauche. Ceux de Poutou et les autres, c’est déjà un peu plus compliqué. » Le candidat écolo « va devoir à la fois convaincre des électeurs de gauche radicale, tout en continuant de parler à des électeurs de centre ».
Le candidat sorti au premier tour dit cependant ne pas vouloir faire une « déclaration publique pour appeler à voter Pierre Hurmic ». « Nos électeurs savent ce qu’ils ont à faire. On n’en est pas propriétaires. »
Bonsoir et bienvenu dans ce live ! On se dirige finalement vers un duel à Bordeaux. Le candidat indépendant Philippe Dessertine a annoncé la tenue à 19h d’une « allocution publique » destinée à « clarifier son positionnement par rapport à ses principaux adversaires ».
Selon Sud Ouest, ce dernier n’a pas déposé de liste pour le second tour, confirmant nos informations sur un retrait du candidat, ou une fusion des deux listes de centre-droit.
L’économiste libéral, qualifié pour le second tour des municipales à Bordeaux, devait tenir un meeting ce mardi soir. De son côté, Thomas Cazenave, qui avait convoqué la presse à 18h pour une nouvelle communication sur la configuration du second tout, a repoussé ce rendez-vous à 20h, après la prise de parole de Philippe Dessertine.
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