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Comment la CUB négocie son virage à droite
Politique 

Comment la CUB négocie son virage à droite

par Simon Barthélémy.
Publié le 1 avril 2014.
Imprimé le 05 août 2021 à 04:01
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Alain Juppé entouré des deux nouvelles maires de la CUB, Agnès Laurence-Versepuy et Anne-Lise Jacquet (SB/Rue89 Bordeaux)

Alain Juppé entouré des deux nouvelles maires de la CUB, Agnès Laurence-Versepuy et Anne-Lise Jacquet (SB/Rue89 Bordeaux)

Avec 14 maires, dont celui de Bordeaux, et 63 conseillers sur 105, la droite prend donc en main le volant de la CUB, et son milliard et demi de budget. Quelle politique va-t-elle y conduire ? Quels projets vont être remis en cause ? Éléments de réponse suite à la conférence de presse d’Alain Juppé et de ses collègues maires, ce lundi.

Au lendemain des élections municipales, les élus de droite de la communauté urbaine se sont réunis lundi matin. Encadré des deux seules maires de son groupe « communauté d’avenir », Alain Juppé a plus parlé de gouvernance, et notamment de la poursuite de la cogestion, que du fond des dossiers. Mais à l’écoute des déclarations des uns et des autres, et à la lecture du programme de Communauté d’avenir, voici ce qui attend les habitants de l’agglomération bordelaise.

La CUB recentrée sur ses compétences ?

Sur la méthode, Communauté d’avenir souhaite que la CUB « concentre ses moyens sur ses compétences actuelles tout en déléguant aux communes, selon le principe de subsidiarité, tout ce qui se rapporte à la proximité », notamment la propreté. Maire d’Artigues, Anne-Lise Jacquet ne voit pas non plus pourquoi la CUB devrait se mêler de culture ou de sport, comme l’organisation d’un marathon…

Cette position risque toutefois de se heurter à la transformation de la CUB en métropole, qui va entraîner une extension des compétences communautaires. Mais aussi à la volonté des élus eux-mêmes de mutualiser pour faire des économies. Alain Juppé a ainsi déclaré lundi qu’il souhaitait fusionner les directions générales de la ville centre et de la métropole…

Cogestion : c’est reparti comme en 40

Alain Juppé a tenu dès lundi à rassurer la « minorité » (et non l’opposition, tient-il à préciser) à la communauté urbaine : la majorité de droite compte « respecter la personnalité de chaque commune » et entend proposer bientôt un « projet d’accord pour partager les responsabilités » avec les élus de gauche.

La cogestion, méthode de gouvernance en vigueur depuis la création de la CUB en 1968, a donc encore de beaux jours devant elle. Ce n’est pas une surprise : alors que pendant la campagne la gauche critiquait un système qui gomme les divergences politiques au profit d’accords entre appareils, et que Vincent Feltesse souhaitait remplacer par un vrai « programme commun métropolitain », Alain Juppé a redit son affection pour la cogestion, inaugurée par Jacques Chaban-Delmas, son prédécesseur à la mairie de Bordeaux :

« Je veux donner l’exemple à Bordeaux  du travail en commun, où le parti qui gagne ne confisque pas tous les pouvoirs ».

Les 14 maires de gauche devraient ainsi pouvoir hériter de vice-présidence, tout comme les simples conseillers communautaires, du moins s’ils sont du même bord que leur maire. Et s’ils s’entendent sur la plateforme de collaboration droite-gauche…

Quelles priorités à droite ?

Sur le fond, les principaux axes du projet de Communauté d’avenir sont, selon Alain Juppé, la mobilité, les transports, l’économie et l’emploi, le logement, le cadre de vie et la « haute qualité de vie » dans l’agglomération.

Côté transports, seule la question du stationnement a été évoquée lors de cette conférence de presse inaugurale. Mais deux projets de la droite communautaire risquent de faire polémique : destinée à délester la rocade, la création de trois barreaux autoroutiers est critiquée par la gauche comme un ersatz de grand contournement. Ils relieraient à l’est de l’agglomération l’A10, l’A89, l’A62 et l’A63.

Pour desservir en transports en commun la rive droite, l’aéroport, Saint-Médard et Gradignan-Talence, la volonté de créer de nouvelles lignes de tramway risque elle de se heurter aux dures réalités financières.  Pour dégager des moyens, la droite prévoit d »‘augmenter raisonnablement le tarif des transports ».

Le projet de Communauté d’avenir prévoit par ailleurs de lancer un « plan haute qualité de vie » pour « inscrire le territoire dans la transition énergétique » et « imaginer une agglomératin post-carbone ». La droite veut par ailleurs pousser la CUB à agir en faveur de la prévention des crues, en prennant en charge « l’entretien des digues, le curage des fossés et autres, partout où il y a nécessité ».

Des projets bientôt enterrés ?

Communauté d’avenir va-t-elle tirer un trait sur les projets lancés par Vincent Feltesse ? Alain Juppé demande notamment « qu’on étudie à nouveau les conséquences financières d’une résiliation anticipée du contrat » de concession de l’eau potable avec  la Lyonnaise, dont le coût est selon « Communauté d’avenir » estimé à 110 millions d’euros.

Si certains nouveaux maires ont gagné en critiquant des projets partiellement financés en par la CUB, comme l’extension du zoo de Pessac, la nouvelle majorité a préféré lundi éviter d’aborder les sujets qui fâchent.

Alain Juppé s’est en revanche prononcé pour la poursuite des projets de la présidence sortante de la CUB, déjà validés par la Ville de Bordeaux. Il cite la construction de la grande salle de spectacle à Floirac et celle du futur pont Jean-Jacques Bosc. Mais aussi l’objectif d’une métropole à un million d’habitants, ce qui implique la construction de nouveaux logements, contestée dans certaines communes.

L’édile bordelais a souligné qu’il ne remettrait pas en cause le développement du logement social. Le programme de Communauté d’avenir prévoit toutefois d’ « augmenter les aides concernant l’accession sociale à la propriété en les portant au niveau de l’aide au locatif social (actuellement environ 10 000 euros pour le social, contre seulement 3 000 euros pour l’accession) ».

Pour ce qui concerne les locataires de l’hôtel de la CUB à Mériadeck, la passation de pouvoirs entre Vincent Feltesse et Alain Juppé devrait intervenir le 11 ou le 18 avril.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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