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Les intermittents chahutent les spectacles à Bordeaux

La grève des intermittents a entraîné ce mercredi le remplacement du spectacle inaugural du Festival Chahuts par un débat avec le public. Les militants ont aussi tenté de bloquer l’accès aux concerts à la Patinoire Mériadeck et à l’Auditorium.

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Les intermittents chahutent les spectacles à Bordeaux

Les intermittents grévistes sur la scène du TNBA ce mercredi (Photo Rue89 Bordeaux)
Les intermittents grévistes sur la scène du TNBA ce mercredi (Photo Rue89 Bordeaux)

« On ne revient pas de vacances, mais de luttes. » Ce mercredi soir, les intermittents s’installent sur la scène du TNBA, s’assoient et prennent leurs aises. La représentation inaugurale du Festival Chahuts des Arts de la Parole qui devait s’y dérouler est annulée. Dans le public, aucun mécontentement. Au contraire, le dialogue se noue entre les intermittents et les spectateurs.

La coordination des intermittents a fait le choix de passer à l’action en fin d’après midi ce mercredi. Si Chahuts est le premier touché, le festival des Arts de la Parole est loin d’être une cible. Il s’agit plutôt d’un lieu de rencontres, d’un tremplin. Pour certains intermittents, comme Tom Linton, empêcher la manifestation culturelle est même un crève-cœur :

« Bloquer Chahut est une décision déchirante pour nous tous. Plusieurs d’entre nous ont fondu en larmes lors du vote en assemblée générale. Nous connaissons bien les organisateurs et il y a un rapport presque affectif avec ce genre de petit festival. C’est un peu paradoxal mais nous n’avons pas d’autre choix pour nous faire entendre. »

Les manifestants tentent de bloquer deux autres spectacles : l’entrée du concert de The Voice à la Patinoire Mériadeck mais aussi celle de l’Auditorium de Bordeaux, où se produit Wayne Shorter. Trois lieux, trois publics et trois fortunes diverses.

 « On ne joue plus »

Si le TNBA et le festival Chahuts accueillent les intermittents, le public de la Patinoire Mériadeck, très jeune, est visiblement plus dubitatif. Quant à celui de l’Auditorium, il est carrément hostile. Sur place, quelques insultes fusent. Plusieurs cars de CRS sont déployés. Les forces de l’ordre ne tardent pas à intervenir et à malmener les manifestants.

« Il n’y avait pas de coup de matraque mais ils nous poussaient, comme des joueurs de rugby », raconte l’un d’eux. Un second observe « des cheveux tirés et des clés de bras ».

« Nous voulons vivre de nos métiers », « Créer c’est résister », « On ne joue plus », scandent les militants. Ils contestent la convention signée en mars entre l’Etat, le patronat (le Medef, la CGPME et l’UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, FO). Si cet accord ne remet pas en cause les dispositifs d’accès au statut en place depuis 2003, il plafonne le cumul salaire-indemnités chômage et prévoit d’augmenter les cotisations sociales des intermittents.

La poursuite des manifestations est suspendue à celle de la procédure d’agrément par le ministre du Travail. François Rebsamen doit se prononcer d’ici à la fin juin sur l’accord conclu par les partenaires sociaux en mars.

Chahuts avant la tempête

Les militants notent que la mobilisation n’avait pas atteint une telle ampleur depuis 2003. Suite à un préavis de grève, le mouvement est national : à Toulouse, Montpellier, Rouen ou encore Châlons-en-Champagne, les spectacles et festivals sont également perturbés. La tenue du festival d’Avignon paraît à son tour menacée.

A Bordeaux, des actions sont prévues ces prochains jours. Des débats se tiendront pendant le festival Chahuts, les représentations ne devraient plus être impactées. Mais les intermittents préviennent : s’ils ne sont pas entendus, la saison des festivals pourrait en subir les conséquences.


#auditorium

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