Parking des Grands Hommes : Bordeaux renégocie avec Vinci
Politique 

Parking des Grands Hommes : Bordeaux renégocie avec Vinci

actualisé le 30/09/2014 à 09h55

Matthieu Rouveyre et Emmanuelle Ajon devant le parking des Grands Hommes (XR/Rue89 Bordeaux)

Matthieu Rouveyre et Emmanuelle Ajon devant le parking des Grands Hommes (XR/Rue89 Bordeaux)

Veni, vidi, Vinci pour l’opposition ce lundi au conseil municipal de Bordeaux ? A l’issue d’échanges animés sur le parking des Grands Hommes, Alain Juppé a annoncé, à la surprise générale, qu’il allait renégocier le contrat avec le concessionnaire, Vinci Park.

« Nous avons engagé des discussions avec Vinci pour renégocier ce contrat, a révélé le maire de Bordeaux, et nous vous proposerons une solution avantageuse pour la ville » lors d’un prochain conseil municipal en octobre.

Alain Juppé a ainsi tranché un débat qui tournait au vinaigre pour la mairie, suite aux révélations du PS sur un deal très profitable à Vinci – en 2013, le groupe gestionnaire du parking a réalisé 732 466 euros de bénéfices, quand il ne reverse chaque année depuis 2005 que 152 euros à la ville (les 15 premières années, les recettes étaient réparties fifty-fifty).

Nicolas Guenro, conseiller municipal ayant débusqué le lièvre, a d’abord enfoncé le clou contre ce « contrat effarant », qui court sur 33 ans :

« En 10 ans, de 1988 (date de début de la concession) à 1998, tous les prêts étaient amortis, et Vinci a cumulé depuis 7,3 millions d’euros de bénéfice net, avec un taux de rendement de 30% franchement scandaleux vu que le risque était nul » (une clause prévoyait que si le parking ne réalisait pas les recettes prévues, la ville prenait la différence à sa charge).

Pire, assure l’élu socialiste, depuis 1988, la ville serait même contributrice nette dans cette affaire : elle n’aurait perçu que 1,65 million de redevance, contre 2 millions versés en aides diverses à la SNC, la société exploitant le parking, filiale de Vinci Park.

« Pas élu par Vinci »

Des chiffres contestés par Alain Juppé, qui estime à un peu plus de 2 millions les redevances reçues par la mairie.

« Ce parking n’a pas coûté un centime à la Ville, quand le concessionnaire a investi 6,5 millions d’euros pour sa construction. »

Son adjoint aux finances, Nicolas Florian, venait auparavant de répéter que c’est Vinci qui avait pris un risque, que le parking aurait pu ne pas être rempli, et que la ville avait récupéré pendant 15 ans 50% des bénéfices. Il s’était attiré les foudres de Matthieu Rouveyre :

« Vous êtes là pour défendre les intérêts des Bordelais, ce n’est pas Vinci qui vous a élu, a asséné le conseiller municipal PS. Mettez sur la table la question de renégociation de ce contrat. »

Et les élus socialistes de comparer le deux poids deux mesures présumé de la Ville, la redevance augmentant pour les commerçants quand les impôts locaux seront remboursés pendant 30 ans à SBA (Stade Bordeaux Atlantique), le consortium Vinci-Fayat, qui construit et exploitera le Grand Stade.

Le maire de Bordeaux a préféré siffler la fin de la partie, annonçant donc que des discussions étaient engagées avec Vinci sur le parking des Grands Hommes, dont la ville serait même devenue propriétaire. Des négociations en cours depuis plusieurs mois, assurera même par la suite Nicolas Florian. La majorité cherche à tous prix la sortie de cette histoire de parking souterrain.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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