Ils étaient 400 pour la toute première édition en 2003, ils seront 3000 pour cette 11e édition. La veille de la course, 2900 coureurs étaient déjà inscrits sur internet et par courrier. « Il nous reste 100 dossards pour les inscriptions sur place ! », se réjouit Bruno Hoste, coordinateur de l’événement :
« C’est une course conviviale, qui donne envie aux coureurs de tous les niveaux de participer. Seulement 20% sont issus de l’élite sportive, les autres sont des amateurs qui veulent relever un défi raisonnable. Ils savent tous qu’ils peuvent finir la course et c’est une motivation supplémentaire ! »
Si 70% des inscrits sont Girondins, les autres coureurs viennent de 94 départements, voire même de l’étranger (Belgique, Etats-Unis) :
« On retrouve des étrangers de passage à Bordeaux qui se disent : “Pourquoi ne pas participer ?”. Le running est un phénomène qui prend de l’ampleur partout dans le monde », ajoute l’organisateur.
Trois fois plus de pratiquants en France
Trois catégories de courses sont proposées sur les quais pour ce mardi : les 10 km, les foulées Parent’R’aide (5 km) et le relais des 2 ponts 2×5 km (par équipe de 2). C’est pour cette dernière catégorie que Julie, 35 ans, s’est inscrite. Avec son métier de cadre dans une banque, elle a adopté le running pour rejoindre ses copines, d’abord, et pour pratiquer un sport pas trop contraignant par rapport à son organisation professionnelle et familiale :
« Deux amies en faisaient déjà et m’en parlaient souvent. J’ai longtemps hésité, mais avec les beaux jours de cet été et de ce mois d’octobre, je m’y suis mise. J’ai tout de suite été séduite. Du coup, je me suis inscrite pour le relais avec une autre amie, et en plus, le tour des deux ponts – le pont de pierre et le pont Chaban-Delmas –, c’est notre parcours habituel ! »
Si l’on en croit les chiffres des inscriptions aux marathons et semi-marathons en France, la pratique du running a explosé ces sept dernières années, avec un nombre d’amateurs multiplié par trois. Officiellement, selon les chiffres de la fédération d’athlétisme, le nombre de coureurs est passé de 6 à 8,5 millions.
« C’est difficile d’avoir des chiffres précis. Celui qui pratique le running a juste des baskets à acheter. Il n’a pas besoin de s’inscrire dans un club ou une salle ou une fédération », déclare Bruno Hoste.
Bien que seulement 33% des inscrits à la course des quais soient de sexe féminin, le nombre de femmes qui pratiquent le running en France a dépassé celui des hommes. Avec un nouvel esprit qui colle mieux aux modes de vie actuels, le « jogging », rebaptisé « running », est devenu un sport tendance :
« C’est dans l’esprit bien-être, précise Julie. Depuis quelques années, les Français ont commencé à mieux manger et à se tourner vers le bio. Le running, avec les applis proposées pour calculer la consommation de calories selon le temps et la distance parcourue, est devenu une culture du bien bouger. »
Bonnes raisons
et conseils utiles
La course à pied est un sport qui séduit de plus en plus de monde parce qu’il y a plein de bonnes raisons pour enfiler ses baskets.
Une étude de 2012 du Copenhagen City Heart menée sur 19000 personnes faisait ressortir qu’en courant 1h à 2h30 par semaine, les hommes gagneraient 6,2 années de vie, et les femmes, 5,6.
Par ailleurs, c’est l’un des sports qui consomment le plus de calories avec environ 500 Kcal par heure pour une vitesse moyenne de 10 km/h. Enfin, la sécrétion d’endorphines et d’adrénaline qu’il provoque donne une sensation de bien-être général.
Cependant, la pratique du running doit tenir compte de certaines précautions. Le running est une activité d’endurance : pas besoin donc de courir vite, mieux vaut courir lentement mais longtemps.
Courir sur le bitume peut traumatiser les articulations, le dos et les tendons, d’où l’importance de bien choisir ses chaussures et les changer après 800 km environ.
Avant de courir, des échauffements sont nécessaires pour préparer vos muscles à l’effort. Après, les étirements doivent se faire en douceur. Les fibres musculaires ont subi des micro-déchirures ; en s’étirant trop, on ajoute encore des traumatismes à nos muscles, et on risque de vraies déchirures. Mieux vaut s’étirer quelques heures après ou le lendemain matin.
« Un sport de liberté »
Le journaliste Mathieu Le Maux a publié le « Dico du running » qui explique clairement le « running boom » :
« Dans un contexte de crise où les salles de sports coûtent encore cher, le running possède l’avantage de son coût très réduit. Il est compatible avec nos emplois du temps et nos vies d’urbains. Pas besoin d’infrastructures comme pour le tennis ou la natation, pas besoin de partenaires ni d’adversaires comme au foot ou au rugby, pas besoin d’un gros investissement de départ comme pour le vélo… »
Olivier, 47 ans, pratique la course à pied depuis 25 ans avec cette même philosophie :
« Vous partez d’où vous voulez ; de chez vous, de chez des amis, de l’hôtel, de votre lieu de vacances… C’est un sport de liberté. Il correspond parfaitement à ceux qui veulent entretenir la forme sans avoir les contraintes d’équipements. »
Ce néo-Bordelais court les 10 kilomètres des quais avec un groupe de 50 personnes qui ont voulu mettre en avant une cause et donner une visibilité à l’association Caritas France Secours catholique :
« Ce n’est pas la première course où j’affiche un message. C’est une façon de militer et de s’engager. »
Olivier connaît bien le parcours des deux ponts qu’il effectue régulièrement « seul ou avec des amis ». Il lui arrive « de pousser jusqu’au pont Saint-Jean » pour préparer les semi-marathons.
« J’ai en effet constaté qu’il y a de plus en plus de personnes qui courent sur les quais à Bordeaux, notamment des femmes », ajoute-t-il.
Bordeaux sous le charme du running
Le running a trouvé son public à Bordeaux. Les aménagements des quais sur les deux rives et la topographie de la ville, sans réels dénivelés, ont permis le développement de ce sport dès ses premières tendances. Beaucoup de « quadra » cherchent encore une activité sportive pour se maintenir en forme loin des compétitions et des sports qui présentent un quelconque risque. Ils représentent environ 30% des inscrits à la course de ce mardi.
Cet engouement s’est vite manifesté avec l’organisation par une grande marque sportive d’un concours, « We Run », en 2012. L’événement avait eu lieu dans dix grandes villes de France le… 31 décembre ! La capitale girondine était la première à boucler les inscriptions et afficher complet. Elle allait remporter l’organisation durant l’année 2013 de sessions mensuelles de course coachées par un professionnel.
Cet attrait se confirme avec l’arrivée du Marathon nocturne de Bordeaux Métropole. 8000 personnes seraient déjà inscrites pour la course qui aura lieu le 18 avril 2015.
« Avec les réseaux sociaux, il y a une communauté de coureurs qui se met en place. Elle a la particularité de s’organiser vite et de se mobiliser pour des activités ludiques et festives. Dans un cadre de compétition et d’apprentissage, les choses se passent différemment. Au Stade Bordelais Athlétisme, nous avons besoin de moyens et d’entretenir une structure compétitive et professionnelle. Nous organisons cette course pour récolter de l’argent afin d’y arriver », précise Bruno Hoste, au nom des huit bénévoles qui portent cet événement.
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