Enquêtes et informations de proximité
Enquêtes et informations de proximité
Les intermittents et précaires répliqueront à Valls
Politique  Société 

Les intermittents et précaires répliqueront à Valls

par Simon Barthélémy.
Publié le 6 janvier 2015.
Imprimé le 07 octobre 2022 à 21:05
5 103 visites. Aucun commentaire pour l'instant.
Le 14 juin 2014, action de la CIPG lors de l'ouverture de la saison été métropolitain 2014 (WS/Rue89 Bordeaux)

Le 14 juin 2014, action de la CIPG lors de l’ouverture de la saison de l’Été métropolitain 2014 (WS/Rue89 Bordeaux)

[+Sondage] Alors que Manuel Valls doit faire ce mercredi des propositions sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, la Coordination des intermittents et précaires de Gironde (CIPG) prépare sa réplique : elle organise ce samedi 10 janvier au Bootleg une soirée de débats sur la convergence des luttes, suivie de concerts.

Ces rencontres doivent permettre de préparer une série d’actions jusqu’au 22 mars, date anniversaire de la nouvelle convention de l’assurance chômage, dont la CIP dénonce les effets négatifs tant sur le régime des intermittents du spectacle que sur le régime général, et dont elle demande l’abrogation.

« La situation est effrayante, estime Eric Chevance, de la CIPG. D’un côté les équipes artistiques sont frappées par la baisse des subventions, voire la suppression d’évènements culturels ou de festivals, que nous recensons sur le site Art Factories. De l’autre, les très petites structures – compagnies de théâtre, groupes musicaux… –  et leurs salariés ont de plus en plus de difficultés à supporter l’augmentation des cotisations fixée par la nouvelle convention. »

La journée du 10 janvier, intitulée « Convergence » et dont Rue89 Bordeaux est partenaire, rebondira sans doute sur la réforme du régime des intermittents que Manuel Valls présentera mercredi.

Pas de remise à plat du système

Le Premier ministre s’appuiera sur les conclusions d’un rapport de médiateurs, commandé suite au mouvement des artistes et techniciens du spectacle de l’été dernier et destiné à calmer le jeu après la validation de l’accord Unedic signé par le Medef et certains syndicats le 19 juin.

Que faut-il attendre de ces propositions ? Pas une remise à plat totale du système de l’intermittence, à en croire le journal Les Echos, ni a fortiori sa suppression.

Vincent Nadal, comédien membre de la CIPG, se réjouit que pour la première fois, les trois experts – le député Jean-Patrick Gille, l’ancienne directrice du Festival d’Avignon Hortense Archambault et Jean-Denis Combrexelle, ex-directeur général du Travail – ont examiné les propositions alternatives faites par le comité de suivi de la CIP :

« Les partenaires sociaux ont reconnu qu’elle permettait d’assurer l’équilibre du régime à moindre coût, grâce à une baisse du plafonnement du cumul des allocations chômage et des revenus d’activité. »

Ce plafonnement, fixé à 4381 euros bruts dans l’accord du 22 mars, ne concerne en effet que 6% des personnes indemnisées. La CIP demande une répartition plus juste, que les mieux indemnisés touchent moins afin que davantage d’intermittents puissent percevoir quelque chose – aujourd’hui 60% des intermittents ne reçoivent aucune indemnisation.

Une permanence téléphonique contre les galères

En revanche, la CIPG pense que le gouvernement ne touchera pas au nouveau régime général d’assurance chômage. Or elle souligne que tous les chômeurs sont affectés par la nouvelle convention, à travers l’entrée en vigueur des droits rechargeables, qui désavantage selon elle les plus précaires.

Le mouvement des intermittents revendique une extension du concept-clé de leur régime à toutes les professions touchées par la précarité (CDD à répétition, intérim…) : la continuité des revenus pour compenser la discontinuité des pratiques, liées à des projets artistiques.

La CIPG assure recevoir des dizaines de mails de salariés perdus devant la complexité du nouveau régime, et d’intermittents ayant vu fondre leurs revenus lorsqu’ils doivent passer du régime spécifique au régime général. Pour leur répondre, le mouvement met en place une permanence téléphonique pour aider à monter des dossier ou guider vers les associations comptétentes. Le numéro :  07 83 10 46 90.

Côté actions, la CIPG pourrait passer sur un mode plus offensif que jusqu’à présent, rythmé par la photo du lundi, et bénéficiant de l’accueil (unique en France) de la DRAC, ainsi que de la bienveillance des autorités locales (mairie, région, département…).

Y aller

Convergence, le samedi 10 janvier, de 16h à minuit au Bootleg, 4-6 rue Lacomée.

A 16h, trois atelier se tiendront en parallèle (atelier 1 : l’engagement – dépasser les blocages ; atelier 2 : les moyens d’actions – pertinence/limites et cohérence entre les mouvements ; atelier 3 : la communication – garder son autonomie).

A 20h30, concerts avec El Comunero (chants de lutte des républicains espagnols), CatMailys (rock) et Afro Social Club (afrobeat).

A minuit, soirée techno organisée par le Bootleg.

• Entrée 6 euros + 3 euros d’adhésion.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

En BREF

« Bordeaux fête le vin » tous les ans, et la fête du fleuve en stand by ?

par La Rédaction. 447 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

L’opposition Renouveau Bordeaux demande à la Ville de « reprendre la main sur la propreté »

par Victoria Berthet. 619 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Le squat de la rue Gravelotte expulsé en moins de 24 heures par les forces de l’ordre

par Victoria Berthet. 603 visites. Aucun commentaire pour l'instant.
×