Société 

La bricole à bonne école à Bordeaux Métropole

actualisé le 13/09/2016 à 16h02

 Un atelier vélo de la ressourcerie Etu'Recup sur le campus (SB/Rue89 Bordeaux)

Un atelier vélo de la ressourcerie Etu’récup sur le campus (SB/Rue89 Bordeaux)

Écolo, économe, convivial et gratifiant, le Do It Yourself (DIY) – en français « fais le toi-même » – est tendance et, de ce côté, l’agglo bordelaise est bien servie. Carnet d’adresses des ateliers associatifs où on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

De plus en plus de lieux offrent un espace de travail, des outils et des conseils pour réparer ou améliorer soi-même, vélos, motos, voitures, meubles et vêtements. A moindre frais, on adhère et on met les mains dans le cambouis. A ce prix là, on se fait certes des économies mais surtout des amis. Rue89 Bordeaux a listé ces ateliers ouverts dans la métropole.

 Le garage moderne, pionnier du genre à Bordeaux (MO/Rue89 Bordeaux).

Le garage moderne, pionnier du genre à Bordeaux (MO/Rue89 Bordeaux).

Pour rouler des mécaniques

En matière de DIY, le Garage Moderne est incontournable à Bordeaux. Ouvert depuis 2001 dans le quartier Bacalan à Bordeaux, l’association, qui compte plus de 6000 adhérents, a été créée par Labri Boufeldja, Béatrice Aspart et Véronique Goglin, artiste peintre par ailleurs.

La recette du succès : on vous y apprend à réparer vous-même votre voiture avec l’aide d’un mécanicien pour 28 euros de l’heure.

Une formule qui présente plusieurs avantages pour Anissa Zianni, en service civique chez les voisins des Vivres de l’art :

« J’ai pas un budget énorme, j’aime bien tout ce qui est associatif et puis j’aime bien le principe de voir ce qui se passe dans la voiture, pouvoir tester et apprendre. »

L’adhérent doit aller chercher lui-même les pièces de rechange et bénéficie de réductions chez une liste de fournisseurs donnée par l’association. Idem pour les vélos et moto qu’on peut également réparer au garage.

Beaucoup plus confidentiel et moins accessible : le Darwin Custom qui comme son nom l’indique se trouve rive droite, au sein de la pépinière. Pas vraiment une association ni un club, ce groupe plutôt informel est constitué de passionnés de moto et de skate qui échangent conseils et coups de main avec une prédilection pour les motos japonaises et européennes. Edit 13 septembre 2016, aujourd’hui cette activité n’est plus assurée par Darwin Custom et a été reprise par une entreprise.

L'Étincelle à Darwin (Isabelle Camus)

L’Étincelle à Darwin (Isabelle Camus/Jugeote)

Pour en connaître un rayon

Dans la métropole bordelaise, les recycleries de vélo poussent comme des champignons après la pluie. Dans le quartier gare Saint-Jean, même si l’association Récup’R vend des vélos qu’elle a réparé, elle préfère vous aider à réparer vous-même votre vélo en vous épaulant.

Un procédé qui privilégie la récup’, que vous veniez avec votre vieux biclou ou que vous souhaitiez retaper une des bécanes que l’association a dans son atelier.

Idem à l’Etincelle à Darwin – une trentaine d’adhérents au compteur. On vous aidera à créer un beau vélo. Un vélo qui sera d’après Miguel Rodrigues, co-créateur de la recyclerie avec Guillaume Sorel, « fiable, robuste avec une touche esthétique et qui pourra servir aussi bien pour faire ses courses, que pour aller voir ses amis ou faire une balade à la campagne ».

A Blanquefort, l’association Rustines et cambouis propose aussi de vous donner un coup de pouce pour retaper votre deux-roues.

DIY

Joëlle Bonnami conseille Jean-Claude Charton pour réparer son vélo (MO/Rue89 Bordeaux).

Jean-Claude Charton, retraité du BTP est cycliste depuis toujours mais c’est la première fois qu’il s’apprête à réparer un vélo :

« C’est exceptionnel, je viens pour le vélo de mon petit-fils qui va hériter du grand-père paternel. J’avais un gros problème avec la chaine coincée dans le cadre, j’ai vu un reportage sur ce lieu c’est pour ça que je suis venu ici. »

Comme dans tous les lieux qui propose de réparer soi-même, on est épaulé par un animateur qui aime partager ses compétences et ses savoirs. Joëlle Bonnami est retraité et bénévole dans l’association.

Ce qui la motive c’est « le côté convivial, chez moi j’ai tous les outils pour réparer. Ici on rencontre d’autres personnes et c’est utile parfois d’être aidé pour démonter une partie du vélo quand je n’ai pas la force ».

Formule gagnante donc pour les participants et les animateurs qui, au delà de l’aspect écologique de la démarche, créent du lien entre les personnes.

Pour ceux qui ont la fibre

La mode du faire soi-même concerne aussi les vêtements, les accessoires et le linge de maison. A Récup’r , l’inscription à l’association permet aussi de participer à des ateliers couture avec des couturières bénévoles.

Les adhérents peuvent soit venir lors des permanences coutures pour utiliser le matériel de l’association, avec l’aide d’un animateur bénévole si besoin, soit opter pour les ateliers thématiques qui se focalisent sur une technique en particulier, le tricot ou le travail du cuir, par exemple.

Nadège Estienne, gynécologue, n’est pas là par nécessité financière, mais pour « le côté convivial ; on prend le thé et on goûte ensemble. Et parce-que je suis sensible à l’idée de recycler et de ne pas gaspiller ».

Atelier couture à Récup’r

Atelier couture à Récup’r (MO/Rue89 Bordeaux)

Dans la même veine, Sew et laine situé cours de l’Argonne à Bordeaux propose des ateliers de couture et des ateliers de sérigraphie :

« C’est bien utile parce-que faire de la sérigraphie chez soi, c’est pas évident, déclare Sylvie Lalanne adhérente à l’association. Il faut de la place, il y a des projections et on a pas forcément les outils. »

Ouvert depuis le 4 février dernier, la Partagerie,  issue de la jeune association Part-âge, a vocation à être un lieu inter et multi-générationnel d’après Céline Rubis qui en a eu l’idée  et « où n’importe qui peut proposer un atelier pour partager son savoir ».

Situé dans le quartier de la Victoire à Bordeaux, il propose outre un show-room, des ateliers de maternages, un salon de thé participatif où chacun met la main à la pâte, et des ateliers de couture.

D’après la présidente de l’association, le but est « d’apprendre à être autonome en échangeant services et connaissances sans monétiser l’apprentissage, et de créer du lien bienveillant entre les gens, qu’ils soient du quartier ou pas ».

Pour se ressourcer

Recycler le mobilier et divers objets est aussi très tendance depuis quelques années. Il existe plusieurs lieux qui redonnent vie à des objets d’occasion. A la ressourcerie de Cenon situé dans le quartier Palmer, vous trouverez donc des objets qui ont été récupérés et qui sont revendus à petits prix ainsi que des ateliers participatifs le vendredi matin.

Ces ateliers dit ateliers de résurrection, permettent de donner une seconde vie à des objets et des meubles. Pour y participer, il suffit juste de s’inscrire auprès de la ressourcerie 48 h à l’avance. Une animatrice est là pour vous guider dans la restauration de vos objets et meubles.

Le campus n’est pas en reste avec Etu’récup qui, comme son nom l’indique, récupère et transforme les objets. L’été dernier, l’association a épaulé l’équipe du festival du Reggae sun ska en fournissant du mobilier fabriqué à partir de palettes destiné à l’espace bénévoles et l’espace presse. L’association a également un atelier de réparation de vélo.

Sur le campus, la ressourcerie étudiante, une première en France.

Sur le campus, la ressourcerie étudiante, une première en France (photo Etu’récup).

Ils ont d’ailleurs retapé une cinquantaine de vélo qui dormaient dans les caves du Crous. Une association bien utile pour Rachel Masurel, étudiante en arts du spectacle qui plébiscite le lieu :

« J’aime bien comprendre comment ça marche et ici c’est chaleureux. »

Et puis question finance, c’est intéressant pour l’étudiante qui dispose d’un petit budget :

« Dans un garage on me ferait payer, c’est une super opportunité pour les étudiants. »

La première ressourcerie de France sur un campus, encourage les gens à venir fabriquer leurs meubles avec de la récup’. Elle veut aussi développer un atelier de réparation d’appareils électriques et électroniques.

Sur la rive droite de Bordeaux, Claire Dubroca et Elodie Guilbaud ont choisi d’implanter le Recyclorium sur la commune d’Ambarès, derrière la mairie pour équilibrer un peu l’offre de lieu de recyclage sur la métropole. Pour l’instant elles récupèrent les dons de particulier, les rendent présentables en les nettoyant ou en les réparant.

Elles les revendent ensuite à tout petit prix. Leur but est de sensibiliser au réemploi des objets pour éviter le gaspillage et à la préservation de l’environnement. C’est pourquoi elles ont commencé à proposer depuis le début de l’année des ateliers de fabrication de produits ménagers.

Infos pratiques

  • Le Garage moderne : 05 56 50 91 33 ou page facebook
  • Sew & Laine : 09 53 38 91 73 ou site internet
  • Etu’récup : 09 51 28 34 15/07 83 73 54 03 ou site internet
  • Récup’R : 05 35 40 18 73 ou site internet
  • L’Etincelle : page facebook
  • La Partagerie : 09 53 11 78 23/06 81 45 42 92 ou site internet
  • Rustine et cambouis à Blanquefort : 05 56 05 72 48 ou contact@rustine-cambouis.org
  • Recyclorium à Ambarès : 06 29 98 56 72 ou site internet
  • Ressourcerie de Cenon : 05 56 86 67 32 ou ressourcerie.cenon@ orange.fr

A noter pour ceux qui sont du côté de Belin-Beliet, l’association RePeyre( page facebook) propose elle aussi des ateliers bois et vélo.

 

L'AUTEUR
Malika Ouaddah
Malika Ouaddah
Journaliste indépendante, travaille pour plusieurs sites d'info en ligne.
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