Les violences faites aux femmes alarment en Gironde
Société 

Les violences faites aux femmes alarment en Gironde

Manifestation du collectif féministe CLEF, en 2014 (WS/Rue89 Bordeaux)

Manifestation du collectif féministe CLEF, en 2014 (WS/Rue89 Bordeaux)

A l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, de nouveaux outils sont mis en place en Gironde contre un phénomène en augmentation. Des « téléphones grave danger » seront notamment remis à des victimes potentielles.

1633 affaires de violences conjugales ont été traitées en 2014 par le parquet de Bordeaux, soit une progression de 5% par rapport à l’année précédente. Alors que 96 viols sur majeures ont fait l’objet d’une plainte l’an dernier, plus de 100 sont en cours d’instruction pour les 10 premiers mois de 2015.

« Les violences ne cessent d’augmenter, et pas seulement parce que les victimes déposent plus facilement plainte, affirme Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux. Les faits sont de plus en plus graves, comme en atteste la forte hausse du nombre de comparutions immédiates, passé de 23 personnes déférées en 2013 à 92 personnes en 2014. Et ils concernent tous les milieux et tous les âges. »

Pour la magistrate, il s’agit là d’un « phénomène de société lié à la crisé économique et sociale : moins de travail veut dire plus de désœuvrement et de temps passé avec le conjoint ou la conjointe, plus de nervosité et d’intolérance à l’autre ».

Seules 10% des victimes portent plainte

Ainsi, le numéro national d’appel d’urgence, le 3919, a traité 50 000 dossiers en 2014, deux fois plus que l’année précédente. Mais si les dénonciations augmentent, celles-ci n’ont pas toujours de suite judiciaire, souligne Pierre Dartout, préfet de Gironde :

« 223 000 femmes se déclarent victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex, mais seules 10% ont ensuite porté plainte. »

Une situation à laquelle les parquets de Bordeaux et Libourne veulent remédier avec une nouvelle convention locale relative au traitement des mains-courantes.

« Peu de femmes victimes de violence trouvent le courage et l’énergie de porter plainte, nous voulons faire en sorte qu’aucune ne soit laissée sur le côté, observe Martin Viver-Darviot substitut du procureur de Bordeaux et référent violences conjugales. Bien souvent, les victimes franchissent les portes d’un commissariat pour déposer une main-courante, et signaler un fait. Mais elles n’entendent pas forcement que la justice se saisisse du dossier. Cette convention permettra d’exploiter plus finement ces mains-courantes, par des enquêteurs spécialisés qui ont l’habitude de déceler les situations à risque. Ils prendront contact quelques semaines après la main courante pour savoir si de nouvelles violences ont été commises et si la victime veut porter plainte. »

Téléphone grave danger

Mais mieux vaut prévenir que sévir. Afin d’empêcher les violences les plus extrêmes, la Gironde va expérimenter le « téléphone grave danger », déjà testé dans 4 départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Val-d’Oise et Paris). Il s’agit d’un portable disposant d’une touche spécifique pour joindre en urgence un service de téléassistance accessible 24h/24. Celui-ci peut aussitôt demander l’intervention des forces de l’ordre.

5 téléphones à Bordeaux, et 1 à Libourne, seront remis le 1er décembre à des victimes potentielles de violence, des femmes séparées d’un conjoint les ayant déjà violentées. L’assocation Vict’aid est chargée de repérer les premières bénéficiaires d’un système « qui n’a pas vocation à se généraliser ».

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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