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COP21, un accord oui, mais…
Ecologie  Tribune 

COP21, un accord oui, mais…

par Tribune.
Publié le 13 décembre 2015.
Imprimé le 24 janvier 2021 à 23:20
17 139 visites. 4 commentaires.
Patrick Maupin (XR/Rue89 Bordeaux)

Patrick Maupin (XR/Rue89 Bordeaux)

3voix_tribune_Approuvé par 195 pays, l’accord de la COP21 de Paris a été ratifié ce samedi 12 décembre à 19h30. Après 13 jours de négociations, a-t-on vraiment abouti à un accord historique pour sauver la planète ? Patrick Maupin, délégué Greenpeace à Bordeaux, apporte une réponse nuancée…

Au final, la COP 21 se finit avec un accord universel, une lueur d’espoir devant les graves conséquences que le dérèglement climatique engendre d’ores et déjà pour des millions d’habitants de la planète. Pour autant et en examinant de plus près les détails du texte, c’est un accord en demi-teinte…

Oui, tout d’abord, à l’objectif de « contenir l’augmentation de la température nettement en dessous de 2 °C et de poursuivre l’action pour limiter la hausse à 1,5 °C »… mais sans feuille de route précise ! « Les parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais. » Ce qui n’est absolument pas au niveau des exigences formulées par le GIEC de réduire de 40 à 70% nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 .

Oui aux contributions nationales déterminées… mais formulées ainsi, « chaque partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu’elle prévoit de réaliser. Les Parties prennent des mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions ». Ce qui veut dire, dans un langage aussi peu contraignant juridiquement, qu’ il ne faut pas s’attendre à un grand effort des pays pour augmenter le niveau de leurs objectifs.

Oui à une révision périodique des engagements… mais « la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris procède à son premier bilan mondial en 2023 et tous les cinq ans par la suite sauf si elle adopte une décision contraire ». Dès lors que les contributions nationales déterminées nous placent sur une trajectoire d’environ 3 °C un premier bilan en 2023 est bien trop tardif.

Oui à la fixation d’objectifs à long terme… mais présentée de cette façon, « les Etats doivent réduire rapidement les émissions de manière à parvenir à un équilibre entre les émissions d’origine humaine et leur stockage dans la seconde moitié du siècle », sans aucune précision sur la détermination du point d’équilibre ni sur la date de réalisation. Dommage.

De plus, cette formulation verse implicitement dans une tendance vers « zéro émission nette » en matière de gaz à effet de serre. Ce qui laisse la porte ouverte aux meilleures solutions – les énergies renouvelables – comme aux pires : le stockage de carbone, la géo-ingénierie, les mécanismes de compensation divers.

Par ailleurs, nulle sortie des énergies fossiles n’est mentionnée explicitement, pas plus qu’une transition massive vers les énergies renouvelables…

Oui, enfin, en matière de financement sur « un nouvel objectif chiffré collectif à partir d’un niveau plancher de 100 milliards de dollars par an, en tenant compte des besoins et des priorités des pays en développement »… mais aucune précision sur le mécanisme qui permettra de les mobiliser réellement. Et la somme n’est pas à la hauteur. Selon l’ONG Oxfam, les pays en développement vont en effet avoir besoin d’environ 800 milliards par an d’ici à 2050.

Un dernier oui, sans réserves cette fois, mais il revient à l’action de la société civile, aux ONG et citoyens, et aussi aux différents acteurs des collectivités locales et autres, pour surveiller l’action des Etats et des entreprises, pour barrer très vite la route aux fossiles et passer à 100% de renouvelables d’ici 2050, seule solution pour atteindre cet objectif universel de 1,5 °C.

Patrick Maupin, délégué Greenpeace à Bordeaux

Article actualisé le 14/12/2015 à 15h45
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